Rendre la mer aux marseillais·es : l’alternative de Stop Croisières
Un après-midi rythmé de prises de paroles d’enseignants-chercheurs d’Aix-Marseille Université et de militants de Stop Croisières, qui alertent sur les pollutions causées par le trafic maritime de la cité Phocéenne. Dans le viseur : les gros bateaux amarrés au Grand port maritime de Marseille, et plus précisément le projet “Terminal J4” qui souhaite transformer l’esplanade en hall pour les croisières de luxe.
“Cette esplanade a été baptisée « Esplanade Gisèle Halimi », en hommage à l’avocate qui a consacré sa vie à défendre la justice. C’est pour empêcher une injustice, pour empêcher que cet endroit soit confisqué aux habitantes et habitants au profit d’intérêts privés, que nous sommes là aujourd’hui” scande Marcelle (pseudo), activiste à Stop Croisières.
Des navires de luxe aux portes du Mucem
Amputer une partie de la place publique collée au Mucem pour y construire un hangar en guise de terminal d’attente pour les croisières de prestige : voici le nouveau projet porté depuis 2021 par le Grand port maritime de Marseille. Alors que l’accès à la mer reste difficile entre le Vieux-Port et l’Estaque, ce terminal serait un nouvel obstacle bétonné pour les marseillais et marseillaises. En plus de pointer du doigt la privatisation de l’esplanade au détriment des habitants, Stop Croisières dénonce aussi l’incohérence écologique de ce projet.
“Notre inquiétude, c’est qu’il prévoit encore plus d’infrastructures pour ces bateaux, ce qui va mécaniquement augmenter leur nombre. Et tout cela se fait sans réelle consultation des habitants.” Pourtant, les marseillais·e·s sont les victimes directes de ce tourisme. Quand on sait qu’un navire de croisière arrêté à quai pendant une heure émet autant de pollution qu’environ 30 000 véhicules roulant à 30 km/h, la nécessité d’un tel projet interroge – a fortiori dans une ville où un habitant sur trois respire un air dont la qualité dépasse les seuils fixés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Un littoral sain pour tous et toutes
“Nous respirons ce que crachent les bateaux qui rentrent dans le port de Marseille” déplore Marie, vice-présidente de l’association Cap au Nord et habitante de l’Estaque. Elle poursuit : “Dans les quartiers Nord de Marseille, nous vivons au milieu des pollutions qui résultent des croisiéristes, des ferries, des paquebots, des porte-conteneurs”. Avec un stand pour sensibiliser à la pollution atmosphérique, la retraitée dénonce un empoisonnement aux particules fines dues au carburant des navires, en particulier les particules sulfuriques PM10, et le manque d’études à son sujet. “Notre objectif, c’est l’amélioration de la qualité de l’air !” revendique la marseillaise des quartiers Nord.
Une mer moins polluée et accessible aux marseillais·e·s : c’est l’alternative proposée par les différentes associations. “Nous défendons un projet permettant de rendre l’accès à la mer aux Marseillais entre l’Estaque et les Catalans”, explique Guillaume, ancien capitaine de navire et organisateur de l’évènement. À la suite de consultations citoyennes, l’idée de créer un littoral piéton et ouvert à la baignade a émergé. “Nous souhaitons imaginer d’autres usages pour cet espace plutôt qu’un nouveau terminal destiné à une clientèle très aisée”. Se revendiquant force de proposition, Stop Croisières souhaite que ce contre-projet soit entendu jusqu’à la Mairie centrale, et pris en considération par le délégué à l’environnement, Hervé Menchon.
Chloé Roulet, le 15 juin 2026

Banderole “La croisière s’amuse, le climat trinque” de Stop Croisières, 6 juin 2026 @ Chloé Roulet
Comme son nom l’indique, cette rubrique porte sur ce qui se passe autour de nous. Car Qui Vive est un média local basé en Provence, mais il nous arrive de publier des informations à portée plus large. Ils ne figureront donc pas là !




