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	<title>Archives des berger - Qui Vive</title>
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	<description>Le média qui pique la curiosité</description>
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		<title>Médiation en pâturages</title>
		<link>https://quivive.fr/mediation-en-paturages</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 06:43:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosystèmes]]></category>
		<category><![CDATA[Alpatous]]></category>
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		<category><![CDATA[berger]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui Vive : Comment avez-vous intégré le programme Alpatous ? Bernard Vallat : J&#8217;ai participé à la première session de formation, en 2021. Je l&#8217;ai découvert un peu par hasard, sur Internet. Je me suis toujours intéressé au pastoralisme, même si je vis en ville, car je fais beaucoup de randonnées. Quand j&#8217;ai commencé, le [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><em><b>Qui Vive : Comment avez-vous intégré le programme Alpatous ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Bernard Vallat :</strong> J&rsquo;ai participé à la première session de formation, en 2021. Je l&rsquo;ai découvert un peu par hasard, sur Internet. Je me suis toujours intéressé au pastoralisme, même si je vis en ville, car je fais beaucoup de randonnées. Quand j&rsquo;ai commencé, le loup n&rsquo;était pas encore arrivé, les troupeaux étaient plus facilement accessibles ; j&rsquo;ai souvent discuté avec les bergers et bergères de leur métier, etc&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">Un jour, j&rsquo;ai commencé à voir ces chiens de protection. Je n&rsquo;avais pas trop d&rsquo;expérience, je ne savais pas comment me comporter. Cela s&rsquo;apprend ! La formation présentait un double intérêt : à titre personnel, comprendre leur raison d&rsquo;être et la façon dont il convient de réagir quand on les rencontre ; et aussi, comme beaucoup de jeunes retraités, je cherchais un projet où m&rsquo;investir en tant que bénévole.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Vous avez suivi le retour du loup, dans les années 1990, et sa progression en France ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Je m&rsquo;intéresse aussi au loup, je fais partie, depuis 2021 également, du <a href="https://www.loupfrance.fr/suivi-du-loup/reseau-loup-lynx/" target="_blank" rel="noopener">Réseau Loup Lynx</a>, qui opère un suivi des populations, piloté par l&rsquo;<a href="https://www.ofb.gouv.fr/" target="_blank" rel="noopener">Office français de la biodiversité</a>. L&rsquo;OFB a également besoin de bénévoles, pour récolter des indices de présence.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Comment se passe la formation Alpatous ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Elle se déroule sur deux journées, vendredi et samedi, pour permettre aux salariés de ne poser qu&rsquo;un jour d&rsquo;absence afin d&rsquo;y assister. D&rsquo;abord un temps théorique, en salle, avec des intervenants de l&rsquo;OFB, sur la biologie et la vie sociale du loup ; la <a href="https://www.alpes-de-haute-provence.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Direction-departementale-des-territoires" target="_blank" rel="noopener">Direction départementale des territoires, souvent celle des Alpes-de-Haute-Provence</a>, sur les aspects réglementaires, les aides, indemnisations ; le <a href="https://cerpam.com/" target="_blank" rel="noopener">Centre d&rsquo;études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée</a>, concernant le pastoralisme ; et l&rsquo;<a href="https://idele.fr/" target="_blank" rel="noopener">Institut de l&rsquo;élevage</a>, qui facilite la mise en place des chiens de protection chez les éleveurs. Puis le samedi après-midi, une visite sur le terrain, auprès d&rsquo;un troupeau.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Ensuite, vous êtes opérationnels ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">En 2021, nous avons un peu essuyé les plâtres du programme. Il y avait une mise en pratique individuelle. Depuis, il y a eu des améliorations, par exemple depuis 2023, FNE a prévu des jeux de rôle durant la formation, pour permettre aux bénévoles de se familiariser avec la rencontre des usagers de la montagne. Une personne du groupe incarne un randonneur ou un vttiste, et l&rsquo;objectif est de se préparer à lui apporter des informations sur la présence et le rôle des patous, comment interagir avec eux. Initialement, on travaillait un peu de manière isolée, chacun à proximité de chez lui. Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est différent, la responsable du programme propose des sorties en groupe de cinq ou six personnes. On essaie de couvrir les six départements de Paca.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Est-ce que les bénévoles d&rsquo;Alpatous sont plutôt des retraités, comme vous, ou y a-t-il aussi des jeunes ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Cette année je ne sais pas, mais sur les formations précédentes, les participants étaient d&rsquo;âges et de profils variés. Depuis 2022 des professionnels sont aussi présents (guides, accompagnateurs en montagne, agents ou bénévoles des parcs régionaux). Le programme fonctionne bien, depuis 2023 il a été étendu à la région AURA, piloté par FNE Ain.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><strong>À quel rythme faites-vous des sorties de sensibilisation ?</strong></em></p>
<p align="JUSTIFY">On planifie en moyenne une sortie de groupe par semaine, parfois tous les 15 jours. J&rsquo;en fais par ailleurs moi-même à titre personnel, d&rsquo;avril à septembre, quand les troupeaux sont de sortie, chez moi dans le Vaucluse. Dans les Alpes, les grosses périodes de fréquentation des massifs sont plus concentrées sur juillet-août.</p>
<div id="attachment_1428" style="width: 1040px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1428" class="wp-image-1428 size-large" title="Troupeau en altitude - Alpes © Geneviève Barrillon" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-1030x338.jpg" alt="Troupeau en altitude - Alpes © Geneviève Barrillon" width="1030" height="338" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-1030x338.jpg 1030w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-300x99.jpg 300w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-768x252.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-1536x504.jpg 1536w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-1500x493.jpg 1500w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-705x231.jpg 705w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon-1320x433.jpg 1320w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/troupeau-en-altitude-Alpes-©-Genevieve-Barrillon.jpg 1800w" sizes="(max-width: 1030px) 100vw, 1030px" /></a><p id="caption-attachment-1428" class="wp-caption-text">Troupeau en altitude &#8211; Alpes © Geneviève Barrillon</p></div>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Comment se passent les interactions avec les usagers de la montagne ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Personnellement, je n&rsquo;ai jamais rencontré de personnes agressives. Une très faible minorité ne sont pas intéressés, auquel cas nous n&rsquo;insistons pas, mais les gens sont plutôt réceptifs. Souvent, ils n&rsquo;ont aucune notion de ce qu&rsquo;est le pastoralisme, et encore moins des chiens de protection, donc ils sont curieux. Cela les rassure que nous leur transmettions les bonnes attitudes [ ndlr : rester calme, passer son chemin et contourner largement le troupeau sans courir, éviter les gestes brusques, ne pas leur donner à manger ou tenter de les caresser ]. Nous leur expliquons que le travail de ces chiens est la dissuasion, ce n&rsquo;est pas de la défense ou de l&rsquo;attaque.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Quelle est la nuance ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Leur but est de décourager toute menace sur le troupeau. Certains considèrent qu&rsquo;un chien qui avance vers eux en aboyant les agresse, alors que c&rsquo;est leur fonction. Ils ne viennent pas pour mordre, mais pour faire comprendre au passant qu&rsquo;il ne faut pas rester là. J&rsquo;ai rencontré une fois une personne qui s&rsquo;était fait mordre, mais elle m&rsquo;a avoué après coup qu&rsquo;elle avait traversé le troupeau, sans tenir compte de l&rsquo;avertissement. Ce qu&rsquo;il ne faut surtout pas faire !</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>C&rsquo;est gratifiant, cette mission ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Oui, beaucoup de gens nous remercient. Avec les éleveurs, c&rsquo;était un peu compliqué au début, dans la mesure où FNE a plutôt une image d&rsquo;association « pro-loup », ce qui ne leur plaisait pas forcément. Mais ceux que j&rsquo;ai rencontrés récemment sont plus participatifs. Ils sont conscients que ces chiens posent des problèmes, certains se sont retrouvés au tribunal suite à une mauvaise rencontre de randonneurs avec un patou. En conséquence, ils les sociabilisent plus. Ce sont des chiens totalement autonomes, quand ils sont au troupeau, ils réagissent aux stimulis ; même si le berger est présent, il ne peut généralement pas les rappeler. Aussi on ne parle pas de dressage, mais d&rsquo;éducation, pour qu&rsquo;ils ne considèrent pas les humains comme une menace.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Et donc les éleveurs perçoivent vos interventions d&rsquo;un meilleur œil ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Ils y sont plus favorables à présent, car ils comprennent que plus nombreuses seront les personnes informées des bonnes attitudes à adopter, moins il y aura de problèmes. Depuis 2020, notamment suite au Covid, il y a beaucoup plus de monde en montagne, les gens ont besoin de nature. L&rsquo;objectif principal du programme est que les différents usagers cohabitent bien.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Avec ce recul de quatre ans écoulés, vous en concluez que le programme est pertinent ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Je pense qu&rsquo;il l&rsquo;est, en effet. Ces deux dernières années, j&rsquo;ai rencontré sur les sentiers plusieurs adeptes de la bombe au poivre, qui craignaient les chiens de protection et n&rsquo;auraient pas hésité à s&rsquo;en servir « en cas d&rsquo;urgence ». Je peux partager l&rsquo;histoire d&rsquo;un randonneur qui s&rsquo;en est servi contre un patou, dans le 04 il y a quelques temps. Cela a rendu le chien plus agressif avec les personnes qui sont passées après. Ils sont comme nous, ils mémorisent ! Même un animal plutôt calme peut devenir agressif dans ces circonstances. La bombe au poivre est contre-productive.</p>
<p align="JUSTIFY">Propos recueillis par Gaëlle Cloarec, le 24 avril 2025</p>
<div id="attachment_1429" style="width: 228px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/Bernard-Vallat-©-XDR.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1429" class="wp-image-1429 size-medium" title="Bernard Vallat © XDR" src="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/Bernard-Vallat-©-XDR-218x300.jpg" alt="Bernard Vallat © XDR" width="218" height="300" srcset="https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/Bernard-Vallat-©-XDR-218x300.jpg 218w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/Bernard-Vallat-©-XDR-747x1030.jpg 747w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/Bernard-Vallat-©-XDR-768x1058.jpg 768w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/Bernard-Vallat-©-XDR-512x705.jpg 512w, https://quivive.fr/wp-content/uploads/2025/04/Bernard-Vallat-©-XDR.jpg 1000w" sizes="(max-width: 218px) 100vw, 218px" /></a><p id="caption-attachment-1429" class="wp-caption-text">Bernard Vallat © XDR</p></div>
<p align="JUSTIFY">Lire aussi notre <a href="https://quivive.fr/pacification-de-la-montagne">entretien avec Justine Poncet</a>, responsable du programme Alpatous chez FNE Paca.</p>
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		<title>Arpenter les plis sauvages du monde</title>
		<link>https://quivive.fr/arpenter-les-plis-sauvages-du-monde</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Sep 2024 10:38:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[berger]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Arpenter les plis sauvages du monde, voilà à quoi invite le troisième roman de Clara Arnaud, Et vous passerez comme des vents fous. Et à se gorger de la beauté fulgurante d&#8217;une montagne qui remet l&#8217;humain à sa place, pas si importante que cela. Paru à la rentrée 2023, récompensé- à juste titre &#8211; par [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;">Arpenter les plis sauvages du monde, voilà à quoi invite le troisième roman de </span><span style="font-size: medium;">Clara Arnaud</span><span style="font-size: medium;">, </span><a href="https://actes-sud.fr/et-vous-passerez-comme-des-vents-fous" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-size: medium;"><i>Et vous passerez comme des vents</i></span> <span style="font-size: medium;"><i>fous</i></span></a><span style="font-size: medium;">. </span><span style="font-size: medium;">Et à se gorger de la beauté fulgurante d&rsquo;une montagne qui remet l&rsquo;humain à sa place, pas si importante que cela. Paru à la rentrée 2023, récompensé- à juste titre &#8211; par plusieurs prix, dont celui de l&rsquo;écologie 2024, l&rsquo;ouvrage a pour cadre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Couserans" target="_blank" rel="noopener">le Couserans</a>, une vallée très enclavée des Pyrénées. Une région très pentue, ensauvagée, que l&rsquo;écrivaine connaît bien. Après de nombreuses années passées à sillonner le monde (et à en rapporter récits de voyage et fictions), elle a posé ses sacs dans ce coin perdu qu&rsquo;elle arpente assidûment. Un territoire de troupeaux et de bergers. Un territoire d&rsquo;ours aussi. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la relation à l&rsquo;ours qui est au cœur du roman. En témoigne la photo placée en exergue, celle d&rsquo;un montreur d&rsquo;ours. Au </span><span style="font-size: medium;">XIX</span><sup><span style="font-size: medium;">e</span></sup><span style="font-size: medium;"> siècle</span><span style="font-size: medium;">, lorsque les vallées pyrénéennes étaient encore (sur)peuplées, un moyen de gagner sa vie était de capturer un ourson, de le dresser puis de partir sur les routes pour l&rsquo;exhiber&#8230; et parfois faire fortune. Ainsi fit Jules, montreur d&rsquo;ours dansant, qui connut la gloire en Amérique. Son histoire (réelle ? inventée ?) ouvre, scande et clôt le roman. Qui n&rsquo;a pourtant rien d&rsquo;historique. Rien non plus d&rsquo;une bucolique chronique pastorale ou d&rsquo;un héroïque récit de traque en montagne. Même s&rsquo;il y a de l&rsquo;action !</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Le temps d&rsquo;une saison d&rsquo;estive (du printemps à l&rsquo;automne), c&rsquo;est un drame très contemporain qui se joue là-haut dans les montagnes. Car depuis que l&rsquo;on y a réintroduit les ours, la tension monte dans le milieu des éleveurs. Nombreux sont ceux qui ne seraient pas fâchés de leur régler leur compte à coups de fusil, en particulier à une ourse impressionnante, la Negra, soupçonnée de semer la panique parmi les brebis, malgré la présence dissuasive des <a href="https://quivive.fr/pacification-de-la-montagne">patous</a>. Face à ces individus à la gâchette facile, le Centre national pour la biodiversité a fort à faire. Alma surtout, une jeune éthologue venue étudier le comportement des ours. Et essayer de montrer que, non, les ours ne <em>« prélèvent »</em> pas à tort et à travers, et qu&rsquo;il est possible qu&rsquo;ursidés et troupeaux se côtoient dans une relative sérénité. Gaspard, trentenaire comme Alma, s&rsquo;est reconverti en berger. Un berger à l&rsquo;ancienne, qui suit les préceptes enseignés par le vieux Jean et ne comprend pas toujours l&rsquo;évolution mercantiliste du métier. Le roman suit principalement ces deux personnages. Et à travers leurs yeux, leurs sensations, leurs émotions, c&rsquo;est un rapport particulier au vivant et à la nature qui émerge. Un accord intime (durement gagné) avec la montagne, un choix de vie sobre, une attention aiguë au moindre détail de ce monde que le dérèglement climatique impacte nettement, une capacité à se fondre (à se perdre ?) dans l&rsquo; <em>« irréductible mystère »</em> du sauvage. Tout cela porté par une intrigue tendue et une langue toute en sensualité lyrique. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Ce n&rsquo;est sans doute pas un hasard si le titre du livre est emprunté au poète arménien <a href="https://fasgianu.eklablog.com/impromptu-hovhannes-chiraz-a113119444" target="_blank" rel="noopener">Hovhannès Chiraz</a>. Clara Arnaud y offre une ode vibrante à la nature sauvage, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de préserver. Sinon, nous aussi, nous passerons comme des vents fous.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Fred Robert<br />
Septembre 2024<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em>Et vous passerez comme des vents fous </em>de Clara Arnaud<br />
Éditions Actes Sud, </span><span style="font-size: medium;">22,50 euros</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pacification de la montagne</title>
		<link>https://quivive.fr/pacification-de-la-montagne</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 May 2024 13:57:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Autour de nous]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui Vive : Voulez-vous vous présenter, et nous dire quelles sont vos fonctions ? Justine Poncet : Je m&#8217;appelle Justine Poncet. Salariée de France Nature Environnement dans les Alpes de Haute-Provence, je suis coordinatrice de l&#8217;association, mais je aussi chargée de projets. Notamment du programme Alpatous, qui se déploie au niveau régional en Provence-Alpes-Côte d&#8217;Azur [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><em><b>Qui Vive : Voulez-vous vous présenter, et nous dire quelles sont vos fonctions ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Justine Poncet :</strong> Je m&rsquo;appelle Justine Poncet. Salariée de France Nature Environnement dans les Alpes de Haute-Provence, je suis coordinatrice de l&rsquo;association, mais je aussi chargée de projets. Notamment du <a href="https://fnepaca.fr/actualites/formation-alpatous" target="_blank" rel="noopener">programme Alpatous</a>, qui se déploie au niveau régional en Provence-Alpes-Côte d&rsquo;Azur (PACA), et désormais en Auvergne-Rhône-Alpes (AURA).</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>En quoi consiste ce programme Alpatous ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">C&rsquo;est une formation, sur deux jours, de bénévoles qui souhaitent s&rsquo;investir pour la cohabitation avec le loup. Elle est mise en place depuis 2021, avec la participation de l&rsquo;État, l&rsquo;<a href="https://www.ofb.gouv.fr/" target="_blank" rel="noopener">Office Français de la Biodiversité</a> et la <a href="https://www.bouches-du-rhone.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Les-directions-departementales/Les-directions-departementales" target="_blank" rel="noopener">DTT</a>, mais aussi le monde agricole avec l&rsquo;<a href="https://idele.fr/" target="_blank" rel="noopener">Institut de l&rsquo;élevage</a> et le <a href="https://cerpam.com/" target="_blank" rel="noopener">CERPAM</a>. Cela nous tient à cœur que chacun soit représenté, avec tous les sons de cloche, pour que la parole soit transparente et la plus impartiale possible.</p>
<p align="JUSTIFY"><b><em>À l&rsquo;issue de ces deux jours, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on demande aux bénévoles ?</em> </b></p>
<p align="JUSTIFY">C&rsquo;est d&rsquo;aller sensibiliser le plus de monde possible aux gestes à adopter face aux chiens de protection, qu&rsquo;on appelle souvent <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_de_montagne_des_Pyr%C3%A9n%C3%A9es" target="_blank" rel="noopener">patou</a>, même s&rsquo;il existe d&rsquo;autres espèces. Ils sont relativement nouveaux sur le territoire, parce qu&rsquo;ils constituent l&rsquo;un des meilleurs moyens de protection contre le loup [revenu en 1993 par les Alpes, ndlr]. Les usagers de la montagne n&rsquo;en ont pas encore l&rsquo;habitude et parfois, leur présence engendre des conflits, des tensions. Donc ils vont aller expliquer comment faire pour que ça se passe bien avec ces chiens-là, qui peuvent faire peur.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Ils vont à la rencontre des promeneurs ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Cela peut être, effectivement, sur leur temps de randonnée, ou bien lors de projections, débats, s&rsquo;ils tiennent des stands, voire sur un parking, au début d&rsquo;un sentier, sur un point de vue. Ils décident. Nous aussi, salariés, effectuons des sensibilisations. Nous sommes en lien avec le plus de partenaires possibles, pour être complémentaires : Ferus, WWF, les parcs régionaux, nationaux, les collectivités, etc.. On reste en lien, on se tient informés, pour aller là où les besoins se font sentir.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Comment les bénévoles peuvent-ils faire pour s&rsquo;engager ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Ils contactent n&rsquo;importe quelle antenne de <a href="https://fne.asso.fr/" target="_blank" rel="noopener">France Nature Environnement</a>, qui va les orienter vers la bonne personne, en charge du programme Alpatous. Ils peuvent s&rsquo;inscrire, c&rsquo;est totalement gratuit. Nous leur demandons au moins une sensibilisation par an, quand ils le peuvent.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Par qui ce programme est-il financé ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Nous allons chercher des financements tous les ans, on se bat ! On a réussi à le lancer en 2021 grâce à la Fondation Albert II de Monaco. Ensuite, d&rsquo;autres fondations nous ont suivis. Cette année, on a la Poule Rousse et Patagonia. On a eu aussi 1% pour la planète et Terre d&rsquo;Oc. Bref, pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est surtout grâce au privé que ça vit.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Pas de soutiens publics ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Désormais, la DREAL AURA nous suit, parce que c&rsquo;est eux qui ont la compétence sur le loup et pas la DREAL PACA. Nous espérons que ce partenariat public s&rsquo;amplifie, parce que maintenant, on organise des formations dans chacune des deux régions, pour que toutes les Alpes françaises soient couvertes par le programme Alpatous.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, parle de revenir sur le statut d&rsquo;espèce protégée du loup. Qu&rsquo;en pensez-vous ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Je trouve cela vraiment minable, parce que la motivation de cette dame, c&rsquo;est son <a href="https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/son-poney-tue-par-un-loup-ursula-von-der-leyen-veut-des-mesures-contre-le-reel-danger-des-meutes-en-europe-2834315.html" target="_blank" rel="noopener">poney qui s&rsquo;est fait manger</a>. D&rsquo;un coup, elle a découvert une problématique et a lancé toute une opération qui, démagogiquement parlant, a peut-être un intérêt, mais qui, sur le terrain, ne changera pas grand-chose. Il y a déjà des dérogations sur la destruction d&rsquo;espèces protégées concernant le loup. Alors, qu&rsquo;est-ce que cela changera pour les éleveurs, pour les bergers en montagne qui se font prédater la nuit, le jour, leurs troupeaux ? Rien, parce qu&rsquo;on ne va pas l&rsquo;éradiquer, il est là pour rester. Par contre, cela affaiblira la préservation de l&rsquo;environnement et de la biodiversité.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Comment se passent les choses au niveau national ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">On pourrait espérer qu&rsquo;on ne refasse pas les mêmes erreurs qu&rsquo;au retour du loup dans les années 90-2000. Il a été très mal accompagné, les éleveurs ont un peu été laissés tout seuls face à cette prédation. Aujourd&rsquo;hui, sur les « <a href="https://www.loupfrance.fr/point-de-situation-sur-le-front-de-colonisation-du-loup-en-france/" target="_blank" rel="noopener">fronts de recolonisation</a> », on pourrait se dire « bon, on sait à peu près comment faire, ou ce qu&rsquo;il ne faut pas faire, formons-les, mettons en place tout ce qu&rsquo;il faut ». Mais ce n&rsquo;est pas vraiment ce qu&rsquo;il se passe ! Ou alors très anecdotiquement, grâce à des associations, quelques collectifs pastoraux ou même des syndicats agricoles parfois. Mais ce n&rsquo;est pas du tout politiquement et publiquement structuré, avec une volonté et des moyens.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>L&rsquo;expérience n&rsquo;a pas servi.</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Oui, et c&rsquo;est extrêmement dommage parce qu&rsquo;on attend que ça se passe mal sur les fronts de recolonisation, que les gens s&rsquo;énervent, et on recommence un peu plus loin les mêmes erreurs !</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Le dialogue s&rsquo;est durci entre pro et anti-loups ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Jusqu&rsquo;en 2017, 2018, FNE pouvait pas mal discuter avec différents collectifs, syndicats, représentants agricoles, sur nombre de sujets. Après, ça s&rsquo;est fortement tendu, à cause du loup. Dans des instances qui avaient rien à voir, par exemple sur les questions relatives à l&rsquo;eau, l&rsquo;alimentation, les pesticides, on était considérés comme pro-loup, donc certains refusaient de parler avec nous. Cela fermait le dialogue absolument sur tout.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Est-ce que cela évolue tout de même ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Grâce à Alpatous, et pour plein d&rsquo;autres raisons, on réussit à renouer le dialogue au fur et à mesure en montrant qu&rsquo;en fait, à d&rsquo;autres endroits, ça se passe bien. Enfin, nous, on n&rsquo;en a jamais douté une seule seconde de l&rsquo;importance de se parler ! Ce n&rsquo;est pas encore super détendu, mais cela va dans le bon sens.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Vous gardez espoir ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Oui, je ne serais pas dans une association comme FNE, si je n&rsquo;avais plus d&rsquo;espoir ! Je pense qu&rsquo;un jour, cela s&rsquo;apaisera d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, même s&rsquo;il y aura toujours des points de désaccord. Mais avec les nouvelles générations d&rsquo;éleveurs, de bergers, avec les retours d&rsquo;expérience, avec la faculté qu&rsquo;a le loup de recoloniser ses espaces naturels, de s&rsquo;adapter&#8230; Je pense que ça va beaucoup, beaucoup aider parce qu&rsquo;à un moment, il sera partout en France. Et on vivra avec lui, d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre ; tout le monde vivra avec lui.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Les populations de loups se régulent elles-mêmes, selon les scientifiques.</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Tout à fait, sa population se régule naturellement, par deux facteurs. Le premier étant le nombre de proies disponibles. La majorité de son régime alimentaire, quand on étudie les déjections, est constituée de proies sauvages, des ongulés essentiellement, des sangliers&#8230; Si elles ne sont pas assez nombreuses, il va ailleurs. Ensuite, il ne peut pas y avoir trop de loups en rivalité sur un territoire ; les jeunes se dispersent, et une auto-régulation des naissances survient. Cela fonctionne pour le loup comme pour plein d&rsquo;autres grands prédateurs, leur surpopulation est impossible.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Qu&rsquo;est-ce qui motive vos bénévoles ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Il faudrait le leur demander ! En tout cas, de ce que je sais, la première entrée quand ils viennent vers nous est la protection du loup. Ensuite, avec la formation, et c&rsquo;est pour ça qu&rsquo;on invite cette diversité d&rsquo;acteurs, ils se rendent compte de la complexité du sujet. Ils comprennent les problématiques de l&rsquo;élevage face à la prédation, ce que cela change du métier, ce qu&rsquo;on demande à la société. Ils nous disent « moi aussi je dois faire ma part, puisque je veux que le loup soit présent, je veux le retour de la biodiversité, donc je vais participer, faire des efforts pour que la charge ne repose pas exclusivement sur le berger, l&rsquo;éleveur ou l&rsquo;agent de l&rsquo;Office français de la biodiversité ». Les usagers de la montagne qui sont là pour leurs loisirs et qui parfois sont contraints, par la présence des patous, doivent aussi être entendus.</p>
<p align="JUSTIFY"><em><b>Il semble que vous n&rsquo;ayez pas de mal à trouver des éleveurs pour vous accueillir avec vos bénévoles. Mais quelles sont les relations avec les chasseurs ?</b></em></p>
<p align="JUSTIFY">Il n&rsquo;y en a pas. Parce que les seuls moments de rencontre sont les commissions de la chasse et de la faune sauvage, donc évidemment pas les lieux les plus propices au dialogue constructif. Chacun a des choses à défendre, souvent contradictoires. Est-ce que personne n&rsquo;a envie de se rapprocher ? Je ne sais pas. En tout cas nous n&rsquo;avons pas de projets qui demandent à ce qu&rsquo;on soit en lien. Peut-être plus tard, qui sait, nous on n&rsquo;est jamais fermés, donc si on nous assure qu&rsquo;il puisse y avoir du dialogue et qu&rsquo;on s&rsquo;écoute, avec grand plaisir.</p>
<p align="JUSTIFY">Propos recueillis par Gaëlle Cloarec,<br />
le 9 avril 2024</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/pacification-de-la-montagne">Pacification de la montagne</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
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