<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des roman - Qui Vive</title>
	<atom:link href="https://quivive.fr/etiquette/roman/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://quivive.fr/etiquette/roman</link>
	<description>Le média qui pique la curiosité</description>
	<lastBuildDate>Sat, 15 Nov 2025 15:28:06 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.1</generator>
	<item>
		<title>Il était trois fois</title>
		<link>https://quivive.fr/il-etait-trois-fois</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 15:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[forêt]]></category>
		<category><![CDATA[Laurine Roux]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=2865</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois fois la colère, le titre claque. Comme claque celui de la maison à laquelle Laurine Roux reste fidèle depuis ses débuts : les Éditions du Sonneur. Elle a bien raison car l&#8217;objet-livre en jette. Trois tiges d&#8217;ortie, l&#8217;une vert forêt, l&#8217;autre violette, la dernière pourpre, partent à l&#8217;assaut de la couverture vert gazon. Trois [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/il-etait-trois-fois">Il était trois fois</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Trois fois la colère</em>, le titre claque. Comme claque celui de la maison à laquelle Laurine Roux reste fidèle depuis ses débuts : les <a href="https://www.editionsdusonneur.com/auteur/laurine-roux/" target="_blank" rel="noopener">Éditions du Sonneur</a>. Elle a bien raison car l&rsquo;objet-livre en jette. Trois tiges d&rsquo;ortie, l&rsquo;une vert forêt, l&rsquo;autre violette, la dernière pourpre, partent à l&rsquo;assaut de la couverture vert gazon. Trois tiges comme trois rejetons de la même souche. Les orties jalonnent chaque partie du roman, qui semble mu par une poussée végétale irrésistible, de la racine au drageon. Elles ponctuent chaque respiration du texte. Comme autant d&rsquo;aiguillons qui taraudent les personnages et le lecteur.</p>
<p>On est happé par ce récit mené tambour battant dès le prologue. Celui-ci met en scène la chevauchée éperdue d&rsquo;une jeune fille, Miou. Elle trimballe dans un sac la tête de l&rsquo;homme qu&rsquo;elle a décapité, Hugon le Terrible, son grand-père. Cela commence fort ! Pourquoi a-t-elle agi ainsi ? Pourquoi galope-t-elle vers le château de Bure avec son sinistre trophée ? L&rsquo;histoire qui suit permettra de comprendre ce geste de vengeance et de réparation. Ce serait dommage de divulgâcher. On ne le fera donc pas. Qu&rsquo;on sache seulement qu&rsquo;intrigues, violences, secrets de famille, scènes de torture et batailles ne manquent pas dans ce roman épique que Laurine Roux dit avoir écrit sur le tempo de la célèbre série <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Game_of_Thrones" target="_blank" rel="noopener">Game of Thrones</a>. Le temps des croisades lui a fourni un décor parfait pour aborder par le biais de la fiction certaines questions actuelles qui tournaient dans sa tête : celles de la justice, de la domination masculine, de « <em>la place utile de la violence</em> ».</p>
<p>Et puis, dans ce tourbillon de brutalité, il reste des moments de tendresse, des figures sensibles et généreuses, des havres de paix. Comme autant de lueurs dans l&rsquo;obscurité. La forêt, véritable personnage de ce conte, abondamment et superbement évoquée, est ici un lieu de ressource, d&rsquo;enchantement. Laurine Roux adresse d&rsquo;ailleurs ses remerciements « <em>aux montagnes des Hautes-Alpes, aux forêts, aux fantômes, et aux mondes imaginaires, refuges dans le chaos.</em> » Un bel hommage à la nature vivante et sauvage de sa région et à tous les possibles qu&rsquo;offre la littérature.</p>
<p>FRED ROBERT</p>
<p>Le 3 novembre 2025</p>
<p><em>Trois fois la colère </em>de Laurine Roux<br />
Éditions du Sonneur, 20 euros</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/il-etait-trois-fois">Il était trois fois</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une si grande soif des autres</title>
		<link>https://quivive.fr/une-si-grande-soif-des-autres</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2025 09:13:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[forêt]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=811</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 1996 paraissait aux États-Unis Into the forest, un roman percutant d&#8217;apprentissage et de survie, devenu très vite un best-seller. Il aura pourtant fallu attendre plus de vingt ans avant que l&#8217;ouvrage de Jean Hegland ne soit traduit en français et ne connaisse chez nous aussi un très grand succès. Dans une période de forte [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/une-si-grande-soif-des-autres">Une si grande soif des autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">En 1996 paraissait aux États-Unis <i>Into the forest</i>, un roman percutant d&rsquo;apprentissage et de survie, devenu très vite un best-seller. Il aura pourtant fallu attendre plus de vingt ans avant que l&rsquo;ouvrage de <a href="https://gallmeister.fr/auteurs/79/jean-hegland" target="_blank" rel="noopener">Jean Hegland</a> ne soit traduit en français et ne connaisse chez nous aussi un très grand succès. Dans une période de forte inquiétude face au dérèglement climatique, voire d&rsquo;écoanxiété, l&rsquo;histoire extraordinaire de Nell et d&rsquo;Eva, deux jeunes filles, deux sœurs, qui trouvent refuge au cœur de la forêt après l&rsquo;effondrement de la civilisation technologique, ne pouvait que trouver écho chez de nombreux lecteurs. Un premier opus à découvrir, si ce n&rsquo;est déjà fait, dans la collection de poche des excellentes éditions Gallmeister, sous le titre <a href="https://gallmeister.fr/livres/279/hegland-jean-dans-la-foret" target="_blank" rel="noopener"><em>Dans la forêt</em></a>.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">En janvier dernier, tandis que d&rsquo;énormes incendies ravageaient la Californie, paraissait le deuxième volet de cette histoire. Timing parfait, quoique sans doute involontaire. Jean Hegland revient donc avec <a href="https://gallmeister.fr/livres/703/hegland-jean-le-temps-d-apres" target="_blank" rel="noopener"><i>Le temps d&rsquo;après</i></a>. Histoire de rappeler à tous, et particulièrement aux jeunes générations, l&rsquo;impérieuse nécessité d&rsquo;une reconnexion avec la nature. Le récit, qu&rsquo;elle dédie d&rsquo;ailleurs à ses <em>« petites-filles chéries »</em>, est pris en charge par Burl, le fils d&rsquo;Eva, né dans la forêt. Âgé d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années, Burl n&rsquo;a connu du monde des hommes que ses deux « mères », quelques photos retrouvées dans des magazines, les héros légendaires dont elles lui ont narré les exploits et tous les personnages des contes qui ont peuplé leurs veillées. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Dans la forêt, il est chez lui, en véritable enfant de la nature. Tout le début du livre est une ode à cette forêt-refuge, aux êtres qui la peuplent, à ses richesses infinies ; une ode aussi à une existence en harmonie avec le monde et les saisons. Formulée dans une langue particulière (l&rsquo;autrice justifie ce choix à la fin du livre), faite de néologismes, de distorsions et de mots-valises souvent poétiques, car jamais l&rsquo;adolescent n&rsquo;a eu de véritable contact avec d&rsquo;autres humains. Cela lui manque terriblement. Si Eva et Nell se méfient des hordes sauvages qui hantent un monde devenu stérile, Burl, lui, voudrait rencontrer d&rsquo;autres gens, créer des liens nouveaux. C&rsquo;est ce qui adviendra, non sans péripéties et violences. Mais n&rsquo;en disons pas plus&#8230; </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Ce nouveau récit peine un peu à s&rsquo;installer, à happer le lecteur, la faute sans doute à de nombreux retours dans le <em>« temps d&rsquo;avant »</em>, nécessaires pourtant à la bonne compréhension. Mais une fois qu&rsquo;il est lancé, on ne le lâche plus. La fin ouverte laisse entrevoir une suite. Espérons qu&rsquo;elle tardera moins, cette fois-ci !</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">FRED ROBERT<br />
</span><span style="font-size: medium;">10 février 2025</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;"><i>Le temps d&rsquo;après</i>, de Jean Hegland, traduit de l&rsquo;américain par Josette Chicheportiche<b><br />
</b></span><span style="font-size: medium;">Éditions Gallmeister, janvier 2025, 23,90 €</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/une-si-grande-soif-des-autres">Une si grande soif des autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Arpenter les plis sauvages du monde</title>
		<link>https://quivive.fr/arpenter-les-plis-sauvages-du-monde</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Sep 2024 10:38:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[berger]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[montagne]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[ours]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[sauvage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=663</guid>

					<description><![CDATA[<p>Arpenter les plis sauvages du monde, voilà à quoi invite le troisième roman de Clara Arnaud, Et vous passerez comme des vents fous. Et à se gorger de la beauté fulgurante d&#8217;une montagne qui remet l&#8217;humain à sa place, pas si importante que cela. Paru à la rentrée 2023, récompensé- à juste titre &#8211; par [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/arpenter-les-plis-sauvages-du-monde">Arpenter les plis sauvages du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;">Arpenter les plis sauvages du monde, voilà à quoi invite le troisième roman de </span><span style="font-size: medium;">Clara Arnaud</span><span style="font-size: medium;">, </span><a href="https://actes-sud.fr/et-vous-passerez-comme-des-vents-fous" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-size: medium;"><i>Et vous passerez comme des vents</i></span> <span style="font-size: medium;"><i>fous</i></span></a><span style="font-size: medium;">. </span><span style="font-size: medium;">Et à se gorger de la beauté fulgurante d&rsquo;une montagne qui remet l&rsquo;humain à sa place, pas si importante que cela. Paru à la rentrée 2023, récompensé- à juste titre &#8211; par plusieurs prix, dont celui de l&rsquo;écologie 2024, l&rsquo;ouvrage a pour cadre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Couserans" target="_blank" rel="noopener">le Couserans</a>, une vallée très enclavée des Pyrénées. Une région très pentue, ensauvagée, que l&rsquo;écrivaine connaît bien. Après de nombreuses années passées à sillonner le monde (et à en rapporter récits de voyage et fictions), elle a posé ses sacs dans ce coin perdu qu&rsquo;elle arpente assidûment. Un territoire de troupeaux et de bergers. Un territoire d&rsquo;ours aussi. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la relation à l&rsquo;ours qui est au cœur du roman. En témoigne la photo placée en exergue, celle d&rsquo;un montreur d&rsquo;ours. Au </span><span style="font-size: medium;">XIX</span><sup><span style="font-size: medium;">e</span></sup><span style="font-size: medium;"> siècle</span><span style="font-size: medium;">, lorsque les vallées pyrénéennes étaient encore (sur)peuplées, un moyen de gagner sa vie était de capturer un ourson, de le dresser puis de partir sur les routes pour l&rsquo;exhiber&#8230; et parfois faire fortune. Ainsi fit Jules, montreur d&rsquo;ours dansant, qui connut la gloire en Amérique. Son histoire (réelle ? inventée ?) ouvre, scande et clôt le roman. Qui n&rsquo;a pourtant rien d&rsquo;historique. Rien non plus d&rsquo;une bucolique chronique pastorale ou d&rsquo;un héroïque récit de traque en montagne. Même s&rsquo;il y a de l&rsquo;action !</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Le temps d&rsquo;une saison d&rsquo;estive (du printemps à l&rsquo;automne), c&rsquo;est un drame très contemporain qui se joue là-haut dans les montagnes. Car depuis que l&rsquo;on y a réintroduit les ours, la tension monte dans le milieu des éleveurs. Nombreux sont ceux qui ne seraient pas fâchés de leur régler leur compte à coups de fusil, en particulier à une ourse impressionnante, la Negra, soupçonnée de semer la panique parmi les brebis, malgré la présence dissuasive des <a href="https://quivive.fr/pacification-de-la-montagne">patous</a>. Face à ces individus à la gâchette facile, le Centre national pour la biodiversité a fort à faire. Alma surtout, une jeune éthologue venue étudier le comportement des ours. Et essayer de montrer que, non, les ours ne <em>« prélèvent »</em> pas à tort et à travers, et qu&rsquo;il est possible qu&rsquo;ursidés et troupeaux se côtoient dans une relative sérénité. Gaspard, trentenaire comme Alma, s&rsquo;est reconverti en berger. Un berger à l&rsquo;ancienne, qui suit les préceptes enseignés par le vieux Jean et ne comprend pas toujours l&rsquo;évolution mercantiliste du métier. Le roman suit principalement ces deux personnages. Et à travers leurs yeux, leurs sensations, leurs émotions, c&rsquo;est un rapport particulier au vivant et à la nature qui émerge. Un accord intime (durement gagné) avec la montagne, un choix de vie sobre, une attention aiguë au moindre détail de ce monde que le dérèglement climatique impacte nettement, une capacité à se fondre (à se perdre ?) dans l&rsquo; <em>« irréductible mystère »</em> du sauvage. Tout cela porté par une intrigue tendue et une langue toute en sensualité lyrique. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Ce n&rsquo;est sans doute pas un hasard si le titre du livre est emprunté au poète arménien <a href="https://fasgianu.eklablog.com/impromptu-hovhannes-chiraz-a113119444" target="_blank" rel="noopener">Hovhannès Chiraz</a>. Clara Arnaud y offre une ode vibrante à la nature sauvage, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de préserver. Sinon, nous aussi, nous passerons comme des vents fous.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Fred Robert<br />
Septembre 2024<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em>Et vous passerez comme des vents fous </em>de Clara Arnaud<br />
Éditions Actes Sud, </span><span style="font-size: medium;">22,50 euros</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/arpenter-les-plis-sauvages-du-monde">Arpenter les plis sauvages du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>À la croisée des genres</title>
		<link>https://quivive.fr/a-la-croisee-des-genres</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jun 2024 06:56:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[animal]]></category>
		<category><![CDATA[chasse]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[ruralité]]></category>
		<category><![CDATA[sauvage]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=550</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec son deuxième roman, Aliène, la jeune Phoebe Hadjimarkos Clarke fait une entrée remarquée, et remarquable, dans le monde des lettres. Un roman saisissant où le bizarre surgit là où on ne l&#8217;attend pas. Un texte d&#8217;une grande originalité, et d&#8217;une force peu commune. Pourtant, au départ, rien que de très ordinaire. Une jeune femme [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/a-la-croisee-des-genres">À la croisée des genres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">Avec son deuxième roman, </span><span style="font-size: medium;"><i><b>Aliène</b></i></span><span style="font-size: medium;">, la jeune </span><span style="font-size: medium;"><b>Phoebe Hadjimarkos Clarke </b></span><span style="font-size: medium;">fait une entrée remarquée, et remarquable, dans le monde des lettres. Un roman saisissant où le bizarre surgit là où on ne l&rsquo;attend pas. Un texte d&rsquo;une grande originalité, et d&rsquo;une force peu commune.</span></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;"> Pourtant, au départ, rien que de très ordinaire. Une jeune femme est engagée comme « dogsitter » chez le père de son amie Mado, dans une bourgade rurale fictive, manière pour elle de gagner quelques sous et de se mettre au vert. Sauf que Fauvel -c&rsquo;est son prénom, du moins celui qu&rsquo;elle s&rsquo;est choisi- n&rsquo;est pas une jeune femme ordinaire. Touchée par une balle de LBD pendant une manifestation, elle a perdu un œil. Dès lors, ses sensations et son rapport au monde ont changé. Depuis toujours hantée par la peur, l&rsquo;impression d&rsquo;être traquée, encore plus depuis sa blessure, elle ressent avec une acuité extraordinaire la violence du monde, particulièrement lorsqu&rsquo;elle a trop fumé, ce qui arrive souvent. Or, de violence, le monde rural en est plein. On est loin des tendres pousses et des petits oiseaux. Ici, ce serait plutôt chasse, sang, viscères et boue. Et puis, la chienne qu&rsquo;elle doit garder n&rsquo;a rien d&rsquo;ordinaire non plus. Hannah est le clone d&rsquo;une autre Hannah, qui trône empaillée sur la cheminée de la maison ; mais, autant la première Hannah était douce, autant celle-ci est agressive, fugueuse et peut-être coupable de mutilations sur du bétail ; ce sont du moins les bruits qui courent dans le village&#8230; Fauvel et Hannah, deux aliènes donc, deux créatures marginales, farouches. Entre lesquelles va s&rsquo;établir un lien puissant. « Elle passe toute la nuit à rêver d&rsquo;Hannah, elle </span><span style="font-size: medium;"><i>est </i></span><span style="font-size: medium;">Hannah, elle aime ça, le sommeil est devenu un continent fantastique et confus où chaque nuit elle se plonge pour devenir une chienne extravaguant dans les forêts. » Et de cette étrange amitié viendra pour Fauvel une forme de libération.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Le récit emprunte à de nombreux genres. Roman social qui explore des questions contemporaines : le changement climatique, les problématiques des zones rurales, le rapport au sauvage, la chasse et la cause animale&#8230; Roman psychologique, qui offre une très fine analyse de l&rsquo;enfer de la peur et de la détestation de soi. Roman érotique parfois. Mais aussi pseudo enquête policière et frissons proches du thriller. SF également, car on y croise des extraterrestres. Et surtout récit fantastique, que le brouillard, omniprésent, dans la nature comme dans les somnolences embrumées de Fauvel, amplifie. Autant de pistes, dont Phoebe Hadjimarkos Clarke ne donne pas toujours la clé. A chacun sa lecture. Et si on s&rsquo;égare un peu, rien de grave.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Car c&rsquo;est surtout à un voyage dans les mots que l&rsquo;autrice convie. Une voix puissante parle ici, qui se joue des registres, mêle l&rsquo;argot le plus trash aux termes rares et aux envolées poétiques, selon une ponctuation inédite. Une langue impressionnante de matérialité, un rendu aigu des perceptions physiques, des sensations. Bref, une plongée agréablement inquiétante dans un univers très particulier. Et très prometteur.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">FRED ROBERT<br />
Juin 2024<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em>Aliène</em><br />
Phoebe Hadjimarkos Clarke<br />
<a href="http://www.editions-du-sous-sol.com/" target="_blank" rel="noopener">éditions du sous-sol</a>, 19,50 euros</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">L&rsquo;autrice était invitée fin mai au festival <a href="https://ohlesbeauxjours.fr" target="_blank" rel="noopener"><em>Oh les beaux jours</em></a> à Marseille. Elle a reçu en juin le <a href="https://www.radiofrance.com/presse/france-inter-phoebe-hadjimarkos-clarke-pour-son-roman-aliene-laureate-du-50eme-prix-du-livre" target="_blank" rel="noopener">Prix du Livre Inter 2024</a>.</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/a-la-croisee-des-genres">À la croisée des genres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
