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	<title>Qui Vive</title>
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	<description>Le média qui pique la curiosité</description>
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		<title>PFAS : comment les polluants éternels impactent-ils la Région Paca ?</title>
		<link>https://quivive.fr/pfas-comment-les-polluants-eternels-impactent-ils-la-region-paca</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Lise Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 15:08:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosystèmes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[pfas]]></category>
		<category><![CDATA[région Paca]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce qu’un PFAS ? Commençons d’abord par savoir de quoi parle-t-on exactement. L’acronyme PFAS vient de l’anglais Per and Polyfluoroalkyl Substances, ce qui signifie en français : Substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées. Les scientifiques les classent comme « polluants organiques persistants », et dans la presse, ils sont souvent qualifiés de « polluants éternels ». C’est-à-dire des éléments qui resteront [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/pfas-comment-les-polluants-eternels-impactent-ils-la-region-paca">PFAS : comment les polluants éternels impactent-ils la Région Paca ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><strong><span lang="fr-FR">Qu’est-ce qu’un PFAS ?</span></strong></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">Commençons d’abord par savoir de quoi parle-t-on exactement. L’acronyme PFAS vient de l’anglais Per and Polyfluoroalkyl Substances, ce qui signifie en français : </span><a href="https://www.paca.ars.sante.fr/les-composes-et-polyfluoroalkyles-pfas">Substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées</a><span lang="fr-FR">. Les scientifiques les classent comme « <em>polluants organiques persistants</em> », et dans la presse, ils sont souvent qualifiés de « <em>polluants éternels</em> ». C’est-à-dire des éléments qui resteront dans la structure chimique de notre planète jusqu’à ce que cette dernière disparaisse complètement du système solaire, soit bien après la disparition de l’espèce humaine. La Terre ne peut pas les éliminer, et les </span><a href="https://www.cnrs.fr/fr/actualite/breve-de-science-detruire-les-pfas">chercheurs peinent à trouver des solutions techniques</a><span lang="fr-FR">. En janvier 2025, le </span><a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/01/14/pfas-le-cout-vertigineux-de-la-depollution-de-l-europe_6496686_4355770.html?srsltid=AfmBOoqk4Ffer1eSmVAicM73dp_Qak_Sbq-8x7yAX3WNC5R8GqQP-f_D">quotidien Le Monde publiait un long format très éclairant à ce sujet</a><span lang="fr-FR"> : le coût de la dépollution de l&rsquo;Europe sera vertigineux.</span></p>
<p align="justify"><strong><span lang="fr-FR">Où trouve-t-on des PFAS ?</span></strong></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">Les PFAS sont partout : dans les revêtements anti-adhésifs, anti-tâches, déperlants, nos emballages alimentaires, nos produits ménagers, les isolants des fils et des câbles électriques, ou encore les mousses anti-incendie. Les premières réglementations visant à remplacer ces molécules dans les objets du quotidien datent des années 1970, et se sont avérées très insuffisantes, ne serait-ce que pour réduire la présence des PFAS dans l’environnement. Ils s&rsquo;infiltrent dans la chaîne alimentaire, contaminent la faune, et menacent les écosystèmes. Dans le corps humain, ils s&rsquo;accumulent aussi : on en trouve dans le sang, les cheveux et même le lait maternel. </span></p>
<p align="justify"><strong><span lang="fr-FR">Quelles sont leurs conséquences sur la santé ?</span></strong></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">La littérature scientifique portant sur les PFAS et leurs effets sur la santé est abondante et s’enrichit de jour en jour. Il s’agit de risques chroniques liés à une exposition répétée sur du long terme à ces substances. Chez l’humain, <a href="https://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/les-pfas-ce-qu-il-faut-savoir-a16384.html">quatre effets recensés font consensus au sein de la communauté scientifique</a>. Il s’agit </span><span lang="fr-FR">de la diminution de la réponse immunitaire à la vaccination ; </span><span lang="fr-FR">de l’augmentation de risque du cancer du rein ; </span><span lang="fr-FR">de la baisse du poids de naissance des nouveaux nés ; </span><span lang="fr-FR">de l’apparition de la dyslipidémie (maladie lipidique due à un taux de cholestérol ou à des triglycérides trop élevés).</span></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">L’<a href="https://www.efsa.europa.eu/fr/news/pfas-food-efsa-assesses-risks-and-sets-tolerable-intake">Autorité européenne de sécurité des aliments, EFSA en anglais</a>, considère que 4 PFAS doivent faire l’objet d’une attention et d’une vigilance particulière car ils sont particulièrement néfastes pour la santé. Il s’agit du PFOA, du PFNA, du PFOS et du PFHxS. L</span><span lang="fr-FR">e Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a <a href="https://www.iarc.who.int/fr/news-events/iarc-monographs-evaluate-the-carcinogenicity-of-perfluorooctanoic-acid-pfoa-and-perfluorooctanesulfonic-acid-pfos/">classé le PFOA dans le groupe 1 des substances cancérigènes pour les humains et le PFOS dans le groupe 2B des substances pouvant être potentiellement cancérigènes pour les humains</a>. D’autres types d’effets sur la santé sont suspectés comme les maladies thyroïdiennes ou les troubles de la reproduction et de la fertilité. En France, l’<a href="https://www.anses.fr/fr/content/pfas-mieux-connaitre-les-expositions-et-les-dangers">ANSES a engagé des travaux pour dresser un état des lieux des contaminations dans l&rsquo;eau, les aliments, l&rsquo;air, les sols</a>, etc..</span></p>
<p align="justify"><strong><span lang="fr-FR">Et en Paca ?</span></strong></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">En ce qui concerne la Région Provence Alpes Côte d’Azur, ce sont les zones industrielles autour de Marseille qui sont les plus fortement impactées par ce scandale sanitaire d’ampleur nationale. Néanmoins, nous sommes loin des taux de PFAS retrouvés dans les communes situées dans la vallée de la chimie au sud de Lyon, pour ne citer que ce cas de figure. L’Agence Régionale de Santé a anticipé l’échéance réglementaire de 2026 relative à la recherche obligatoire de ces composés en lançant une campagne d’analyses prospectives dès 2024 dans des captages utilisés pour l’eau destinée à la consommation humaine. Au 1</span><span lang="fr-FR">er</span><span lang="fr-FR"> mai 2026, plus de 3400 analyses de recherches de PFAS ont été réalisées dans la région, ce qui a permis de couvrir toutes les zones desservies par les réseaux de distribution d’eau. Les </span><a href="https://www.paca.ars.sante.fr/situation-depassement-limite-de-qualite-eau#:~:text=Les%20analyses%20r%C3%A9alis%C3%A9es%20par%20l'ARS%20au%20cours%20de%20sa,le%2007/03/2024">résultats de ces analyses sont consultables sur le site internet de l’agence</a><span lang="fr-FR">. </span></p>
<p align="justify"><strong><span lang="fr-FR">Que fait l&rsquo;État ?</span></strong></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">Le <a href="https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/substances-chimiques/les-pfas/article/polluants-eternels-pfas-s-informer-et-reduire-son-exposition">ministère de la Santé publie une liste de recommandations</a> : varier son alimentation, cuisiner « maison », privilégier quand on le peut les fruits et légumes bios, les vêtements en fibres naturelles, éviter les poêles antiadhésives, les emballages plastiques, aérer quotidiennement son logement, utiliser du savon noir ou du vinaigre ménager pour nettoyer, limiter les cosmétiques, etc..</span></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">Depuis le 31 juillet 2025, le ministère de la transition écologique a mis en place une plateforme contenant une </span><a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/pfas-surveillance-letat-eaux-france">carte de surveillance des PFAS dans les eaux souterraines ou de surface de tout le territoire français, à laquelle chaque citoyen peut accéder</a><span lang="fr-FR">, et constater qu’aucune région de France n’est épargnée par ce problème. Le 20 mai 2026, un recours émanant des associations Bloom, Générations futures et Notre affaire à tous, ainsi que de six riverains domiciliés dans des zones particulièrement contaminées a été </span><a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/21/pfas-l-etat-attaque-en-justice-pour-son-inaction-dans-la-lutte-contre-les-polluants-eternels_6691817_3244.html?srsltid=AfmBOor_4eXoNtlra3Behue-0N6fsDivP48RbnDZ3ZOxWTmKJbmNrAUl">déposé devant le Tribunal administratif de Paris contre l’</a><span lang="fr-FR"><a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/21/pfas-l-etat-attaque-en-justice-pour-son-inaction-dans-la-lutte-contre-les-polluants-eternels_6691817_3244.html?srsltid=AfmBOor_4eXoNtlra3Behue-0N6fsDivP48RbnDZ3ZOxWTmKJbmNrAUl">É</a><a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/21/pfas-l-etat-attaque-en-justice-pour-son-inaction-dans-la-lutte-contre-les-polluants-eternels_6691817_3244.html?srsltid=AfmBOor_4eXoNtlra3Behue-0N6fsDivP48RbnDZ3ZOxWTmKJbmNrAUl">tat français</a>, afin que ce dernier fasse cesser les rejets de PFAS dans l’environnement. Il s’agit également de faire reconnaître l’existence d’un préjudice écologique du fait de l’inaction de l’État dans ce domaine.</span></p>
<div id="attachment_3864" style="width: 1040px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3864" class="size-large wp-image-3864" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026-1030x468.jpg" alt="" width="1030" height="468" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026-1030x468.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026-300x136.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026-768x349.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026-1536x698.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026-1500x681.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026-705x320.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-ecran-carte-IGN-Pfas-du-8-juillet-2026.jpg 1909w" sizes="(max-width: 1030px) 100vw, 1030px" /><p id="caption-attachment-3864" class="wp-caption-text"><em>Capture d&rsquo;écran de la carte IGN « Infos PFAS » du 8 juillet 2026</em></p></div>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">Le 29 janvier 2026, </span><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-07-avril-2026-5043990">192 habitants de la vallée de la chimie ont assigné les groupes Arkema et Daikin Chemical devant le tribunal judiciaire de Lyon</a><span lang="fr-FR">. Ces deux grands groupes sont suspectés d’être à l’origine de la plus importante pollution aux PFAS identifiée à ce jour en France. </span><a href="https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/240526/fos-l-eau-potable-contaminee-aux-pfas-les-gens-ne-percutent-pas-le-danger">Marsactu s’est aussi emparé de la question et a enquêté à Fos sur Mer, dans un article repris par Mediapart</a><span lang="fr-FR">. En 2025, le </span><a href="https://maritima.fr/actualites/environnement/fos-sur-mer/14106/fos-sur-mer-mobilisee-contre-une-pollution-aux-pfas-dans-sa-nappe-phreatique">Grand Port Maritime de Marseille</a><span lang="fr-FR"> a déposé plainte contre X auprès du parquet de Marseille pour une pollution aux PFAS dans la zone maritime de Fos sur Mer, près de la nappe phréatique de la Crau, qui alimente en eau des centaines de milliers d&rsquo;habitants. Une enquête a été ouverte le 29 avril 2026 et est toujours en cours. La municipalité de Fos </span><a href="https://maritima.fr/actualites/environnement/fos-sur-mer/14158/eau-contaminee-la-ville-de-fos-sur-mer-porte-plainte-contre-x">vient elle aussi de déposer plainte</a><span lang="fr-FR">, tout en communiquant de manière rassurante pour éviter la panique.</span></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">Même si la région Provence-Alpes-Côte d’Azur apparaît comme la quatrième région la plus impactée par ce problème, la qualité de l&rsquo;eau est surveillée, et les pouvoirs publics n&rsquo;en ont pas interdit la consommation. Chacun reste libre d&rsquo;utiliser celle du robinet pour sa consommation alimentaire quotidienne. Il faut surtout, pour les citoyens, s&rsquo;informer et s&rsquo;assurer que la vigilance des institutions ne faiblisse pas.</span></p>
<p align="justify"><span lang="fr-FR">Anne-Lise Robert, le 8 juillet 2026</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La cryptomonnaie « libre », qu’est-ce que c’est ?</title>
		<link>https://quivive.fr/la-cryptomonnaie-libre-quest-ce-que-cest</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Furtuna]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 10:24:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Ğ1]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie alternative]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une monnaie dématérialisée qui se veut sociale La Ğ1, c’est une manière de « remettre l’humain au centre de l’économie » , voilà le slogan en tête des flyers éparpillés au milieu d’articles de seconde-main. En ce dimanche ensoleillé, la Fête des Possibles est organisée par la recyclerie La Source, au village de Montauroux dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une monnaie dématérialisée qui se veut sociale</strong></p>
<p>La Ğ1, c’est une manière de « <em>remettre l’humain au centre de l’économie</em> » , voilà le slogan en tête des flyers éparpillés au milieu d’articles de seconde-main. En ce dimanche ensoleillé, la Fête des Possibles est organisée par la recyclerie La Source, au village de Montauroux dans le Var. Près du collège Léonard De Vinci, au milieu des chênes, une brocante du dimanche, tout ce qu’il y a de plus habituel en cette saison. Sauf qu’au fond de la parcelle, quelques stands proposent d’échanger sans espèces sonnantes et trébuchantes.</p>
<p>L’occasion de rencontrer Flash Mc Love, qui préfère se présenter sous son pseudonyme de juniste. Pour lui la valeur, c’est d’abord l’échange : « <em>la monnaie libre m’a donné accès à l’art, et la possibilité d’échanger avec des artistes</em> » et « <em>différentes personnes partout en France</em> ». Le principe se rapproche des <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%25C3%25A8me_d%2527%25C3%25A9change_local&amp;ved=2ahUKEwiUiN-ytrGVAxV4i_0HHTN-KYUQFnoECA0QAQ&amp;usg=AOvVaw2Pn2l14DOltDzbenvvPZKa">SEL</a>, les systèmes d’échanges locaux comme La Roue Marseille ou encore le <a href="https://selducitron.communityforge.net/">Citron</a> à Menton, avec quelques particularités comme le dividende universel : une redistribution de l’inflation de la masse monétaire à tous les membres. Comme si la BCE (Banque de la Communauté Européenne) versait directement aux citoyens les bénéfices de l’inflation de l’euro.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Alors comment échanger en Ğ1 si l’on a rien à vendre ?</strong></p>
<p>Dans ce petit G-marché, et en accord avec l’association de la recyclerie du pays de Fayence La Source, la plupart des stands proposent des objets de seconde main. Mais pas que ; on peut y retrouver un service de coiffure ou de massage. Pas de professionnels ici, les particuliers échangent selon leurs besoins et leurs talents, m’indique McFlash, membre depuis 2021.</p>
<p>« <em>Quand on arrive sur le marché, on vous donne une somme de départ, qui vous permettra alors d’échanger</em> », explique Odile Robinet, sur le stand d’à côté. Elle continue la discussion avec un couple, dans la vingtaine, dubitatif au premier abord. Il se laisseront finalement tenter par la création de deux comptes sur leur smartphone respectifs.</p>
<p>Le <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.ademe.fr/wp-content/uploads/2026/06/barometre-greenflex-ademe-consommation-responsable-2026_resultats-cles.pdf&amp;ved=2ahUKEwjY8p7nn7GVAxVB5AIHHfHOBlYQFnoECBwQAQ&amp;usg=AOvVaw0lPbjnkQOlwFw2z5augF3-">baromètre de l’ADEME de la consommation responsable de juin 2026</a>, l’agence de la transition écologique, révèle que 75 % des Français s’accordent sur le fait que la crise écologique nous oblige à revoir nos modes de vie et de consommation.</p>
<div id="attachment_3850" style="width: 811px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3850" class=" wp-image-3850" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes-1030x624.jpeg" alt="" width="801" height="485" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes-1030x624.jpeg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes-300x182.jpeg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes-768x465.jpeg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes-1536x930.jpeg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes-1500x909.jpeg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes-705x427.jpeg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo_2_nouveaux_Junistes.jpeg 1920w" sizes="(max-width: 801px) 100vw, 801px" /><p id="caption-attachment-3850" class="wp-caption-text">Des junistes initient les nouveaux membres à l&rsquo;utilisation de la cryptomonnaie &#8211; © Victor Furtuna</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Une alternative relativement peu énergivore, mais confidentielle</strong></p>
<p>Techniquement, la Ğ1 est créé par le système « Duniterblockchain », un système <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/06/13/les-cryptomonnaies-encore-tres-energivores-a-la-recherche-d-un-avenir-plus-vert_6083959_4408996.html">moins énergivore que les crypto-actifs comme le Bitcoin</a>. Pour « <em>forger</em> » de la monnaie, il suffit d’utiliser un petit ordinateur, à l’opposé du « <em>minage</em> » du Bitcoin qui demande des ressources énergétiques importantes. « <em>Il n’y a pas de difficulté de calcul pour la Ğ1</em> » m’explique mon interlocuteur, car ce système s’appuie sur la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C4%9E1">théorie relative de création monétaire de Stéphane Laborde</a>, une règle simple.</p>
<p>Des monnaies locales classiques se convertissent en June, l’utilisation d’espèces reste possible pour les plus réticents au numérique. Les espèces sont échangées lors d’événements physiques : un responsable de la monnaie locale se charge de les troquer en Ğ1.</p>
<p>La Ğ1 est « <em>une monnaie résiliente en cas de crise, et permet de redynamiser les échanges sur un territoire</em> » m’indique Maxime Malafosse, maître de conférences rattaché à l’École des Mines de Saint-Étienne, sur le campus de Gardanne. Il s’est intéressé à la Ğ1 en 2022 avec une <a href="https://stm-cairn-info.proxy.unice.fr/revue-systemes-d-information-et-management-2022-2-page-7?lang=en">étude de cas</a>. Ses recherches portent sur les communs, la blockchain et le logiciel libre.</p>
<p>Il explique que c’est une cryptomonnaie encore « <em>alternative, assez confidentielle</em> » et que « <em>la question de sa durabilité se pose, si elle n’est pas inscrite institutionnellement</em> ». Il y a 6394 membres actuellement, d’après Gecko, application d’échange de la devise. Les autorités publiques ne soutiennent pas encore ce genre de projet, la création monétaire est encore un « <em>sujet sensible</em> », ajoute M. Malafosse : il est délicat pour l’État de renoncer à son monopole d’émission de monnaie. Et par ailleurs, la Banque centrale Européenne prépare un projet d’euro numérique. Il précise qu’au contraire des monnaies locales, la Ğ1 ne propose pas de conversion en euro. C’est un outil à part entière pour échanger, une philosophie sans spéculation, à l’inverse des crypto-actifs et du Bitcoin.</p>
<p>Cela rejoint les propos de François Mesme, membre historique de la June dans les Alpes-Maritimes ; interrogé en novembre dernier, il déplorait « <em>le nombre de participants reste encore embryonnaire</em> ». Le collectif de junistes communique sur la messagerie Telegram par un groupe privé, et n’a pas de statut d’associations. Pour l’organisation des marchés, cela se fait souvent chez un particulier, ou avec une association comme ici à Montauroux.</p>
<p>Maxime Malafosse nous donnait le mot de la fin : « <em>(la monnaie), c’est au cœur du projet de la transition sociale et écologique, c’est ce qui relie tout</em> ». Une bonne raison de s’y intéresser, sous l’angle économique comme écologique, les deux étant articulés.</p>
<p>Victor Furtuna, le 1er juillet 2026</p>
<div id="attachment_3851" style="width: 838px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3851" class=" wp-image-3851" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes-1030x773.jpeg" alt="" width="828" height="622" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes-1030x773.jpeg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes-300x225.jpeg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes-768x576.jpeg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes-1536x1152.jpeg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes-1500x1125.jpeg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes-705x529.jpeg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/07/Photo3_SEL_Especes.jpeg 1920w" sizes="(max-width: 828px) 100vw, 828px" /><p id="caption-attachment-3851" class="wp-caption-text">Des billets de SEL convertibles en June &#8211; © Victor Furtuna</p></div>
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		<title>Les jardins du Couvent Levat, poumon vert de la Belle de Mai</title>
		<link>https://quivive.fr/les-jardins-du-couvent-levat-poumon-vert-de-la-belle-de-mai</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chloé Roulet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 09:07:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[espaces verts]]></category>
		<category><![CDATA[Jardin Levat]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Brouettes d’abricots, caisses de plantes vertes, bouquets d’herbes aromatiques, le tout sous une étiquette “Servez-vous” : lors de la Belle fête de mai &#8211; fête du 3e arrondissement de Marseille, célébrée le dernier week-end du mois &#8211; le Jardin Levat partage à tous et à toutes les récoltes de son terrain. Sourire aux lèvres, petits [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><span style="font-size: medium;">Brouettes d’abricots, caisses de plantes vertes, bouquets d’herbes aromatiques, le tout sous une étiquette “</span><span style="font-size: medium;"><i>Servez-vous</i></span><span style="font-size: medium;">” : lors de la </span><span style="font-size: medium;"><i>Belle fête de mai</i></span><span style="font-size: medium;"> &#8211; fête du 3e arrondissement de Marseille, célébrée le dernier week-end du mois &#8211; le Jardin Levat partage à tous et à toutes les récoltes de son terrain. Sourire aux lèvres, petits et grands enfants du quartier repartent les mains vertes de la place Caffo, à deux pas du jardin. Nombre d’entre eux connaissent ce lieu comme “le couvent” mais peu savent qu’il abrite un terrain de 1,7 hectares composé de deux vergers, une dizaine de parcelles, une serre, un pré et une bibliothèque extérieure. Un espace vert totalement accessible et mis à disposition du public pour démocratiser les politiques environnementales. Une sorte de contre-pied à l’écologie classiste et déconnectée des luttes sociales. </span></p>
<div id="attachment_3832" style="width: 647px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3832" class=" wp-image-3832" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011-1030x687.jpg" alt="" width="637" height="425" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011-1030x687.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011-300x200.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011-768x512.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011-1536x1024.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011-1500x1000.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011-705x470.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9011.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 637px) 100vw, 637px" /><p id="caption-attachment-3832" class="wp-caption-text">Statue du jardin-ressource de la Belle de Mai © Chloé Roulet</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p align="left">“<span style="font-size: medium;"><i>Le but du projet, c&rsquo;est de se le réapproprier et d&rsquo;en faire un support d&rsquo;écologie populaire</i></span><span style="font-size: medium;">” explique Julie, architecte du collectif L’Hydre qui gère la gestion et l’entretien du jardin Levat. Via des assemblées trimestrielles et des chantiers participatifs, les habitants sont au cœur de la gestion écologique du lieu, qu’elle qualifie de “jardin-ressource” : “</span><span style="font-size: medium;"><i>Ici, on mutualise toutes les ressources du jardin, les outils, les récoltes, la serre collective</i></span><span style="font-size: medium;">”. Elle poursuit : </span><span style="font-size: medium;"><i>“C’est aussi un support d&rsquo;activité pour plein d&rsquo;associations et structures du quartier, comme les écoles qui viennent faire classe dehors</i></span><span style="font-size: medium;">.” Chaque vendredi, quand le temps le permet, les élèves de l’école élémentaire Bernard Cadenat s’installent sur les bancs de la bibliothèque pour y étudier.</span></p>
<div id="attachment_3833" style="width: 679px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3833" class=" wp-image-3833" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000-1030x663.jpg" alt="" width="669" height="431" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000-1030x663.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000-300x193.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000-768x494.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000-1536x988.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000-1500x965.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000-705x453.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9000.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 669px) 100vw, 669px" /><p id="caption-attachment-3833" class="wp-caption-text">Stand des Jardins de la Belle de Mai lors de la Belle fête de Mai 2026 © Chloé Roulet</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p align="left">“<span style="font-size: medium;"><b>Tous les déchets verts sont considérés comme de la ressource</b></span><span style="font-size: medium;"><b>”</b></span></p>
<p align="left"><span style="font-size: medium;">Le projet de réappropriation est né d’un déménagement des religieuses, après plus d’un siècle d’occupation du couvent Levat, en 2016. Un an plus tard, l’association artistique Juxtapoz s’y est installée sur accord de la Mairie. Suite à cette reprise, le couvent est devenu un tiers-lieu d’ateliers d’artistes, avec une programmation culturelle hebdomadaire ouverte au public. Le jardin rattaché au couvent était donc pensé et entretenu pour l’organisation d’évènements. Ce n’est qu’en 2022 que le collectif L’Hydre, spécialisé dans l’aménagement des lieux publics et des espaces ressources, est chargé de la gestion du jardin. Pour Julie, l’enjeu majeur était l’adaptation des usages : “</span><span style="font-size: medium;"><i>C&rsquo;est un endroit qui a été pendant 150 ans fréquenté par une soixantaine de bonnes sœurs qui cultivaient la terre et qui, d&rsquo;un coup, se retrouve ouvert au public.</i></span><span style="font-size: medium;">” </span></p>
<p align="left"><span style="color: #303030;"><span style="font-size: medium;"><b>Un des seuls espaces verts du quartier</b></span></span></p>
<p align="left"><span style="font-size: medium;">Les usages des visiteurs·euses sont variés : lire à l’ombre au pied d’un arbre, pique-niquer en famille, faire du sport sur tapis ou bien la sieste au soleil. “</span><span style="font-size: medium;"><i>J&rsquo;y vais au moins deux fois par semaine pour bouquiner et me poser dans la prairie</i></span><span style="font-size: medium;">”, confie Calie, étudiante et habitante du quartier. Avec un tel silence, on oublierait presque la ville autour. “</span><span style="font-size: medium;"><i>Quand j’ai besoin d’un peu plus de nature et de verdure, je viens ici.</i></span><span style="font-size: medium;">” L’étudiante met en lumière une triste réalité : à la Belle de Mai et à Marseille en général, les espaces verts se font rares. D’après l’INSEE, </span><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8558420"><span style="color: #1155cc;"><span style="font-size: medium;"><u>les marseillais·es disposent de 5 m² par habitant de parcs et jardins publics</u></span></span></a><span style="font-size: medium;"> &#8211; soit moins de la moitié des autres centres urbains dont la moyenne est de 12m² par habitant. </span></p>
<div id="attachment_3834" style="width: 646px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3834" class=" wp-image-3834" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027-1030x687.jpg" alt="" width="636" height="424" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027-1030x687.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027-300x200.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027-768x512.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027-1536x1024.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027-1500x1000.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027-705x470.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9027.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px" /><p id="caption-attachment-3834" class="wp-caption-text">Le pré du jardin de la Belle de Mai © Chloé Roulet</p></div>
<p align="left">“<span style="font-size: medium;"><i>On est ici évidemment dans un quartier qui manque d&rsquo;écologie populaire</i></span><span style="font-size: medium;">”, explique Manuel Bompard, député LFI de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. À la Belle de Mai et plus largement dans les quartiers populaires, il dénonce une écologie déconnectée des réalités locales : “</span><span style="font-size: medium;"><i>L&rsquo;écologie, elle apparaît toujours comme une mesure qui vient de l&rsquo;extérieur et qui est imposée ; mais le projet Levat démontre l&rsquo;inverse</i></span><span style="font-size: medium;">”. Le député insoumis poursuit : “<em>i</em></span><span style="font-size: medium;"><i>l y a une volonté d&rsquo;avoir un mode de vie qui permette d&rsquo;avoir accès à la nature tout en respectant l&rsquo;environnement, de construire ensemble et non au détriment des habitants</i></span><span style="font-size: medium;">”. Pour aller au bout de ce projet écologique, <a href="https://www.change.org/p/pour-que-le-couvent-levat-soit-un-bien-commun-par-et-pour-les-habitant-es-et-usager-es?recruited_by_id=336227d0-787a-11f1-913c-6b69808f2b56&amp;utm_source=share_petition&amp;utm_campaign=psf_promote_or_share&amp;utm_term=starter_onboarding_share_personal&amp;utm_medium=whatsapp&amp;share_id=DRfTfhQ47j" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.change.org/p/pour-que-le-couvent-levat-soit-un-bien-commun-par-et-pour-les-habitant-es-et-usager-es?recruited_by_id%3D336227d0-787a-11f1-913c-6b69808f2b56%26utm_source%3Dshare_petition%26utm_campaign%3Dpsf_promote_or_share%26utm_term%3Dstarter_onboarding_share_personal%26utm_medium%3Dwhatsapp%26share_id%3DDRfTfhQ47j&amp;source=gmail&amp;ust=1783432967757000&amp;usg=AOvVaw0U9MUn-sn_0PttURxIM2Dq">l&rsquo;association. L.EV.A.T &#8211; comptant le collectif L’Hydre, 18 structures adhérentes et 107 habitant·e.s du quartier &#8211;</a> souhaite récupérer l’entretien total du couvent, jardin et bâtiment compris. L’association voisine, Juxtapoz, a annoncé en début d’année ne pas renouveler leur convention avec la mairie. Julie explique que les négociations sont en cours : “</span><span style="font-size: medium;"><i>On demande à la ville de récupérer la gestion entière du lieu, pour faire un projet cohérent et de ne plus avoir cette séparation bâti-jardin. Ça permettrait une gestion globale par les habitants du quartier, pour les habitants du quartier.</i></span><span style="font-size: medium;">”</span></p>
<p align="left"><span style="font-size: medium;">Chloé Roulet, le 22 juin 2026</span></p>
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		<title>Rendre la mer aux marseillais·es : l&#8217;alternative de Stop Croisières</title>
		<link>https://quivive.fr/rendre-la-mer-aux-marseillaises-lalternative-de-stop-croisieres</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chloé Roulet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 07:09:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisations]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[pollution]]></category>
		<category><![CDATA[Stop Croisières]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un après-midi rythmé de prises de paroles d’enseignants-chercheurs d’Aix-Marseille Université et de militants de Stop Croisières, qui alertent sur les pollutions causées par le trafic maritime de la cité Phocéenne. Dans le viseur : les gros bateaux amarrés au Grand port maritime de Marseille, et plus précisément le projet “Terminal J4” qui souhaite transformer l&#8217;esplanade [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;">Un après-midi rythmé de prises de paroles d’enseignants-chercheurs d’Aix-Marseille Université et de militants de Stop Croisières, qui alertent sur les pollutions causées par le trafic maritime de la cité Phocéenne. Dans le viseur : les gros bateaux amarrés au Grand port maritime de Marseille, et plus précisément le projet “Terminal J4” qui souhaite transformer l&rsquo;esplanade en hall pour les croisières de luxe. </span></p>
<p>“<span style="font-size: medium;"><i>Cette esplanade a été baptisée </i>« Esplanade Gisèle Halimi »<i>, en hommage à l&rsquo;avocate qui a consacré sa vie à défendre la justice. C&rsquo;est pour empêcher une injustice, pour empêcher que cet endroit soit confisqué aux habitantes et habitants au profit d&rsquo;intérêts privés, que nous sommes là aujourd&rsquo;hui</i></span><span style="font-size: medium;">” scande Marcelle (pseudo), activiste à Stop Croisières. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><b>Des navires de luxe aux portes du Mucem</b></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Amputer une partie de la place publique collée au Mucem pour y construire un hangar en guise de terminal d’attente pour les croisières de prestige : voici le nouveau projet porté depuis 2021 par le Grand port maritime de Marseille. Alors que l’accès à la mer reste difficile entre le Vieux-Port et l’Estaque, ce terminal serait un nouvel obstacle bétonné pour les marseillais et marseillaises. En plus de pointer du doigt la privatisation de l’esplanade au détriment des habitants, Stop Croisières dénonce aussi l’incohérence écologique de ce projet. </span></p>
<p>“<span style="font-size: medium;"><i>Notre inquiétude, c’est qu&rsquo;il prévoit encore plus d’infrastructures pour ces bateaux, ce qui va mécaniquement augmenter leur nombre. Et tout cela se fait sans réelle consultation des habitants.</i></span><span style="font-size: medium;">” Pourtant, les marseillais·e·s sont les victimes directes de ce tourisme. Quand on sait qu’u</span><span style="color: #000080;"><u><a href="https://inspirons.atmosud.org/mers-et-oceans-la-pollution-maritime-de-l-air-en-question-unoc-3-port-de-marseille-fos-surveillance-qualite-de-l-air/"><span style="font-size: medium;">n navire de croisière arrêté à quai pendant une heure émet autant de pollution qu&rsquo;environ 30 000 véhicules roulant à 30 km/h</span></a></u></span><span style="font-size: medium;">, la nécessité d’un tel projet interroge &#8211; </span><span style="font-size: medium;"><i>a fortiori</i></span><span style="font-size: medium;"> dans une ville où un habitant sur trois respire un air dont la qualité dépasse les seuils fixés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).</span></p>
<div id="attachment_3822" style="width: 665px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3822" class=" wp-image-3822" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057-1030x666.jpg" alt="" width="655" height="423" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057-1030x666.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057-300x194.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057-768x497.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057-1536x994.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057-1500x970.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057-705x456.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9057.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 655px) 100vw, 655px" /><p id="caption-attachment-3822" class="wp-caption-text">Banderole “La croisière s’amuse, le climat trinque” de Stop Croisières, 6 juin 2026 @ Chloé Roulet</p></div>
<p><span style="font-size: medium;"><b>Un littoral sain pour tous et toutes </b></span></p>
<p>“<span style="font-size: medium;"><i>Nous respirons ce que crachent les bateaux qui rentrent dans le port de Marseille</i></span><span style="font-size: medium;">” déplore Marie, vice-présidente de l’association Cap au Nord et habitante de l’Estaque. Elle poursuit : “</span><span style="font-size: medium;"><i>Dans les quartiers Nord de Marseille, nous vivons au milieu des pollutions qui résultent des croisiéristes, des ferries, des paquebots, des porte-conteneurs</i></span><span style="font-size: medium;">”. Avec un stand pour sensibiliser à la pollution atmosphérique, la retraitée dénonce un empoisonnement aux particules fines dues au carburant des navires, en particulier les particules sulfuriques PM10, et le manque d’études à son sujet. “</span><span style="font-size: medium;"><i>Notre objectif, c’est l’amélioration de la qualité de l’air !</i></span><span style="font-size: medium;">” revendique la marseillaise des quartiers Nord. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Une mer moins polluée et accessible aux marseillais·e·s : c’est l’alternative proposée par les différentes associations. “</span><span style="font-size: medium;"><i>Nous défendons un projet permettant de rendre l&rsquo;accès à la mer aux Marseillais entre l&rsquo;Estaque et les Catalans</i></span><span style="font-size: medium;">”, explique Guillaume, ancien capitaine de navire et organisateur de l’évènement. À la suite de consultations citoyennes, l’idée de créer un littoral piéton et ouvert à la baignade a émergé. “</span><span style="font-size: medium;"><i>Nous souhaitons imaginer d&rsquo;autres usages pour cet espace plutôt qu&rsquo;un nouveau terminal destiné à une clientèle très aisée</i></span><span style="font-size: medium;">”. Se revendiquant force de proposition, Stop Croisières souhaite que ce contre-projet soit entendu jusqu’à la Mairie centrale, et pris en considération par le délégué à l’environnement, Hervé Menchon.</span></p>
<p>Chloé Roulet, le 15 juin 2026</p>
<div id="attachment_3813" style="width: 763px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3813" class=" wp-image-3813" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1-1030x713.jpg" alt="" width="753" height="521" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1-1030x713.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1-300x208.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1-768x532.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1-1536x1064.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1-1500x1039.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1-705x488.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_9051-1.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 753px) 100vw, 753px" /><p id="caption-attachment-3813" class="wp-caption-text">Prise de parole de Marcelle, militante à Stop Croisières © Chloé Roulet</p></div>
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		<item>
		<title>Financement des universités par l’industrie fossile : action, vigilance et déontologie</title>
		<link>https://quivive.fr/financement-des-universites-par-lindustrie-fossile-action-vigilance-et-deontologie</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Furtuna]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 13:06:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Connaissances]]></category>
		<category><![CDATA[Orientation]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Atecopol]]></category>
		<category><![CDATA[financement]]></category>
		<category><![CDATA[industries fossiles]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La canicule précoce, en ce 27 mai, ne semble pas ébranler les convictions des participants à la table-ronde portant sur Le financement de l’enseignement supérieur et de la recherche par l’industrie fossile. La troisième conférence de l’année 2026 pour l’Atecopol, communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant ou réfléchissant aux multiples aspects liés aux bouleversements écologiques. Dans [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/financement-des-universites-par-lindustrie-fossile-action-vigilance-et-deontologie">Financement des universités par l’industrie fossile : action, vigilance et déontologie</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La canicule précoce, en ce 27 mai, ne semble pas ébranler les convictions des participants à la table-ronde portant sur <em>Le financement de l’enseignement supérieur et de la recherche par l’industrie fossile</em>. La troisième conférence de l’année 2026 pour l’<a href="https://atecopol.hypotheses.org/">Atecopol</a>, communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant ou réfléchissant aux multiples aspects liés aux bouleversements écologiques. Dans l’amphithéâtre du bâtiment Turbulence de l’université Aix-Marseille, près de la gare Saint-Charles, une voix avec un léger accent néerlandais s’exprime : «  <em>Nous avons coupé les ponts avec les industries fossiles à l’université libre d’Amsterdam, et nous sommes la première université à l’avoir fait</em> ».</p>
<div id="attachment_3791" style="width: 338px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3791" class=" wp-image-3791" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321-773x1030.jpg" alt="" width="328" height="437" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321-773x1030.jpg 773w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321-225x300.jpg 225w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321-768x1024.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321-1152x1536.jpg 1152w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321-1125x1500.jpg 1125w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321-529x705.jpg 529w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4321.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 328px) 100vw, 328px" /><p id="caption-attachment-3791" class="wp-caption-text">Bâtiment Turbulence AMU © Victor Furtuna</p></div>
<p>Mathieu Blondeel est chercheur en analyse des politiques environnementales. Il présente le processus d’opposition au financement des entreprises d’énergie fossiles. Aux Pays-Bas, la contestation est venue d’abord des étudiants et enseignants-chercheurs, par le biais d’organisation comme <a href="https://scientifiquesenrebellion.fr/">Scientifiques en rébellion</a>, le collectif qui s’engage contre l’inaction climatique depuis 2020. Puis peu à peu, la discussion s’est imposée auprès des instances de l’université, en invitant les mécènes « fossiles » à débattre. Depuis, l’université libre d’Amsterdam a cessé ces partenariats encombrants ; malheureusement pour le public curieux, le scientifique n’a pas le temps de développer son exposé sur les financements alternatifs.</p>
<p>Ce financement de l’université est un sujet d’actualité en France. Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054113646">décret d’augmentation des frais d’études pour les étudiants extra-communautaires</a> (comprenez les étudiants non ressortissants européens) est paru au journal officiel le 20 mai dernier. Les étudiants hors UE devront débourser entre 2 895 à 3 941 € (Licence ou Master), soit 15 à 16 fois plus qu’actuellement (environ 178 € et 254 €). Cette hausse rapportera entre 250 à 258 millions d’euros, 1 % du budget total de l’enseignement supérieur. Au détriment de la diversité des profils d’étudiants venus du monde entier. Le coût augmentant, ce seront les étudiants étrangers les mieux dotés qui auront accès aux études supérieures françaises. Les plus précaires devront cumuler job étudiants et crédit privé, amputant leur implication dans les études ; ils entreront dans la vie active avec une dette personnelle.</p>
<div id="attachment_3790" style="width: 397px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3790" class="wp-image-3790 " src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322-773x1030.jpg" alt="" width="387" height="515" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322-773x1030.jpg 773w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322-225x300.jpg 225w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322-768x1024.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322-1152x1536.jpg 1152w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322-1125x1500.jpg 1125w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322-529x705.jpg 529w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/IMG_4322.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 387px) 100vw, 387px" /><p id="caption-attachment-3790" class="wp-caption-text">Affiche contre l&rsquo;augmentation des frais d&rsquo;inscription pour les étudiants étrangers / AMU © Victor Furtuna</p></div>
<p><strong>Financement stagnant et étudiants</strong></p>
<p>L’enseignement supérieur est en sous-financement chronique depuis 20 ans. Au regard de la dépense par étudiant (10 920 € en 2024 – Chiffre INSEE moyen), le <a href="https://www.researchgate.net/publication/370517248_Le_Financement_de_l'Enseignement_Superieur_en_France">budget de l’université est en baisse de 7,9 % par rapport à son niveau de 2007</a>. Cela entraîne une démarche de réduction des coûts et la recherche de financements complémentaires, rappelle Corine Eyraud, sociologue qui travaille sur les transformations de l’université française. «  <em>Le budget rapporté par étudiant par an est de 12 000 euros pour les étudiants à l’université, contre 18 000 € pour les grandes écoles.</em> » Pour elle, l’augmentation des frais des étudiants étrangers est un prélude à une augmentation généralisée. Comme en Angleterre, où les frais d’inscription n’ont cessé d’augmenter, passant de 0 € à 9 000 € en quarante ans, avec des prêts garantis par l’État. L’endettement des étudiants a augmenté, avec de <a href="https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/03/27/la-pire-decision-financiere-que-j-ai-prise-au-royaume-uni-des-millions-de-diplomes-lourdement-endettes_6674480_4401467.html">lourdes conséquences</a>. « <em>L’université doit chercher des ressources propres selon le vocabulaire ministériel, droit d’inscription, mécénat.</em> »</p>
<p><strong>Financements privés et déontologie</strong></p>
<p>Et c’est là que des problèmes déontologiques peuvent se poser. Comment se prémunir des conflits d’intérêts, de l’influence de groupes privés donateurs lors des appels à projets ? Pour Étienne Bustarret, chercheur au CNRS, et membre du COMETS, le comité éthique du CNRS, la réponse est nuancée : « <em>La recherche a toujours été financée en partie par le privé</em> », et « <em>cela ne représente que 0,1 % du budget alloué à la recherche</em> ». C’est pourquoi le CNRS a rédigé des avis concernant des préconisations et les liens d’intérêts dans la recherche publique. Dans cet esprit, la fondation INSERM s’est dotée d’une <a href="https://fondation-inserm.org/nos-publications/charte-ethique-de-la-fondation-inserm/">charte éthique</a> des donations et mécénats.</p>
<p>Pour les philanthropes, les contreparties sont multiples, défiscalisation du don à 66 %, publicité « vertueuse », jusqu&rsquo;au <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Greenwashing&amp;ved=2ahUKEwjHiIWdlPeUAxXfhf0HHUVlAMQQFnoECEgQAQ&amp;usg=AOvVaw1GsfmDQ6aOMu1IwQfX62bk">greenwashing</a> ou <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/debout-la-terre/debout-la-terre-du-lundi-29-septembre-2025-6873789">sciencewashing</a>, mais aussi l’accès à un réseau scientifique, et au vivier d’étudiants pour leurs recrutements.</p>
<p>Les montants de financement sont souvent opaques, peu accessibles, répond le chercheur à une question sur la transparence des donations. En effet, il n’y a pas d’obligation réglementaire sur ce sujet. Les fondations universitaires peuvent invoquer le secret des affaires. Étienne Bustarret clôture la discussion, en citant les solutions qui rendent une autre recherche possible : les sciences ouvertes et participatives, déjà mises en place notamment par l’INRAE (l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture et l’Alimentation et l’Environnement). Le <a href="https://science-ouverte.inrae.fr/fr/actualites/des-brebis-dans-les-vignes-quand-la-recherche-participative-redessine-les-paysages-agricoles-de-laude">projet SagiTerres</a>, par exemple, une recherche participative pour la réintroduction du pastoralisme dans les paysages agricoles, en associant brebis et vignes dans l’Aude.</p>
<p>La conférence se terminant, des débats animés continuent à l’extérieur de l’enceinte. L’inquiétude gagne parmi les scientifiques, et ce depuis les manifestations <a href="https://quivive.fr/a-ecouter/marseille-stand-up-for-science">Stand up for science</a> post-élection Trump, que ce soit du côté de l’influence de groupes privés, ou bien de l’arrivée au pouvoir d’un exécutif autoritaire. Un <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2476_proposition-loi">projet de loi</a>, à propos de l’inscription dans la constitution de la liberté académique sera peut-être mis à l’ordre du jour du parlement dans les prochaines semaines. À l’heure d’une canicule, nous rappelant la catastrophe climatique en cours, le financement de l’université par des entreprises peu enclines à la transition écologique est questionné.</p>
<p>Victor Furtuna, le 8 juin 2026</p>
<hr />
<p><strong>Sources  et pour aller plus loin :</strong></p>
<p><a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://hal.science/hal-05219763/document&amp;ved=2ahUKEwjl366Fi_eUAxVjg_0HHcE-KUwQFnoECBsQAQ&amp;usg=AOvVaw3FSJLJAW_cI57H9P7L8Wac">Cartographie et compréhension des liens entre les industries d&rsquo;énergies fossiles (IF) et l&rsquo;enseignement supérieur et la recherche (EsR) français</a></p>
<p>Bustarret, Etienne : <a href="https://shs.cairn.info/revue-raison-presente-2026-1-page-65?lang=fr">« Soutien privé à la recherche publique : l’éthique comme garde-fou ». Raison présente, janvier 2026</a></p>
<p>Eyraud, Corine : <a href="https://shs.cairn.info/revue-savoir-agir-2019-1-page-119?lang=fr&amp;ref=doi">« L’université française : mort sur ordonnance ?: » Savoir/Agir N° 47 / 2019 : 119‑31</a><br />
<a href="https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-socio-economie-2021-2-page-5?lang=fr">« L’Université française : après la LRU, les fusions, les PIA…, voici venu le temps des EPE ». Sciences de l’éducation. Revue Française de Socio-Économie 27 (2021): 5‑9</a></p>
<p><a href="https://atecopolam.hypotheses.org/">Atecopol Aix-Marseille</a></p>
<p><a href="https://www.ofis-france.fr/les-missions/">Office français de l&rsquo;intégrité scientifique</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>« Qui est-ce qui subit ? C&#8217;est la planète entière »</title>
		<link>https://quivive.fr/qui-est-ce-qui-subit-cest-la-planete-entiere</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 07:48:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisations]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[décharge]]></category>
		<category><![CDATA[méthane]]></category>
		<category><![CDATA[Sorbiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La SAPN-FNE05 (Société Alpine de Protection de la Nature-France Nature Environnement Hautes-Alpes) a saisi la cour administrative d&#8217;appel de Marseille, pour obtenir la réparation du préjudice écologique passé et la fin de cette pollution. Raoul Philippe, Membre de la SAPN, fondateur de l&#8217;association Climat 05, nous explique les enjeux de cette démarche. La Cour administrative [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La SAPN-FNE05 (Société Alpine de Protection de la Nature-France Nature Environnement Hautes-Alpes) a <a href="https://www.sapn05.org/actualites/agir-contre-l-emission-des-gaz-a-effet-de-serre-est-ce-que-cela-nous-concerne-le-cas">saisi la cour administrative d&rsquo;appel de Marseille</a>, pour obtenir la réparation du préjudice écologique passé et la fin de cette pollution.<br />
Raoul Philippe, Membre de la SAPN, fondateur de l&rsquo;association Climat 05, nous explique les enjeux de cette démarche.</p>
<hr />
<p><strong>La Cour administrative d&rsquo;appel de Marseille va bientôt se pencher sur cette affaire, probablement entre juin et cet automne. Pourriez-vous nous dresser un historique de cette histoire de méthane ?</strong></p>
<p>La SAPN-FNE05 siège dans des commissions préfectorales de suivi de différentes installations classées du département des Hautes-Alpes, dont les décharges qu&rsquo;on appelle maintenant ISDND. Durant l&rsquo;une d&rsquo;elles, accidentellement, nous avons découvert un dysfonctionnement majeur sur celle de Sorbiers.</p>
<p>Dans toutes les décharges, les déchets biodégradables, quand ils sont ensevelis, produisent du méthane. Une réglementation (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000032275960">arrêté ministériel du 15 février 2016</a>) impose aux exploitants de le capter et le détruire, et ce n&rsquo;est pas pour rien. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un puissant gaz à effet de serre, qui contribue selon les estimations entre un quart et un tiers au dérèglement climatique en cours. À Sorbiers, rien n&rsquo;était mis en place.</p>
<p>À titre de comparaison, quand une voiture a un pot d&rsquo;échappement, moi, je ne sais pas évaluer la qualité des gaz qui sortent. Mais là, c&rsquo;est un cas où, en gros, il n&rsquo;y avait pas de pot d&rsquo;échappement ! Le site accueillait des déchets biodégradables depuis 2011, et ce n&rsquo;est que suite à nos signalements qu&rsquo;une torchère, le bas de gamme de ce genre d&rsquo;installations, a été mise en fonctionnement, en février 2023.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quel est l&rsquo;enjeu de la démarche juridique ?</strong></p>
<p>Le procès a deux facettes. La première porte sur la situation actuelle. Selon nous, la torchère ne brûle presque rien. Les 9/10e du méthane produit par le site continuent de partir dans l&rsquo;air, parce que l&rsquo;exploitant a très mal mis en place la couverture qui rend étanche le tas de déchets, et qui permet, via un réseau de captage fonctionnant un peu comme un aspirateur, d&rsquo;amener le biogaz jusqu&rsquo;à elle.</p>
<p>Ce que l&rsquo;on connaît c&rsquo;est la quantité de méthane que la torchère détruit. Des compteurs établissent le nombre de mètres cubes et la proportion de méthane dans le biogaz qu&rsquo;elle traite. Nous, on pense que cela atteint à peine 10 % du méthane produit. Eux prétendent que cela en représente 90 %.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment estimez-vous cela ?</strong></p>
<p>À partir de modèles mathématiques. Le GIEC a une belle équation pour évaluer que dans les décharges qui contiennent des ordures ménagères, chaque tonne d&rsquo;ordures, selon la quantité, l&rsquo;ancienneté, et la nature des déchets ensevelis, produit tant de méthane.<br />
L&rsquo;ADEME, sur demande de l&rsquo;État français, a publié une équation simplifiée. Bien-sûr ce sont toujours des approximations. Mais ces modèles permettent de préciser à peu près les émissions.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La SAPN-FNE05 a accès aux relevés de compteurs ?</strong></p>
<p>Là, on vient encore de saisir la CADA, la Commission d&rsquo;accès aux documents administratifs. Il y a 10 jours, notre représentant dans la commission de suivi du site a reçu un avis favorable pour des compléments de documents. Mais les données liées à l&rsquo;environnement sont censées être à 99 % communicables à quiconque. N&rsquo;importe quel citoyen peut en faire la demande.Vous pouvez habiter Strasbourg et demander ce qu&rsquo;il se passe à Brest.</p>
<p>Nous avons donc les relevés de l&rsquo;entreprise qui fait ce suivi tous les deux mois, et communique à l&rsquo;exploitant ce qui a été traité par la torchère. Là-dessus, il n&rsquo;y a aucun litige. En gros, elle traite 10 tonnes de méthane par an. Selon nous, les déchets produisent actuellement 100 à 120 tonnes de méthane tous les ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Est-ce une grande quantité ?</strong></p>
<p>100 tonnes de méthane c’est à la fois peu et beaucoup. Dans les ISDND de grande taille, comme au Vallon du Fou à Martigues, énormément de méthane est produit, et même en essayant de bien faire, il s’en échappe plusieurs centaines de tonnes par an. Ici, l’anomalie, c’est que ces 100 tonnes, c’est 10 fois plus que ce qui serait compatible avec la réglementation. Et puis si rien n’est fait, les déchets ensevelis à Sorbiers produiront du méthane pendant encore 20 années, certes, en quantité décroissante au fil du temps.</p>
<p>100 tonnes de méthane qui s’échappent chaque année du fait du non-respect de la réglementation, c’est une contribution au réchauffement climatique équivalente à celle de voitures thermiques qui parcourent 24 millions de km.</p>
<div id="attachment_3771" style="width: 832px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3771" class=" wp-image-3771" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027-1030x578.jpg" alt="" width="822" height="461" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027-1030x578.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027-300x168.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027-768x431.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027-1536x862.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027-1500x842.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027-705x396.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-094027.jpg 1630w" sizes="auto, (max-width: 822px) 100vw, 822px" /><p id="caption-attachment-3771" class="wp-caption-text">Le site de Sorbiers est en cours de végétalisation après exploitation, mais les déchets biodégradables<br />produiront du méthane pendant encore plus de 20 ans © SAPN-FNE05</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vous évoquiez deux facettes à ce procès, quelle est la seconde ?</strong></p>
<p>La face juridiquement la plus intéressante. Si on pollue une rivière, les pêcheurs peuvent faire un recours en disant, vous avez tué les poissons, nous ne pouvons plus pêcher, etc.. Ordinairement, dans un procès, monsieur ou madame X se plaint de ce qu&rsquo;il ou elle a subi. En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, il n&rsquo;y a jamais de corrélation entre les émissions à tel endroit, et un effet, cyclone ou autre, à tel autre endroit. Aucune victime directe ne peut agir en justice. Ici, qui est-ce qui subit ? C&rsquo;est la planète entière, c&rsquo;est l&rsquo;environnement.</p>
<p>Aussi le législateur a mis en place un régime juridique particulier pour que les pollueurs puissent être condamnés à réparer la pollution dont ils auront été responsables, alors même qu’il n’y a pas de victime qui peut se prévaloir d’un préjudice personnel. Il s&rsquo;agit de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA000033019029/#LEGISCTA000033019041">« réparation du préjudice écologique », dans le Code civil</a>.</p>
<p>Si l&rsquo;on constate qu&rsquo;un exploitant a émis 1 000 tonnes de méthane en raison du non respect de la réglementation, il doit réparer en nature ces émissions fautives, c&rsquo;est-à-dire les compenser par des captages ou évitements d&rsquo;un même tonnage de gaz à effet de serre. Par exemple, planter 50 hectares d&rsquo;arbres qui capturent du CO2. La SAPN-FNE 05 agit en justice pour obtenir cette réparation.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pourquoi, au titre de ce préjudice à l&rsquo;environnement, ne condamne-t-on pas les majors de l&rsquo;énergie fossile qui dérèglent le climat ?</strong></p>
<p>Parce qu&rsquo;ils ne font pas forcément quelque chose d&rsquo;illégal, et qu’il existe des systèmes de quotas, avec la possibilité d’acheter une « compensation carbone » quand ils sont dépassés.</p>
<p>À Sorbiers, nous sommes face à une entreprise qui n&rsquo;a pas respecté une obligation réglementaire. Je suis bien d&rsquo;accord que Total Énergie contribue mille fois plus au réchauffement climatique, mais la loi ne le lui demande pas !</p>
<p>Vous et moi, on émet des gaz à effet de serre. En gros, 800 grammes tous les jours en respirant, individuellement. Donc, tout le monde est émetteur. Après, tout le monde ne sera pas condamné.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Parce que sinon seraient condamnés aussi les éleveurs de vaches&#8230;</strong></p>
<p>Voilà. On ne va pas poursuivre un agriculteur du fait que ses vaches émettent du méthane. Mais si une norme était posée, stipulant par exemple que tout éleveur de plus de X vaches doit avoir dans ses étables un dispositif, une sorte d&rsquo;aspirateur, des <a href="https://shs.cairn.info/revue-management-et-avenir-2008-6-page-259?lang=fr">gaz produits par leur digestion</a>, celui qui ne mettrait rien en place pourrait être condamné.</p>
<p>C&rsquo;est ce qui fait que ce procès “Sorbiers” est exceptionnel, parce qu&rsquo;il y a très peu de réglementations du type de celles qui s&rsquo;imposent aux exploitants des décharges.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vous avez bon espoir que ce soit entendu par la justice ?</strong></p>
<p>Sincèrement, il y a vraiment une chance sur deux, en raison d&rsquo;une difficulté juridique.</p>
<p>Le Code civil prévoit que le régime très particulier de la réparation du préjudice écologique ne s&rsquo;applique que quand la faute porte une « atteinte non négligeable à l&rsquo;environnement ». Or ce que défend notre pollueur, c&rsquo;est : à supposer que la juridiction constate qu&rsquo;on a émis tant de tonnes de méthane, équivalant à 30 000 tonnes de CO2, nous, on signale que sur la planète, 53 milliards de tonnes sont émises par an. Donc notre contribution au réchauffement climatique est « négligeable ».</p>
<p>Inversement, la SAPN-FNE 05 met en avant que parmi les atteintes à l’environnement, les conséquences du réchauffement climatique sont des plus catastrophiques. Participer même de manière minime à ce phénomène n&rsquo;est pas “négligeable”.</p>
<p>De plus, le raisonnement purement arithmétique de notre exploitant conduirait à une impunité absolue pour tous les pollueurs climatiques : personne n’arrive à être responsable d’émissions de GES qui soient significatives au regard des 53 milliards émis sur la planète.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Si jamais l&rsquo;issue du procès était en faveur de la SAPN, est-ce que cela pourrait servir de jurisprudence pour d&rsquo;autres cas ?</strong></p>
<p>Ce serait quelque chose d&rsquo;un peu énorme. Effectivement, on n&rsquo;a pas d&rsquo;exemple de ce type.</p>
<p>Pour Me Lepage, avocate qui a été ministre de l&rsquo;Environnement, obtenir une condamnation sur le fondement des articles du Code civil serait ardu. Lors d&rsquo;un colloque à l&rsquo;Université de Marseille, il y a deux ans, elle était intervenue sur cette question spécifique, préjudice écologique et gaz à effet de serre, en disant que c&rsquo;est un domaine où il sera très difficile de rendre concrets les principes généraux.</p>
<p>On voit que l&rsquo;enjeu dépasse de très loin notre affaire locale.</p>
<div id="attachment_3772" style="width: 617px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3772" class=" wp-image-3772" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Vue-satellite-du-site-de-Sorbiers-credit-Geoportail-1030x754.jpg" alt="" width="607" height="445" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Vue-satellite-du-site-de-Sorbiers-credit-Geoportail-1030x754.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Vue-satellite-du-site-de-Sorbiers-credit-Geoportail-300x220.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Vue-satellite-du-site-de-Sorbiers-credit-Geoportail-768x563.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Vue-satellite-du-site-de-Sorbiers-credit-Geoportail-705x516.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/06/Vue-satellite-du-site-de-Sorbiers-credit-Geoportail.jpg 1196w" sizes="auto, (max-width: 607px) 100vw, 607px" /><p id="caption-attachment-3772" class="wp-caption-text">Vue satellite du site de Sorbiers &#8211; crédit <a href="https://www.geoportail.gouv.fr/carte">Géoportail</a></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Mais vous avez décidé de vous lancer, malgré la difficulté et l’incertitude.</strong></p>
<p>Certes. Il y a quelque chose de scandaleux, dont on a connaissance, et sur quoi une victoire serait exemplaire&#8230; C&rsquo;est compliqué, mais on le tente quand même.</p>
<p>Vous pourriez me poser la question, « mais le méthane, est-ce que c&rsquo;est si grave que ça au regard du reste ? »</p>
<p>Actuellement, en activité, il y a moins de 200 décharges sur le territoire français. À elles seules, elles font plus de 3 % du total de tous les gaz à effet de serre en France, selon le <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.citepa.org/donnees-air-climat/donnees-gaz-a-effet-de-serre/&amp;ved=2ahUKEwiyj8KModSUAxV1UqQEHZ5NAiwQFnoECBoQAw&amp;usg=AOvVaw0tmOYcakrlBLQ_yO4DEait">CITEPA</a>, l&rsquo;équivalent de l&rsquo;ADEME, mais pour les GES.</p>
<p>La SAPN s&rsquo;attaque à un cas extravagant, cependant la question de la gestion des déchets, de la contribution des déchets au réchauffement climatique, et en particulier des émissions de méthane dans les décharges, est d&rsquo;ampleur.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas seulement pour l&rsquo;exemplarité. C&rsquo;est que les décharges contribuent significativement au réchauffement climatique. Quand on dit qu&rsquo;on va baisser les émissions de gaz à effet de serre en mettant des voitures électriques partout, eh bien les décharges à elles seules représentent un gain du même ordre, alors qu&rsquo;on n&rsquo;en parle jamais. Pourtant, ces chiffres figurent dans les documents officiels.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Donc la volonté des pouvoirs publics est à géométrie variable…</strong></p>
<p>Il y a aussi un enjeu fort sur l&rsquo;efficacité du tri sélectif des bio-déchets, qui vient d&rsquo;être mis en place.</p>
<p>Dans les décharges, ce qui produit le plus de méthane, ce sont les ordures ménagères, déchets alimentaires, organiques. Si vous bifurquez avant d&rsquo;amener les camions-bennes dans les décharges, si ils sont traités isolément, cela produit du compost, ils deviennent une richesse. Si on a bien trié à la source les biodéchets, ils n&rsquo;arrivent pas dans les décharges, et donc dans 5 ans, 10 ans, 15 ans, elles produiront moins de méthane.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>C&rsquo;est une bonne conclusion pour donner un peu d&#8217;empouvoirement aux citoyens, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils ont aussi leur rôle à jouer en pratiquant le tri à la source.</strong></p>
<p>On ne fait que répéter ce que dit le gouvernement : il annonce réduire de 4 millions de tonnes d&rsquo;ici 2030. 2 millions de tonnes en ayant une meilleure efficacité de captage du méthane dans les décharges, et 2 millions de tonnes grâce au tri sélectif des biodéchets. Après, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;à mettre en œuvre des choses effectives pour que ça fonctionne, et donc exiger que les décharges se donnent les moyens de bien capter le méthane.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Est-ce que cela coûte très cher en investissement ? Il faudrait peut-être que l&rsquo;État mette la main à la poche pour aider les industriels ?</strong></p>
<p>Oui et non. Le gaz russe, sachez-le, c&rsquo;est du méthane. Donc quand vous le captez, c&rsquo;est de l&rsquo;énergie, qui plus est, produite localement ! Si les biogaz sont bien épurés et que la décharge est suffisamment proche d&rsquo;un réseau d&rsquo;acheminement, ils peuvent être introduit dans ce qu&rsquo;on appelle le gaz de ville. Et si la valorisation produit de l&rsquo;électricité, Enedis a l&rsquo;obligation de la racheter. S&rsquo;il y avait une sorte de prime au kW, et qu&rsquo;il devienne rentable de bien capter le méthane, les industriels y arriveraient certainement mieux, même si cela a un coût d&rsquo;investissement.</p>
<p>Propos recueillis par Gaëlle Cloarec, le 22 mai 2026</p>
<hr />
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong></p>
<p><a href="https://methaneasorbiers.webnode.fr">https://methaneasorbiers.webnode.fr</a><br />
<a href="https://climat05.webnode.fr">https://climat05.webnode.fr</a></p>
<p>Le site <a href="https://www.georisques.gouv.fr/risques/registre-des-emissions-polluantes/etablissement/donnees#/recherche=polluant&amp;amp;polluant=91&amp;amp;region=93&amp;amp;departeme">Géorisques</a>, pour connaître les émissions par établissement, par polluant ou par déchet.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/qui-est-ce-qui-subit-cest-la-planete-entiere">« Qui est-ce qui subit ? C&rsquo;est la planète entière »</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
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		<title>Vélos vs voitures à Nice</title>
		<link>https://quivive.fr/velos-vs-voitures-a-nice</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor Furtuna]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 07:50:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politiques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Nice]]></category>
		<category><![CDATA[vélo]]></category>
		<category><![CDATA[voiture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est six heures du soir, en semaine, une dizaine de voitures sont arrêtées au feu rue du Congrès, perpendiculaire à la promenade des Anglais. Une rue sombre, étroite, entourée d’immeubles bourgeois. Les cyclistes passent en toute fluidité par l’ancienne galerie automobile, traversant la double voie de la promenade de manière sécurisée. Ici, c’est le [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est six heures du soir, en semaine, une dizaine de voitures sont arrêtées au feu rue du Congrès, perpendiculaire à la promenade des Anglais. Une rue sombre, étroite, entourée d’immeubles bourgeois. Les cyclistes passent en toute fluidité par l’ancienne galerie automobile, traversant la double voie de la promenade de manière sécurisée. Ici, c’est le quartier du Carré d’or, touristique, commerçant, et le début de la zone piétonne du centre.</p>
<p>La ville de Nice est classée E selon <a href="https://www.barometre-velo.fr/2025/">le baromètre Vélo 2025</a> ; c’est ce que nous apprend la pétition lancée par <a href="https://agir.greenvoice.fr/petitions/touche-pas-a-ma-piste-cyclable-non-a-la-reouverture-du-tunnel-du-congres-aux-voitures">Nice à Vélo</a>, association apolitique voulant en faire une métropole cyclable. La pétition a bientôt atteint les 8000 signatures, pour tenter d’empêcher la réouverture du mini-tunnel aux véhicules.</p>
<p>La nouvelle municipalité a souhaité dès son arrivée adapter la circulation à la voiture, comme c’était inscrit dans son programme de campagne : « <em>fluidifier le trafic sans opposer les modes de déplacements</em> », pour éviter « <em>3 jours perdus par an et par conducteur</em> ».</p>
<div id="attachment_3755" style="width: 490px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3755" class="size-full wp-image-3755" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/point-programme-Ciotti.jpg" alt="" width="480" height="281" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/point-programme-Ciotti.jpg 480w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/point-programme-Ciotti-300x176.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /><p id="caption-attachment-3755" class="wp-caption-text">Point du programme d&rsquo;Eric Ciotti &#8211; candidat UDR/RN à la mairie de Nice – Source Ciotti2026</p></div>
<p>La réouverture du tunnel de la rue du Congrès faisait partie des points clés du programme. Peu de choses à propos de la petite reine, si ce n’est la relance du service des vélos bleus, les vélos municipaux en libre-service abandonnés en 2024 au profit d’opérateurs privés, Lime et Pony.</p>
<p>Antonio Barros, chargé de la communication de Nice à Vélo, a rencontré la Mairie fin avril, pour amorcer le dialogue. « <em>On ne peut pas dire que le mini-tunnel de la rue du Congrès est sauvé</em> » indique-t-il. Mais « <em>c’était un échange positif, les deux adjoints ont entendu nos arguments</em> ». 25 % du trafic en moins entre 2012 et 2020 et plus de 700 passages à vélo selon le capteur proche placé sur la promenade des Anglais, voilà les éléments phares portés par l’association.</p>
<p>L’origine de ce point du programme de la ville de Nice est flou. La Mairie, le Palais de la Méditerranée et Indigo, le prestataire du parking pourraient en être à l’origine, craignant les embouteillages à la sortie de spectacles, lors d’événements de cette structure de divertissement.</p>
<p>Des solutions envisageables sont proposées par Nice à Vélo : par exemple, inviter leurs clients à choisir un autre moyen de transport, inciter les spectateurs à rester sur place pour gérer les pics de flux, agir sur les cycles de feux pour permettre d’écouler la circulation de la rue du Congrès&#8230;</p>
<p>Quant à la Mairie, elle ne nous a pas répondu pour le moment. Les commerçants et riverains interrogés sont eux surpris qu&rsquo;on les interroge à ce sujet. La plupart s’accordent sur le manque de place pour les piétons, et les nuisances sonores du trafic. Mais à leurs yeux, la venue de la voiture et le stationnement parking restent nécessaires pour accueillir leurs clients*.</p>
<p>Une politique de retour à la voiture pourtant anachronique, notamment au regard du <a href="https://outil2amenagement.cerema.fr/outils/plan-climat-air-energie-territorial-pcaet">plan climat air énergie territorial 2019 – 2025 (PCAET)</a>, en cours d’étude pour 2026-2031, et qui omet aussi de prendre en compte le <a href="https://www.atmosud.org/sites/sud/files/medias/documents/2026-01/251105_Evaluation_mobilite_MNCA_AtmoSud.pdf">rapport d’Atmosud publié en octobre 2025</a>. L’observatoire de la qualité de l’air indiquait que les valeurs limites d’émissions polluantes en Nox (monoxyde d’azote, dioxyde d’azote) et émissions de particules fines pourraient être respectés à l’horizon 2035, mais en s’engageant dans une voie de réduction du trafic routier à hauteur de 36 millions de kilomètres par an.</p>
<p>Le prochain conseil municipal aura lieu le 5 juin prochain, la Mairie entendra-t-elle les 7000 signataires de la pétition ?</p>
<p>Victor Furtuna, le 26 mai 2026</p>
<hr />
<p>* Une idée reçue, selon le <a href="https://www.cerema.fr/fr/actualites/mobilite-commerces-quels-enseignements-enquetes-deplacements">Cerema, établissement public pour la transition écologique et la cohésion des territoires</a>, qui a analysé les déplacements des ménages : 74% des clients des commerces de centre-ville dans les grandes agglomérations s’y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ailes en falaises</title>
		<link>https://quivive.fr/ailes-en-falaises</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 12:15:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosystèmes]]></category>
		<category><![CDATA[gorges de la Nesque]]></category>
		<category><![CDATA[LPO]]></category>
		<category><![CDATA[Parc naturel régional du Mont-Ventoux]]></category>
		<category><![CDATA[vautour fauve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;enthousiasme des membres de la LPO est très communicatif. « Il y a eu des réintroductions ailleurs dans la région, mais sur ce site, ils sont revenus spontanément ! C&#8217;est historique ! » Des cyclistes en sueur, après une belle montée en haut des gorges de la Nesque, se groupent devant les longues-vues pré-réglées pour observer les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY">L&rsquo;enthousiasme des membres de la LPO est très communicatif. « <i>Il y a eu des réintroductions ailleurs dans la région, mais sur ce site, ils sont revenus spontanément ! C&rsquo;est historique !</i> »</p>
<p align="JUSTIFY">Des cyclistes en sueur, après une belle montée en haut des gorges de la Nesque, se groupent devant les longues-vues pré-réglées pour observer les oiseaux. Le cadre est somptueux : des falaises de calcaire blanc, le vert vif des arbres&#8230; « <i>Oh, regardez, le mâle arrive pour nourrir les petits !</i> » s&rsquo;exclame un bénévole, vite rejoint par une grappe de novices en ornithologie, émerveillés. « <i>Il fait presque 3 mètres d&rsquo;envergure</i> », révèle le spécialiste, tandis qu&rsquo;ils retiennent leur souffle devant son vol silencieux.</p>
<div id="attachment_3675" style="width: 719px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3675" class=" wp-image-3675" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C-1030x773.jpg" alt="" width="709" height="532" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C-1030x773.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C-300x225.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C-768x576.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C-1536x1152.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C-1500x1125.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C-705x529.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Stand-LPO-rocher-du-Cire-3-mai-2026©-G.C.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px" /><p id="caption-attachment-3675" class="wp-caption-text">Stand LPO rocher du Cire 3 mai 2026 © G.C.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY">Les vautours fauves mâles et femelles couvent en alternance leurs œufs, puis après l&rsquo;éclosion se relaient pour réchauffer et alimenter les poussins. Ces rapaces planeurs profitent des courants d&rsquo;air ascendants pour repérer les cadavres dont ils se nourrissent. Essentiellement des ongulés, nombreux sur ce territoire relativement sauvage. La réapparition des loups, depuis 2009, qui abandonnent les carcasses de leurs proies après avoir fait ripaille, n&rsquo;est sans doute pas étrangère au retour des vautours, après un siècle d&rsquo;absence. On le doit aussi au succès des programmes de réintroduction, dans les proches Baronnies, ou le Verdon : les colonies grossissent sur un site propice jusqu&rsquo;à atteindre la limite des ressources alimentaires disponibles, puis des couples s&rsquo;en vont trouver un autre lieu pour faire souche. Sur le rocher du Cire, il y a encore de la place ; plus tard, qui sait où l&rsquo;espèce se déplacera, si elle poursuit son redéploiement ?</p>
<div id="attachment_3676" style="width: 1040px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3676" class="size-large wp-image-3676" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C-1030x299.jpg" alt="" width="1030" height="299" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C-1030x299.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C-300x87.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C-768x223.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C-1536x446.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C-1500x435.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C-705x205.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/Vue-des-falaises-des-gorges-de-la-Nesque-©-G.C.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1030px) 100vw, 1030px" /><p id="caption-attachment-3676" class="wp-caption-text">Vue des falaises des gorges de la Nesque © G.C.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY"><b>S&rsquo;émerveiller, mais de loin</b></p>
<p align="JUSTIFY">Car les falaises appropriées ne sont pas si nombreuses. Et quand elles existent, encore faut-il que l&rsquo;être humain laisse de la place aux animaux sauvages. Le vautour est une espèce vulnérable, <a href="https://www.vautours.info/articles/article-protection.htm">protégée par la loi en France et en Europe</a>. Comme tous les charognards, ces animaux ont un rôle très important dans les écosystèmes : en éliminant rapidement les carcasses, ils limitent la propagation des maladies et facilitent le retour des nutriments dans le sol. Malheureusement, il arrive que <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://ofb.gouv.fr/sites/ofb-gouv-fr/files/2026-03/cp_vautours_sd11_vdef_mod.pdf">certains les empoisonnent, comme cela a été le cas récemment dans l&rsquo;Aude</a>.</p>
<p align="JUSTIFY">Mais, même involontairement, on peut leur nuire. La LPO <a href="https://www.lpo.fr/lpo-locales/lpo-paca/actus-paca/actu-2023-paca/voies-d-escalade-sensibles-et-nidification-des-vautours-du-verdon-2023">sensibilise les grimpeurs pour que certaines voies d&rsquo;escalade soient évitées</a> entre janvier et août : « <i>un seul passage peut provoquer la perturbation du couveur et peut conduire à un échec de la nidification par l’abandon du nid, entraînant la destruction de l’œuf ou la mort du poussin</i> ».</p>
<p align="JUSTIFY">D&rsquo;autres nuisances sont encore pire. Dans les gorges de la Nesque, Nicolas Ughetto, photographe animalier de Sault, le village voisin, a pris le temps de <a href="https://nicolas-ughetto.com/les-dangereuses-intrusions-aeriennes-dans-les-gorges-de-la-nesque/">recenser les passages d&rsquo;hélicoptères et avions</a> : durant quatre jours consécutifs, en janvier 2023, il a dénombré neuf appareils qui ont volé « <i>au dessus et même au dessous des nids de vautours</i> », perturbant la parade nuptiale, essentielle à la reproduction de l&rsquo;espèce.</p>
<p align="JUSTIFY">Pour les laisser tranquille, il est important de rester à distance, et le plus discret possible. Les sentiers et points de vue aménagés ne manquent pas. Surtout, pas de drone, très intrusif : à l’œil nu ou avec une simple paire de jumelles, il est déjà largement possible d&rsquo;en prendre plein la vue. D&rsquo;autant que le vautour fauve n&rsquo;est pas la seule espèce à observer : avec un peu d&rsquo;expérience, on peut distinguer des gypaètes barbus, aigles royaux, circaètes Jean-le-Blanc, et même le très rare vautour percnoptère.</p>
<p align="JUSTIFY">Gaëlle Cloarec, le 6 mai 2026</p>
<div id="attachment_3677" style="width: 743px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3677" class="wp-image-3677" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux-1030x773.jpg" alt="" width="733" height="550" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux-1030x773.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux-300x225.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux-768x576.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux-1536x1152.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux-1500x1125.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux-705x529.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260503_RDV-du-Parc_Rocher-du-Cire-©-LPO-Paca-Ventoux.jpg 2016w" sizes="auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px" /><p id="caption-attachment-3677" class="wp-caption-text">RDV du Parc &#8211; Rocher du Cire, 3 mai 2026 © LPO Paca Ventoux</p></div>
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		<item>
		<title>« Les gens ne veulent plus de cette recherche-là »</title>
		<link>https://quivive.fr/les-gens-ne-veulent-plus-de-cette-recherche-la</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 16:45:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisations]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Centre national de primatologie]]></category>
		<category><![CDATA[One Voice]]></category>
		<category><![CDATA[Rousset]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour quoi êtes-vous aujourd&#8217;hui sur les quais du Vieux-Port ? Hier, c&#8217;était la journée internationale des animaux de laboratoire. Il faut savoir qu&#8217;à côté de Marseille, à Rousset, le CNRS a le projet de tripler son élevage de primates, pour envoyer plus de singes dans les laboratoires français, alors que les directives européennes vont dans le [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/les-gens-ne-veulent-plus-de-cette-recherche-la">« Les gens ne veulent plus de cette recherche-là »</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><b>Pour quoi êtes-vous aujourd&rsquo;hui sur les quais du Vieux-Port ?</b></p>
<p align="JUSTIFY">Hier, c&rsquo;était la <a href="https://www.journee-mondiale.com/328/journee-mondiale-des-animaux-dans-les-laboratoires.htm" target="_top">journée internationale des animaux de laboratoire</a>.</p>
<p align="JUSTIFY">Il faut savoir qu&rsquo;à côté de Marseille, à Rousset, le CNRS a le <a href="https://cnrs-concertation-cnp.fr/" target="_top">projet de tripler son élevage de primates</a>, pour envoyer plus de singes dans les laboratoires français, alors que les <a href="https://agriculture.gouv.fr/animaux-utilises-des-fins-scientifiques" target="_top">directives européennes</a> vont dans le sens contraire. Nous voulons alerter la population car ce sont des êtres hautement cognitifs, sensibles, avec de l&#8217;empathie. Nous avons du mal à obtenir des informations sur les souffrances auxquelles ils sont exposés. Contre le CNRS et l&rsquo;université d&rsquo;Aix-Marseille, nous nous sommes <a href="https://one-voice.fr/news/experimentation-animale-le-cnrs-et-luniversite-aix-marseille-persistent-dans-lopacite/#updates">battus pendant trois ans pour avoir les documents</a> liés aux primates détenus dans les laboratoires. On a eu gain de cause en fin d&rsquo;année, mais voilà, il a fallu lutter trois ans contre cette opacité, alors que ce sont des éléments censés être publics, que n&rsquo;importe quel citoyen ou citoyenne peut demander.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>L&rsquo;opinion publique se <a href="https://www.ifop.com/article/les-francais-et-le-bien-etre-des-animaux-vague-8-2025/">préoccupe de plus en plus du bien-être animal</a>.</b></p>
<p align="JUSTIFY">Oui, on s&rsquo;aperçoit que quand on donne accès à ces informations aux gens, ils ne veulent plus de cette recherche-là, ils veulent une recherche qui soit tournée vers l&rsquo;avenir, sans dépendance à la souffrance animale, plus pertinente pour l&rsquo;humain.</p>
<p align="JUSTIFY">Lundi, nos homologues australiens nous ont adressé des <a href="https://one-voice.fr/news/dix-ans-dimages-clandestines-les-animaux-de-laboratoire-au-grand-jour/">images inédites d&rsquo;un lanceur d&rsquo;alerte qui a compilé dix ans d&rsquo;expériences</a> dans les laboratoires britanniques, jusqu&rsquo;en 2025. Elles montrent que derrière ces fameuses règles des trois R, sous lesquelles ils se cachent pour prétendre garantir du bien-être, il y a toujours des souffrances et des traumatismes pour les animaux.</p>
<p align="JUSTIFY"><i>[ NDLR : 3R pour « Remplacer, Réduire, Raffiner », principe autour duquel s&rsquo;articule la réglementation européenne en matière de protection des animaux destinés à des fins scientifiques. </i><i>R</i><i>emplacer l&rsquo;expérimentation animale par d’autres méthodes dès que cela est possible ; à défaut, </i><i>r</i><i>éduire le nombre d&rsquo;animaux utilisés et </i><i>r</i><i>affiner les procédures, c&rsquo;est-à-dire optimiser les méthodologies employées pour diminuer la douleur animale. ]</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3656" style="width: 797px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3656" class=" wp-image-3656" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140625-1030x773.jpg" alt="" width="787" height="591" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140625-1030x773.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140625-300x225.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140625-768x576.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140625-705x529.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140625.jpg 1500w" sizes="auto, (max-width: 787px) 100vw, 787px" /><p id="caption-attachment-3656" class="wp-caption-text">Banderole de One Voice, le 25 avril 2026 à Marseille © Gaëlle Cloarec</p></div>
<p align="JUSTIFY"><b>Qu&rsquo;en est-il de la France ?</b></p>
<p align="JUSTIFY">Malheureusement la France est numéro 1 en Europe. On reste le pays le plus grand expérimentateur sur plein d&rsquo;espèces différentes : <a href="https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/enquete-statistique-sur-l-utilisation-des-animaux-des-fins-scientifiques-46270">plus de deux millions d&rsquo;animaux ont subi des expérimentations</a>. Dans notre <a href="https://one-voice.fr/news/2-041-157-animaux-experimentes-en-2024-la-france-figee-dans-limmobilisme/">bilan 2024</a>, sur les primates, un chiffre colossal : 2897 expérimentations, ce qui est vraiment la honte. Pour les chiens, on en dénombre 3342.</p>
<p align="JUSTIFY">Quand on en parle aux gens sur les quais, ils ont les larmes aux yeux. Ils se sentent vraiment trahis, parce que beaucoup ne savaient même pas qu&rsquo;il y avait un tel site à Rousset, qui existe depuis 1978.</p>
<p align="JUSTIFY">Ils sont sidérés d&rsquo;apprendre qu&rsquo;il y a encore énormément d&rsquo;animaux qui souffrent dans les labos.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Vous savez à quoi servent les expériences qui sont menées dans ces laboratoires ?</b></p>
<p align="JUSTIFY">Alors, à Rousset, le business est de vendre les singes aux laboratoires.</p>
<p align="JUSTIFY">Donc, il peut y avoir des labos sur de la recherche fondamentale ; d&rsquo;autres vont les utiliser pour tester des médicaments, ou se soumettre à des réglementations européennes pour des substances chimiques.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>D&rsquo;où proviennent les animaux ?</b></p>
<p align="JUSTIFY">Alors, cela va dépendre des espèces. Nous, à One Voice, on se bat depuis des années contre <a href="https://www.chiens-de-labo.fr/" target="_top">deux élevages de chiens de laboratoires, dans l&rsquo;Allier et l&rsquo;Yonne</a>. Les primates, pour beaucoup, viennent de l&rsquo;île Maurice, un peu d&rsquo;Asie aussi.</p>
<p align="JUSTIFY">Nous avons mené des <a href="https://one-voice.fr/news/experimentation-animale-enquete-inedite-one-voice-a-maurice-dans-les-elevages-de-macaques-a-longue-queue/" target="_top">enquêtes en 2023 sur les élevages de macaques à longue queue à Maurice</a>, et sur les sept sites qu&rsquo;on a réussi à infiltrer, tous sont complètement dans l&rsquo;illégalité sur de nombreuses pratiques. Ils ne sont pas censés capturer des animaux dans la nature, mais entretenir des colonies d&rsquo;élevage ; dans la réalité, ils sont régulièrement prélevés dans la forêt ; il n&rsquo;y a rien qui va. Ils sont maltraités, traumatisés, dans des conditions indignes. Certains meurent ou sont tués parce qu&rsquo;ils sont malades de la tuberculose, d&rsquo;autres se font arracher les doigts parce qu&rsquo;ils s&rsquo;accrochent aux cages. Ils savent ce qui va leur arriver, ils sont tellement intelligents. On a des images vraiment, vraiment choquantes.</p>
<p align="JUSTIFY">On continue à se battre avec nos partenaires à Maurice, Action for primates, Progress Science Mauritius et Monkey Massacre, pour faire connaître la vérité. Parce que continuer à utiliser ces animaux dans les laboratoires entretient tout un trafic.</p>
<p align="JUSTIFY">Ce qui est d&rsquo;autant plus indigne, c&rsquo;est que non seulement il y a de la souffrance animale, mais aussi de la souffrance sociale. À Maurice, une grande partie de la population est précaire. Travailler sur ces sites leur donne soi-disant accès à un métier, mais ce sont des métiers qui déshumanisent. On retrouve à peu près la même chose ici, dans les abattoirs. Donc il y a toute une chaîne de manquements aux valeurs éthiques, non seulement animales, mais humaines, à dénoncer.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Vous avez suivi ce dossier depuis 2023 ?</b></p>
<p align="JUSTIFY">On essaye de suivre quand on peut, avec nos partenaires sur place et d&rsquo;autres partenaires européens et internationaux. C&rsquo;est comme cela que nous avions réussi à faire <a href="https://x.com/AFnewsroom/status/1542490334009204744?ref_src=twsrc%5Etfw" target="_top">arrêter les transports de primates</a><a href="https://x.com/AFnewsroom/status/1542490334009204744?ref_src=twsrc%5Etfw" target="_top"> par Air France</a>, avec un grand travail de collaboration, en <a href="https://one-voice.fr/news/one-voice-publie-un-nouveau-rapport-sur-les-primates-dans-lexperimentation-animale/" target="_top">suivant les avions et les compagnies aériennes</a>. Mais c&rsquo;est de plus en plus difficile. En raison des sous-traitances qui se multiplient, on a très peu de traçabilité, c&rsquo;est un vrai travail de fourmi qui prend un peu plus de temps que les années précédentes.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Je reviens sur la campagne du jour, voulez-vous nous dire comment les citoyens peuvent se mobiliser pour vous aider ?</b></p>
<p align="JUSTIFY">Bien sûr, il y a plein de moyens de nous aider. Déjà, signer <a href="https://one-voice.fr/petition/non-a-lagrandissement-du-laboratoire-de-rousset/" target="_top">la pétition</a>, ce qui permet d&rsquo;acter son opposition au projet, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas d&rsquo;autres moyens démocratiques pour le montrer. Nous, on réalise des sondages d&rsquo;opinion, mais apparemment, cela ne suffit pas à nos décideurs pour prendre en considération nos attentes. Le <a href="https://one-voice.fr/news/sondage-inedit-ipsos-one-voice-les-francais-en-grande-majorite-defavorables-a-lexperimentation-animale/" target="_top">dernier montrait que 3 Français sur 4 veulent la fin de l&rsquo;expérimentation animale</a>.</p>
<p align="JUSTIFY">On a suivi de près la concertation dédiée au projet de Rousset : <a href="https://one-voice.fr/news/agrandissement-de-rousset-pour-lexperimentation-animale-avis-defavorables/">93 % des avis déposés sur la plateforme</a> y étaient défavorables, avec des questionnements sur ses fondements éthiques.</p>
<p align="JUSTIFY">Dans l&rsquo;opinion publique, un grand virage s&rsquo;opère, mais il n&rsquo;est pas encore assez visible. Mon message est : partagez nos publications sur les réseaux sociaux, suivez-nous. Ce sont de petites choses, mais cela fonctionne ! Dernièrement, après notre campagne pour l&rsquo;hippopotame Jumbo, enfermé depuis 30 ans dans un cirque, on a réussi à faire <a href="https://x.com/MathieuMlefevre/status/2019406679738138755" target="_top">bouger le ministre Mathieu Lefèvre</a>. La puissance des réseaux sociaux est vraiment sous-estimée, n&rsquo;hésitez pas à impliquer les gens, à les taguer.</p>
<p align="JUSTIFY">On est très présents sur Instagram comme sur plein de réseaux : les prochains événements y seront indiqués pour Rousset. Donc si certains veulent venir nous aider à tracter, on est toujours en recherche de référents locaux, que ce soit sur Marseille ou ailleurs en PACA. Il y a toujours besoin de prêter main forte sur les actions qu&rsquo;on mène sur le terrain.</p>
<p align="JUSTIFY">Faire des dons, devenir adhérent est aussi bienvenu, parce que malheureusement, le nerf de la guerre, ce sont les finances. Si l&rsquo;on veut être pris en compte sur le terrain médiatique, politique, on a besoin d&rsquo;être de plus en plus visibles.</p>
<div id="attachment_3657" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-3657" class=" wp-image-3657" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140628-1030x773.jpg" alt="" width="700" height="525" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140628-1030x773.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140628-300x225.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140628-768x576.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140628-705x529.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/P1140628.jpg 1500w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /><p id="caption-attachment-3657" class="wp-caption-text">Claire Dulière, chargée de campagne expérimentation animale à One Voice © Gaëlle Cloarec</p></div>
<p align="JUSTIFY"><b>À propos d&rsquo;argent, qui finance le site de Rousset ?</b></p>
<p align="JUSTIFY">Sur le site actuel, c&rsquo;est le CNRS. La perspective d&rsquo;agrandissement, de ce qu&rsquo;on a compris pendant la concertation, répond à une demande de plein d&rsquo;instituts différents, très gourmands en primates, comme l&rsquo;Institut Pasteur, le CEA, l&rsquo;INSERM. Le site de Rousset était le plus facile à agrandir pour ce projet de Centre national de primatologie.</p>
<p align="JUSTIFY">La dépense est quand même de 30 millions d&rsquo;euros d&rsquo;argent public, via le dispositif France 2030. Comment se fait-il qu&rsquo;un projet à ce point détourné de l&rsquo;avenir reçoive des subventions, alors qu&rsquo;en parallèle, France 2030 va financer des projets de recherche sur des méthodes d&rsquo;expérimentation non animale ? Il y a une dissonance complète.</p>
<p align="JUSTIFY">Ensuite, annuellement, le CNRS va mettre la main à la poche pour tout l&rsquo;entretien, ce qui pourrait atteindre 80 millions d&rsquo;euros au bout de 10 ans pour ce projet. Ce qu&rsquo;on a soulevé pendant la concertation, c&rsquo;est qu&rsquo;ils laissent entrouverte la porte à de potentiels clients privés. Cela veut dire utiliser de l&rsquo;argent public, surfer sur la souffrance animale, et en plus potentiellement aboutir à un usage lucratif pour ceux qui vont se manifester.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Dans ses documents sur le projet, le CNRS explique avoir conscience de devoir considérer les primates comme des êtres sensibles, mais revendique qu&rsquo;il lui est toutefois indispensable de continuer les expériences animales pour la recherche biomédicale.</b></p>
<p align="JUSTIFY">Ce projet est bancal du début à la fin. C&rsquo;est un non-sens total pour la recherche, qui peut se passer d&rsquo;expérimentation sur le corps animal, y compris pour la résilience de la France en termes de solutions médicales. Il y a plein d&rsquo;autres possibilités bien plus éthiques, et bien plus pertinentes pour les humains.</p>
<p align="JUSTIFY">Je vous le disais plus haut, les dernières statistiques montrent qu&rsquo;en France, <a href="https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/enquete-statistique-sur-l-utilisation-des-animaux-des-fins-scientifiques-46270">2 millions d&rsquo;animaux ont été déclarés utilisés dans les laboratoires</a> : on pourrait drastiquement réduire ce chiffre. Notre coalition <a href="https://www.crueltyfreeinternational.org/campaigns/replace-animal-tests-the-rat-list/" target="_top">Cruelty Free International liste 10 tests</a> déjà connus et approuvés, qui pourraient réduire le nombre d&rsquo;animaux de laboratoire par milliers. Commençons déjà par ça. Et ensuite, ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est surtout financer le développement d&rsquo;alternatives. Il y a quelques projets lancés en France, mais quand on voit les sommes allouées&#8230; par rapport à des pays comme les Pays-Bas, on n&rsquo;est même pas à un quart de leur budget.</p>
<p align="JUSTIFY">Propos recueillis par Gaëlle Cloarec, le 25 avril 2026</p>
<hr />
<p align="JUSTIFY">Pour aller plus loin :</p>
<p align="JUSTIFY"><a href="https://cnrs-concertation-cnp.fr/api/media/file/Rapport_CNP_CNRS_VF.pdf" target="_top">Bilan de la concertation</a>, rapport de Matthias Bourrissoux pour la Commission nationale du débat public, le 16 décembre 2025</p>
<p align="JUSTIFY"><a href="https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2026-02/ROU%20CNP_Réponse%20CNRS%20bilan%20garant%20CNDP.pdf" target="_top">Réponse du CNRS aux questions soulevées lors de la première phase de concertation</a> sur le projet de Centre national de primatologie à Rousset, le 17 février 2026.</p>
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		<title>Les loups : des bêtes « faiseuses d&#8217;histoires »</title>
		<link>https://quivive.fr/les-loups-des-betes-faiseuses-dhistoires</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 12:27:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Connaissances]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosystèmes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine Doré]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques du loup]]></category>
		<category><![CDATA[PUF]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Leurs » loups, « vos » loups, « nos » loups Le nombre de personnes qui se sentent concernées par le retour du loup en France, depuis sa réapparition dans le Mercantour en 1992, est considérable. Le plus souvent, d&#8217;ailleurs, sans l&#8217;avoir jamais vu. Le sociologue Antoine Doré est allé à leur recherche « dans les vallées perdues des Hautes-Alpes et [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><strong>« Leurs » loups, « vos » loups, « nos » loups</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Le nombre de personnes qui se sentent concernées par le retour du loup en France, depuis sa réapparition dans le Mercantour en 1992, est considérable. Le plus souvent, d&rsquo;ailleurs, sans l&rsquo;avoir jamais vu. Le sociologue Antoine Doré est allé à leur recherche « <em>dans les vallées perdues des Hautes-Alpes et le grand dédale de la bureaucratie, dans les laboratoires d&rsquo;analyses génétiques et les épais volumes juridiques, dans les cabanes pastorales et sous les lustres des fastueuses salles de réception des préfectures, derrières les barricades ou aux archives départementales,…</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY">Son retour ne se fait pas sans heurts : le loup est un catalyseur d&rsquo;enthousiasmes et d&rsquo;antagonismes virulents. Ce grand prédateur, aussi bénéfique soit-il pour les écosystèmes, dont il <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-methode-scientifique/ecologie-de-la-peur-loup-y-es-tu-5123889">assainit les réseaux trophiques</a>, bouscule les intérêts humains, d&rsquo;autant que l&rsquo;animal est culturellement chargé d&rsquo;une symbolique puissante, ancrée dans le temps long. Les bergers souffrent de ses razzias sanglantes dans leurs troupeaux, les chasseurs peuvent voir en lui un rival, les pouvoirs publics suivent une ligne sinueuse entre pro et anti-loups.</p>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;animal brouille les frontières entre le sauvage et le domestique. Il ne devrait pas s&rsquo;approcher autant des humains, un comportement qui n&rsquo;est « <em>pas naturel</em> », clament certains ; tandis que pour d&rsquo;autres, nous sommes responsables de le tenter avec des moutons abêtis par des millénaires de sélection génétique.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong><br />
Pourquoi un livre de sciences sociales ?</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Les crises environnementales s&rsquo;aggravent, le changement climatique s&rsquo;accélère. Les politiques se font confuses, durcissent. Les lignes de failles dans la population française, notamment entre habitants des métropoles et ruraux, défenseurs de la nature, traditionalistes et partisans du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Business_as_Usual">business as usual</a>, s&rsquo;étendent. Peut-être que dans dix, quinze ou vingt ans, les loups auront à nouveau disparu du paysage. Peut-être au contraire, auront-ils fait leur place, si les êtres humains décident de laisser de l&rsquo;espace au monde sauvage. Notre civilisation est à la croisée des chemins, dans un moment critique, anxiogène, mais aussi excitant, où tout semble possible.</p>
<p align="JUSTIFY">Antoine Doré estime que les sciences sociales peuvent jouer un rôle important pour mieux comprendre les différents points de vue, et au delà, tirer des enseignements des tensions elles-mêmes. Raison pour laquelle il a publié fin 2025 <em>Politiques du loup</em>, aux Presses Universitaires de France. « <em>Comme l&rsquo;ont démontré depuis longtemps Georg Simmel et de nombreux sociologues et anthropologues par la suite, le conflit n&rsquo;est pas toujours synonyme de chaos. Il est au contraire un facteur important de cohésion sociale. C&rsquo;est en particulier au gré de nos querelles, discordes, désaccords, etc., que nous apprenons collectivement à vivre ensemble et que nous faisons société entre humains.</em> »</p>
<p align="JUSTIFY">C&rsquo;est par le conflit, avance-t-il aussi, que nous apprenons également à composer avec les non-humains pour trouver les voies possibles d&rsquo;une cohabitation plus vivable pour tous : loups, moutons, éleveurs, naturalistes, chiens de protection, promeneurs, chasseurs, chamois, chevreuils et tant d&rsquo;autres. Cela représente, pour lui, une bonne occasion « <em>d&rsquo;apprentissages collectifs et d&rsquo;ajustements réciproques</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-3626 aligncenter" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142639-773x1030.jpg" alt="" width="575" height="766" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142639-773x1030.jpg 773w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142639-225x300.jpg 225w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142639-768x1024.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142639-529x705.jpg 529w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142639.jpg 1125w" sizes="auto, (max-width: 575px) 100vw, 575px" /></p>
<p align="JUSTIFY"><strong><br />
Histoire et géographie</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Un point délicat après l&rsquo;autre sont abordés posément, dans les pages très denses de ce livre. L&rsquo;auteur commence par poser des jalons temporels, un contexte historique, embrassant les différentes <a href="https://www.foretprimaire-francishalle.org/s-informer/memoire-des-forets-episode-7-chasse-la-foret-comme-dernier-refuge/">modalités relationnelles entre populations humaines et lupines à travers différentes périodes et aires culturelles</a>. Sous l&rsquo;Ancien Régime, après la Révolution française&#8230; L&rsquo;occasion d&rsquo;apprendre, par exemple, que malgré la démocratisation de la chasse, au XIXe siècle l&rsquo;organisation de l&rsquo;extermination des loups constitue « <em>un exercice délicat pour les autorités, prises en tensions entre une aristocratie relictuelle et un peuple frondeur qui fait craindre le retour d&rsquo;épisodes de violence révolutionnaire</em> ». Le pouvoir craint bien plus les soulèvements populaires que les loups, et interdit l&rsquo;usage des armes aux paysans indociles de certaines régions.</p>
<p align="JUSTIFY">Antoine Doré donne aussi un aperçu des pratiques dans les pays de l&rsquo;Est, où ils ont pu prospérer : alors que l&rsquo;espèce y est chassée sans relâche jusqu&rsquo;à la Première Guerre mondiale, sous l&rsquo;influence de l&rsquo;URSS, les « <em>changements structurels, tels que les réformes foncières visant à mettre fin à la propriété privée des terres, conduisent à un net recul des efforts de contrôle des prédateurs</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY">En avançant dans l&rsquo;ouvrage, le lecteur comprend mieux comment, d&rsquo;animal effrayant, « <em>légitimement</em> » pourchassé, le loup a pu voir son image basculer plutôt positivement dans l&rsquo;imaginaire contemporain. Un processus qui s&rsquo;est opéré « <em>à l&rsquo;interface trouble et controversée des sciences et des fictions</em> », entre études naturalistes, films animaliers, œuvres de Disney, articles de National Geographic… Une nouvelle culture du loup est née, au moment où l&rsquo;espèce avait quasiment disparu des paysages occidentaux. Quand elle a réapparu en France, chasseurs et éleveurs étaient passés, dans une partie de l&rsquo;opinion, du statut de « <em>fer de lance d&rsquo;une civilisation bientôt débarrassée des bêtes nuisibles</em> » à celui de « <em>figures arriérées de destructeurs de la nature</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY"><strong><br />
Une « carrière politique retentissante »</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Nulle intention de caricature dans la description de ces tendances, bien au contraire. Le sociologue a veillé à « <em>adopter une posture distanciée en suspendant autant que possible jugements moraux et prises de position politiques, afin de mettre en lumière la complexité des processus sociaux, que des débats généralement polarisés finissent par masquer</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY">Mais il prend autant de soin à faire le récit très enlevé de la première réapparition du loup dans le Mercantour (étape par étape, car tous les enjeux étaient déjà en germe), que lorsqu&rsquo;il décrit les changements juridiques, les mesures de protection des troupeaux, les <a href="https://www.cnrs.fr/fr/presse/une-nouvelle-methode-pour-estimer-plus-precisement-leffectif-de-la-population-de-loups-en">protocoles scientifiques</a> qui ont progressivement découlé de ce retour.</p>
<p align="JUSTIFY">Il montre la même application à étudier les rumeurs persistantes (d&rsquo;après lesquelles il ne serait pas revenu spontanément par l&rsquo;Italie, d&rsquo;où il n&rsquo;a jamais disparu, mais aurait été réintroduit), ou les émotions intenses provoquées par l&rsquo;animal, tant du côté des « <em>lycophiles</em> » que des « <em>lycophobes</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY">Prendre au sérieux ces affects forts, comme des éléments significatifs, éclaire la « <em>carrière politique retentissante</em> » du loup, au sens où il fait indéniablement bouger les lignes de notre société. Y compris en tant qu&rsquo;« <em>opérateur territorial</em> », puisqu&rsquo;il parvient même à influencer la façon dont les humains occupent l&rsquo;espace ! L&rsquo;importante couverture médiatique dont il bénéficie est à la mesure des réactions qu&rsquo;il provoque.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong><br />
Des relations à la nature en mouvement</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Et ces affects interviennent à tous les niveaux. Notamment dans le monde scientifique, qui pourtant s&rsquo;efforce souvent de les tenir à distance, en visant l&rsquo;objectivité. Les progrès techniques considérables permettant d&rsquo;affiner le suivi de l&rsquo;animal sans s&rsquo;en approcher (caméras nocturnes, puces électroniques, prélèvements biologiques&#8230;), pourraient distancier les chercheurs de leur objet d&rsquo;étude en l&rsquo;objectivant. Le sociologue constate qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien, « <em>l&rsquo;attachement affectif et moral</em> » perdure.</p>
<p align="JUSTIFY"><em>A contrario</em>, certains bergers qui subissent les attaques du prédateur sur leurs troupeaux décrivent des expériences de stress intense, épuisement, perte de sens, rage et angoisse. Par ailleurs, des éleveurs qui se retrouvent au tribunal, suite à une attaque de leurs patous sur des randonneurs, peuvent éprouver de la colère contre l&rsquo;État, en considérant qu&rsquo;ils sont sanctionnés alors qu&rsquo;ils n&rsquo;ont fait qu&rsquo;appliquer ses préconisations sur la protection des troupeaux. Ils dénoncent les sports de loisir, qui seraient priorisés en montagne au détriment de leur activité pastorale. Tandis que les militants écologistes pointent le manque d&rsquo;analyse systémique du monde agricole, l&rsquo;économie étant bien plus coupable de la fragilisation de l&rsquo;élevage extensif, à leurs yeux, que le loup.</p>
<p align="JUSTIFY">À l&rsquo;appui de leurs visions du monde, les divers acteurs ont opéré une spectaculaire montée en compétences depuis sa réapparition il y a 34 ans. Bataille de chiffres, communication musclée&#8230; France Nature Environnement estime que 46 000 moutons sont tués ou perdus dans les Alpes chaque année, pertes dont un faible pourcentage est dû au loup. Mais les tenants de la théorie de la réintroduction ont aussi mené de grosses enquêtes, écrit Antoine Doré, en cherchant à exploiter les incertitudes scientifiques. Certains collectifs agricoles empruntent les codes de l&rsquo;association L214, qui dénonce les conditions d&rsquo;abattage industriel en diffusant des images d&rsquo;animaux d&rsquo;élevage ensanglantés : ils font de même avec des brebis égorgées par le prédateur, pour choquer l&rsquo;opinion. Dans la même veine, on se rappelle avoir vu une <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.youtube.com/watch?v=yyVUumAggmI&amp;ved=2ahUKEwjJ3oSUrKyTAxX23gIHHfjlDEQQtwJ6BAgZEAI&amp;usg=AOvVaw3dkrgXMDj0ORIs3ZEHr9jh">vidéo d&rsquo;avertissement délibérément agressive, publiée sur YouTube par des chasseurs hauts-alpins armés et cagoulés</a>.</p>
<p align="JUSTIFY"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-3625 aligncenter" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720-1030x773.jpg" alt="" width="814" height="611" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720-1030x773.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720-300x225.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720-768x576.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720-1536x1152.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720-1500x1125.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720-705x529.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260420_142720.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 814px) 100vw, 814px" /></p>
<p align="JUSTIFY"><strong><br />
Une « guerre de représentations »</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Dans chaque camp, Antoine Doré repère que l&rsquo;adversaire est accusé d&rsquo;entretenir une représentation fausse du canidé. « <em>Nous</em> », considérés comme raisonnables, contre « <em>eux</em> », croyants, accusés de le fétichiser ou au contraire d&rsquo;en faire un bouc émissaire. L&rsquo;État est omniprésent dans ce dossier ; c&rsquo;est notamment lui qui détermine les « <em>niveaux de prédation acceptables</em> » et le nombre de loups pouvant être abattus chaque année.</p>
<p align="JUSTIFY">Cependant, du fait des tensions entre le ministère de l&rsquo;Agriculture et celui de l&rsquo;Environnement, il apparaît comme une « entité fragmentée ». Le Groupe National Loup, instance copilotée par les deux ministères, réunit représentants du monde agricole, associations de protection de la nature, parcs nationaux, élus et scientifiques. Cela présente l&rsquo;intérêt de « <em>maintenir des contacts réguliers entre groupes d&rsquo;intérêt très divergents</em> »&#8230; mais ne satisfait pas grand monde.</p>
<p align="JUSTIFY">Le loup met notre société face à des questions de fond, au moment où la <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.mnhn.fr/fr/actualites/sixieme-extinction-de-masse-la-disparition-des-especes-a-ete-largement-sous-estimee&amp;ved=2ahUKEwj19KvoqKyTAxU_UqQEHQLEMzIQFnoECBYQAQ&amp;usg=AOvVaw3UQ4A6ryY17jN7HnlL_j_C">6</a><a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.mnhn.fr/fr/actualites/sixieme-extinction-de-masse-la-disparition-des-especes-a-ete-largement-sous-estimee&amp;ved=2ahUKEwj19KvoqKyTAxU_UqQEHQLEMzIQFnoECBYQAQ&amp;usg=AOvVaw3UQ4A6ryY17jN7HnlL_j_C">e</a><a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.mnhn.fr/fr/actualites/sixieme-extinction-de-masse-la-disparition-des-especes-a-ete-largement-sous-estimee&amp;ved=2ahUKEwj19KvoqKyTAxU_UqQEHQLEMzIQFnoECBYQAQ&amp;usg=AOvVaw3UQ4A6ryY17jN7HnlL_j_C"> extinction de masse des espèces</a> s&rsquo;accélère. Il relance les débats sur la nature « <em>ordinaire</em> » contre la nature « <em>emblématique</em> ». Envisager de la « <em>laisser faire</em> », en allégeant l&rsquo;impact de nos modes de vie, extrêmement envahissants, est une démarche très interventionniste, souligne le sociologue : pour qu&rsquo;une espèce comme le loup prospère dans les écosystèmes européens, il faut agir sur la réglementation afin de garantir le relâchement de la pression anthropique.</p>
<p align="JUSTIFY">Aussi il consacre de longues pages à l&rsquo;imbroglio dû au flou juridique longtemps entretenu sur son « <em>état favorable de conservation</em> », qui doit être maintenu selon la Convention de Berne, malgré un <a href="https://www.vie-publique.fr/en-bref/295555-abaissement-du-niveau-de-protection-du-loup-en-europe">abaissement de son statut</a> de « <em>strictement protégé</em> » à « <em>protégé</em> ».</p>
<p align="JUSTIFY"><a name="tw-target-text"></a>D&rsquo;ailleurs, depuis la publication de <em>Politiques du loup</em> (septembre 2025), les choses ont encore bougé : comme le détaille Arie Trouwborst, spécialiste du droit international de la protection de la nature, la <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/reel.70036">cour de justice de l&rsquo;Union Européenne a clarifié des points importants à ce sujet</a>. Notamment, que l<span lang="fr-FR">a conservation des espèces protégées ne vise pas (seulement) à sauver des populations de l&rsquo;extinction, mais à favoriser une nature florissante, où chaque espèce a la possibilité de remplir pleinement sa fonction écologique. Une « </span><em><span lang="fr-FR">norme minimale, qui ne peut être abaissée ni compromise pour des raisons économiques, sociales ou culturelles</span></em><span lang="fr-FR"> », valable pour les loups, mais aussi les castors, ours ou bisons.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><strong><br />
Trajectoires non tracées</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Côté loups, côtoyer l&rsquo;humanité semble aussi faire réagir. Des différences individuelles sont relevées au cours des entretiens menés par le sociologue : les observateurs témoignent de tempéraments « <em>plus ou moins peureux, curieux, discrets, téméraires, malins</em> ». Leurs étonnantes facultés d&rsquo;adaptation, leur capacité à transmettre ce qui s&rsquo;apparente à des savoirs-faire, voire carrément des cultures de meutes, a <a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/biodiversite/animaux/intelligence-du-loup-une-video-prouve-la-capacite-de-raisonnement-de-l-animal_7631546.html">déjà été documentée</a>. Les prédateurs du vieux continent européen, massivement anthropisé, développent d&rsquo;autres stratégies que ceux des Amériques, qui bénéficient d&rsquo;amples territoires encore relativement préservés de l&rsquo;influence humaine.</p>
<p align="JUSTIFY">« <em>Avec les loups,</em> écrit Antoine Doré, <em>on réalise que loin de s&rsquo;effacer et de s&rsquo;appauvrir, les relations à la nature se ramifient considérablement dans nos sociétés. (…) De plus en plus de personnes accèdent aux vivants sauvages et se coordonnent sur les manière de cohabiter avec.</em> » Et de préciser : contre-intuitivement, « <em>plus les animaux sont invisibles et récalcitrants, plus ces chaînes sont proliférantes, denses et étendues</em> ». C&rsquo;est bien pourquoi nul ne rivalise avec ces insaisissables et rusés canidés, au <a href="https://www.loupfrance.fr/un-mouvement-de-dispersion-dun-loup-canis-lupus-a-tres-grande-distance-detecte-grace-au-suivi-genetique-en-europe-occidentale/">mode de dissémination spectaculaire</a>. Des « <em>bêtes faiseuses d&rsquo;histoires</em> », commente-t-il avec humour.</p>
<p align="JUSTIFY">La suppression de tout conflit autour du loup est illusoire, conclut l&rsquo;auteur, et nous l&rsquo;avons vu en introduction de cet article, serait-elle seulement souhaitable ? Mais il peut, nous assure-t-il, être l&rsquo;occasion d&rsquo;opérer « <em>un travail collectif et souvent invisible de mise en cohérence qui doit constamment être répété ou réinventé</em> ». Un travail vivant sur le vivant, en somme*.</p>
<p align="JUSTIFY">Gaëlle Cloarec, le 9 avril 2026</p>
<p align="JUSTIFY">* Comme peuvent le faire des associations comme Ferus, en mettant en place, par exemple, des <a href="https://www.ferus.fr/benevolat">programmes de soutien au pastoralisme</a> en zones à loups, avec des bénévoles prêts à aider les éleveurs à la surveillance des troupeaux.</p>
<p align="JUSTIFY">À lire :</p>
<p align="JUSTIFY"><em>Politiques du loup</em><br />
Antoine Doré<br />
PUF, 24 €</p>
<p align="JUSTIFY">Et aussi :<br />
Revue L&rsquo;Alpe n°112 / premier trimestre 2026 / <em>Domestique ou sauvage : l&rsquo;animal</em></p>
<p align="JUSTIFY"><div class="encadre">Cet article est publié conjointement sur notre site <a href="https://www.foretprimaire-francishalle.org/s-informer/les-loups-des-betes-faiseuses-dhistoires-politiques-du-loup-dantoine-dore/">et sur celui de l&rsquo;association Francis Hallé pour la forêt primaire</a>, qui porte un projet de libre évolution sur un vaste territoire transfrontalier en Europe. La présence d&rsquo;un grand prédateur tel que le loup est essentielle et déterminante dans les écosystèmes forestiers.</div></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/les-loups-des-betes-faiseuses-dhistoires">Les loups : des bêtes « faiseuses d&rsquo;histoires »</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
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