15 juin 2026

Rendre la mer aux marseillais·e·s : l’alternative de Stop Croisières

Le 6 juin 2026, suite à l’appel du collectif Stop Croisières à se rassembler sur l’esplanade du J4 à Marseille, une dizaine d’associations dont Cap au Nord, Comm’un Possible ou encore Clean My Calanques ont répondu présentes, en cette journée internationale anti-croisière. L’occasion de protester haut et fort contre le projet “Terminal J4” qui souhaite transformer l’esplanade en hall pour les croisières de luxe.

Un après-midi rythmé de prises de paroles d’enseignants-chercheurs d’Aix-Marseille Université et de militants de Stop Croisières, qui alertent sur les pollutions causées par le trafic maritime de la cité Phocéenne. Dans le viseur : les gros bateaux amarrés au Grand port maritime de Marseille, et plus précisément le projet “Terminal J4” qui souhaite transformer l’esplanade en hall pour les croisières de luxe.

Cette esplanade a été baptisée « Esplanade Gisèle Halimi », en hommage à l’avocate qui a consacré sa vie à défendre la justice. C’est pour empêcher une injustice, pour empêcher que cet endroit soit confisqué aux habitantes et habitants au profit d’intérêts privés, que nous sommes là aujourd’hui” scande Marcelle (pseudo), activiste à Stop Croisières.

Des navires de luxes aux portes du Mucem

Amputer une partie de la place publique collée au Mucem pour y construire un hangar en guise de terminal d’attente pour les croisières de prestige : voici le nouveau projet porté depuis 2021 par le Grand port maritime de Marseille. Alors que l’accès à la mer reste difficile entre le Vieux-Port et l’Estaque, ce terminal serait un nouvel obstacle bétonné pour les marseillais et marseillaises. En plus de pointer du doigt la privatisation de l’esplanade au détriment des habitants, Stop Croisières dénonce aussi l’incohérence écologique de ce projet.

Notre inquiétude, c’est qu’il prévoit encore plus d’infrastructures pour ces bateaux, ce qui va mécaniquement augmenter leur nombre. Et tout cela se fait sans réelle consultation des habitants.” Pourtant, les marseillais·e·s sont les victimes directes de ce tourisme. Quand on sait qu’un navire de croisière arrêté à quai pendant une heure émet autant de pollution qu’environ 30 000 véhicules roulant à 30 km/h, la nécessité d’un tel projet interroge – a fortiori dans une ville où un habitant sur trois respire un air dont la qualité dépasse les seuils fixés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Banderole “La croisière s’amuse, le climat trinque” de Stop Croisières, 6 juin 2026 @ Chloé Roulet

Un littoral sain pour tous et toutes

Nous respirons ce que crachent les bateaux qui rentrent dans le port de Marseille” déplore Marie, vice-présidente de l’association Cap au Nord et habitante de l’Estaque. Elle poursuit : “Dans les quartiers Nord de Marseille, nous vivons au milieu des pollutions qui résultent des croisiéristes, des ferries, des paquebots, des porte-conteneurs”. Avec un stand pour sensibiliser à la pollution atmosphérique, la retraitée dénonce un empoisonnement aux particules fines dues au carburant des navires, en particulier les particules sulfuriques PM10, et le manque d’études à son sujet. “Notre objectif, c’est l’amélioration de la qualité de l’air !” revendique la marseillaise des quartiers Nord.

Une mer moins polluée et accessible aux marseillais·e·s : c’est l’alternative proposée par les différentes associations. “Nous défendons un projet permettant de rendre l’accès à la mer aux Marseillais entre l’Estaque et les Catalans”, explique Guillaume, ancien capitaine de navire et organisateur de l’évènement. À la suite de consultations citoyennes, l’idée de créer un littoral piéton et ouvert à la baignade a émergé. “Nous souhaitons imaginer d’autres usages pour cet espace plutôt qu’un nouveau terminal destiné à une clientèle très aisée”. Se revendiquant force de proposition, Stop Croisières souhaite que ce contre-projet soit entendu jusqu’à la Mairie centrale, et pris en considération par le délégué à l’environnement, Hervé Menchon.

Chloé Roulet, le 15 juin 2026

Prise de parole de Marcelle, militante à Stop Croisières © Chloé Roulet

Comment agir, autour de nous, pour un monde où il ferait bon vivre ? Cette rubrique donne des pistes concrètes pour se mobiliser tant individuellement que collectivement.