La Base, Q.G associatif de Marseille, risque de fermer ses portes
Menacée de fermeture, La Base de Marseille subit pressions budgétaires et négligence politique. Pourtant son local autogéré dans le 4 e arrondissement est un espace d’accueil essentiel pour plus de 150 associations et collectifs marseillais.
Niché derrière un immeuble à deux pas de la station de métro des Chartreux, se cache le local de La Base. Depuis 2020, cette ancienne entreprise de BTP accueille associations, collectifs et habitant·e·s de Marseille en quête de justice sociale et climatique. Autogérée, avec le statut associatif Loi 1901, La Base met à disposition son espace de 200m2, comprenant un bar et sa cour, pour l’organisation de projets mais aussi l’entrepôt et la mutualisation de matériel pour tous et toutes. Plus de 150 associations et collectifs s’y réunissent au moins une fois par an. Un espace indispensable au tissu associatif marseillais. Pourtant, dans un communiqué datant du 20 juillet, La Base annonçait être “en danger”.
Ce lieu alternatif risque de fermer définitivement ses portes avant la fin d’année. En cause, la hausse du prix des charges, couplée à une baisse des financements et un manque de bénévoles. Résultats d’un secteur associatif qui peine à s’en sortir. « On ne demande pas de loyer ou de contribution pour réserver une salle à La Base. C’est prix libre. Tu mets ce que tu veux en fonction de ce qui est possible. Beaucoup d’associations ont arrêté cette participation financière, tout simplement parce qu’elles ont moins de subventions.» explique Elsa, bénévole de la structure depuis 2022. Elle note également un deuxième facteur : « le manque de forces vives dans ces associations et collectifs ». Les bénévoles des associations bénéficiaires participent aussi au fonctionnement et la gestion du lieu. « Ils et elles permettaient d’ouvrir le lieu, faire fonctionner le bar et donc de faire rentrer de l’argent pour La Base. »
Une association sur deux a vu ses financements publics reculer
La Base se dresse face à une crise sans précédent qui touche le secteur de l’économie sociale et solidaire : baisse de financements, précarité croissante, augmentation des besoins et dégradation des conditions. Selon le Mouvement Associatif, en 2025, une association sur deux a vu ses financements publics reculer et le projet de loi de finances 2026 prévoit d’amputer 40 % du budget alloué à l’ESS, soit 1 milliard d’euros en moins pour le milieu associatif. Pour lutter contre ces politiques d’austérité, Le Mouvement associatif avait appelé à manifester le 11 octobre dernier sous le slogan Ça ne tient plus. Elsa constate l’asphyxie que subissent les associations, a fortiori quand elles prônent la justice climatique, avec la criminalisation de l’écologie. « Ça se tend et on le sent, typiquement avec le non-renouvellement des subventions de l’Ademe pour les Amis de la Terre.»

La cour de La Base © Chloé Roulet
Une fermeture de La Base serait, toujours selon Elsa, une bataille perdue contre l’extrême-droite. « On a besoin de lieux militants comme La Base pour se retrouver et créer à nouveau du lien social. C’est le meilleur moyen de lutter ». Ici, associations féministes, antiracistes, queer et écologistes cohabitent pour réfléchir ensemble à la justice sociale. Elsa en cite quelques-unes : « Alternatiba, les colleuses de Marseille, L214, Vélocène, Soutien 59 St Just… ici les collectifs se rencontrent, s’identifient et finissent par faire des projets ensemble ». Le Mouvement Associatif a également alerté sur les menaces du Rassemblement National envers l’action associative et citoyenne. « La crainte est de voir une baisse conséquente ou une suppression des budgets de l’État attribués à des structures et secteurs d’activités qui n’ont pas la même vision politique que le RN. […] Ces appréhensions concernent plusieurs secteurs tels que l’écologie, la solidarité internationale, l’accès au droit ou l’éducation populaire ». Peut-on lire dans un plaidoyer publié sur leur site internet. Après avoir tiré la sonnette d’alarme sur ses réseaux sociaux, La Base a ouvert une cagnotte participative pour financer les charges de ces prochains mois. En une semaine, elle a déjà recueilli 9 200 euros. Assez pour assurer l’ouverture du lieu cet été mais encore insuffisant pour se projeter jusqu’à la fin de l’année
Comme son nom l’indique, cette rubrique porte sur ce qui se passe autour de nous. Car Qui Vive est un média local basé en Provence, mais il nous arrive de publier des informations à portée plus large. Ils ne figureront donc pas là !




