Une pétition pour un meilleur traitement médiatique de l’urgence climatique
Au vu de l’élection présidentielle de 2027, Christophe Oudelin, porte-parole d’Alternatiba Marseille, a co-écrit avec Julie The News Doctor, une pétition réclamant un meilleur traitement médiatique des enjeux climatiques dans les débats politiques. Publiée le 31 juillet dernier, elle a déjà recueilli plus de 20 000 signataires et le soutien d’associations environnementales telles que GreenPeace, Quota Climat ou encore les Amis de la Terre.
Avec Julie The News Doctor, vous avez lancé ce 31 juillet la pétition « Présidentielle 2027 : Plus de climat dans les débats », pourquoi la publier en plein été 2026 ?
L’idée de cette pétition est venue en écoutant les médias généralistes, notamment le traitement des questions environnementales. Actuellement, ils couvrent les canicules, les incendies et la sécheresse en France mais sans jamais faire le lien avec le dérèglement climatique. On a l’impression qu’ils ne savent toujours pas quelles sont les causes de ce dérèglement. Par exemple, Franceinfo a invité le 27 mai Jean-Marc Jancovici et Christophe Cassou pour parler du réchauffement climatique. Les questions des journalistes n’étaient pas du tout à la hauteur : « C’est le changement climatique qui est à l’œuvre ? » ; « Qu’est ce qui provoque concrètement cela ? » ; « Qu’est ce qui pollue le plus ? ». On est arrivé à un stade où on ne peut plus se permettre de poser ce type de questions, surtout lors de la présidentielle de 2027. Pour moi, cette présidentielle, c’est la dernière. Notre société est vraiment en train de s’effondrer. Donc, il faut l’accompagner et prendre les précautions pour faire une passation écologique.
Quel est le traitement médiatique que vous espérez au vu de l’urgence climatique ?
Il faut vraiment poser les questions de fond : quels sont leurs plans et leurs moyens pour à la fois réduire les émissions de gaz à effet de serre et adapter notre société au dérèglement climatique. Nous, ce qui nous tient très à cœur, c’est que ce soit des questions transversales. Par exemple, ils vont sûrement parler du budget. Il ne faudrait pas qu’ils omettent la transition écologique dans celui-ci. Aussi, nous pensons qu’il faut poser la même question à tous les partis politiques tels que : combien d’euros pensez-vous qu’il faut investir pour la transition écologique ? Quelle planification allez-vous mettre en place ? Est ce que vous comptez taxer les superprofits ? À côté, les journalistes doivent rappeler les engagements et les chiffres concrets de chaque parti. Qui à voter quoi ces dernières années ? J’ai en tête le Rassemblement National qui a voté contre la revalorisation des conditions de travail des Services Départementaux D’Incendie et de Secours alors qu’ils affirment soutenir pleinement les pompiers.
Votre pétition s’adresse aux grands médias télévisuels et radio publics et privés, comment expliquez-vous un tel traitement médiatique sur ces chaînes et antennes ?
On sait que la plupart des grands médias sont possédés par des milliardaires comme Bolloré ou Saadé. Ils ne cachent pas leur idéologie et certains poussent carrément des candidatures d’extrême-droite. Forcément on s’attend à un traitement médiatique biaisé dans les médias concentrés. Sur les grandes chaînes de télévision comme les chaînes d’info en continu, les questions vont s’attarder : sur clim ou pas clim ? Pour ou contre le nucléaire ? Je ne dis pas que ces interrogations ne comptent pas, mais il ne faut pas qu’elles atrophient le débat. Ça ne nous aide pas à savoir comment demain on va manger, se chauffer, s’isoler, se transporter.
Avec l’exemple des pétitions contre la loi Duplomb et la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, on peut questionner le poids de cet outil démocratique. Pensez-vous que votre pétition aura un réel impact dans le débat politique et médiatique ?
On a conscience des limites des pétitions. C’est pour ça qu’on a décidé d’utiliser la plateforme de pétition Green Voice, rattachée a GreenPeace, pour faire des appels à la mobilisation après. Les pétitions sur le site officiel de l’Assemblée Nationale nous auraient empêché d’envoyer des messages aux signataires. Pour l’instant on a 22 000 signataires et plus de 15 000 acceptent de recevoir nos informations. On a conçu cette pétition comme un outil pour véhiculer des informations. A l’approche du premier débat, qui aura lieu le 27 août sur LCI, on va envoyer un questionnaire aux signataires pour qu’ils puissent être attentifs aux questions qui vont être posées. Ensuite, ils pourront nous faire des retours sur le traitement médiatique adopté par LCI. On proposera aussi aux signataires de nous faire part des types et orientations des questions qu’ils aimeraient entendre pendant les prochains débats de la campagne présidentielle. Derrière nous, on se chargera de transmettre toutes les informations recueillies aux médias. J’aimerais bien qu’avant le premier tour, on lance une grande étude avec toutes les personnes qui ont signé notre pétition. Une sorte de jugement majoritaire sur comment ont été abordées les problématiques environnementales et climatiques dans les débats. Pour ça, il faudrait qu’on atteigne les 50 000 signatures avant la fin de l’année.
Propos recueillis par Chloé Roulet
Comme son nom l’indique, cette rubrique porte sur ce qui se passe autour de nous. Car Qui Vive est un média local basé en Provence, mais il nous arrive de publier des informations à portée plus large. Ils ne figureront donc pas là !





