<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Fred Robert, auteur/autrice sur Qui Vive</title>
	<atom:link href="https://quivive.fr/author/fred-robert/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://quivive.fr</link>
	<description>Le média qui pique la curiosité</description>
	<lastBuildDate>Thu, 09 Apr 2026 07:36:53 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>
	<item>
		<title>Histoires d&#8217;eau</title>
		<link>https://quivive.fr/histoires-deau</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 06:54:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Aqua]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[Éditions de l'Observatoire]]></category>
		<category><![CDATA[Gaspard Koenig]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=3578</guid>

					<description><![CDATA[<p>À 43 ans, Gaspard Kœnig est essayiste, philosophe ; il a été « plume » au sein du cabinet de Christine Lagarde, homme politique aussi, et compte déjà une vingtaine d&#8217;ouvrages à son actif. C&#8217;est pourtant le genre romanesque, tendance roman naturaliste à la Zola, qui semble aujourd&#8217;hui avoir ses faveurs. Un genre qui, sous [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/histoires-deau">Histoires d&rsquo;eau</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY">À 43 ans, Gaspard K<span id="_51bXaZK2NNSYkdUPhfzSwAw_63" class="K6pdKd wtBS9">œ</span>nig est essayiste, philosophe ; il a été « plume » au sein du cabinet de Christine Lagarde, homme politique aussi, et compte déjà une vingtaine d&rsquo;ouvrages à son actif. C&rsquo;est pourtant le genre romanesque, tendance roman naturaliste à la Zola, qui semble aujourd&rsquo;hui avoir ses faveurs. Un genre qui, sous couvert de fiction, permet d&rsquo;aborder les enjeux sociaux et politiques les plus contemporains ; qui, en mettant en scène une galerie de personnages aux opinions et aux modes de vie divers, voire divergents, évite les visions binaires et les jugements hâtifs. Comment retrouver la part de légende, la sensualité de l&rsquo;eau lorsque celle-ci est gérée par des technocrates hors-sol ? Que faire lorsque cette ressource vitale se raréfie ?</p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">En quelque 440 pages, K<span id="_51bXaZK2NNSYkdUPhfzSwAw_63" class="K6pdKd wtBS9">œ</span>nig pose ces questions, sans forcément apporter de réponses définitives, &#8211; et c&rsquo;est très bien : au lecteur de s&rsquo;interroger et de se forger une opinion. Alors, si on ne craint pas de plonger, de se laisser glisser dans le courant et d&rsquo;en suivre les méandres, on prend grand plaisir à ce récit aux multiples facettes, qui mêle mythes, sciences, vie rurale, enjeux écologiques, agriculture intensive, politiques locale et nationale, histoires individuelles&#8230;</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Il se déroule pour la majeure partie dans le bocage normand. Une région que l&rsquo;auteur connaît bien puisqu&rsquo;il s&rsquo;est installé à la campagne depuis son grand virage écologiste des années 2020 <span class="BxUVEf ILfuVd" lang="fr"><span class="hgKElc pOOWX">[ </span></span>NDLR : un virage relatif, puisqu&rsquo;en adepte de la philosophie libérale, sa pensée reste compatible avec notion de progrès et capitalisme <span class="BxUVEf ILfuVd" lang="fr"><span class="hgKElc pOOWX">]</span></span>. Il y a d&rsquo;ailleurs sans doute pas mal de lui dans le personnage de Martin Jobard (sic !), un des protagonistes principaux. Celui-ci, natif de Saint-Firmin et devenu haut fonctionnaire à Paris, décide de revenir dans son fief natal afin de succéder à la mairie du village à son oncle, le vieux Jobard (re-sic !), un agriculteur à l&rsquo;ancienne, peu regardant sur l&rsquo;usage des polluants et les captations sauvages. Mais c&rsquo;est sans compter avec Maria, une anthropologue spécialiste des communs, devenue tenancière de l&rsquo;épicerie bio-locale-solidaire, qui brigue elle aussi cette fonction, afin de protéger la source traditionnelle du village. Las, lorsque l&rsquo;eau vient à manquer, tout se complique. Mésaventures préfectorales, rivalités, haines recuites, relents racistes jaillissent. Heureusement, on relève aussi pas mal d&rsquo;humour, des scènes et des dialogues cocasses, des personnages très incarnés, beaucoup d&rsquo;autodérision de la part d&rsquo;un auteur qui sait visiblement de quoi il retourne, et, étonnamment, quelques raisons de garder espoir. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Bref, un bon gros roman qui, comme ceux du XIX<sup>e</sup>, aide à penser notre époque et nos façons d&rsquo;habiter le monde. Afin que, peut-être, nous soyons plus soucieux de nos biens communs et de leur partage équitable.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Fred Robert, le 9 avril 2026</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;"><i>Aqua</i><br />
</span><span style="font-size: medium;">Gaspard K<span id="_51bXaZK2NNSYkdUPhfzSwAw_63" class="K6pdKd wtBS9">œ</span>nig<br />
</span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">É</span>ditions de l&rsquo;Observatoire, 23 euros</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Et à (re)lire, <i>Humus,</i><i><b> </b></i>coll. J&rsquo;ai Lu</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/histoires-deau">Histoires d&rsquo;eau</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Il était trois fois</title>
		<link>https://quivive.fr/il-etait-trois-fois</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 15:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[forêt]]></category>
		<category><![CDATA[Laurine Roux]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=2865</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois fois la colère, le titre claque. Comme claque celui de la maison à laquelle Laurine Roux reste fidèle depuis ses débuts : les Éditions du Sonneur. Elle a bien raison car l&#8217;objet-livre en jette. Trois tiges d&#8217;ortie, l&#8217;une vert forêt, l&#8217;autre violette, la dernière pourpre, partent à l&#8217;assaut de la couverture vert gazon. Trois [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/il-etait-trois-fois">Il était trois fois</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Trois fois la colère</em>, le titre claque. Comme claque celui de la maison à laquelle Laurine Roux reste fidèle depuis ses débuts : les <a href="https://www.editionsdusonneur.com/auteur/laurine-roux/" target="_blank" rel="noopener">Éditions du Sonneur</a>. Elle a bien raison car l&rsquo;objet-livre en jette. Trois tiges d&rsquo;ortie, l&rsquo;une vert forêt, l&rsquo;autre violette, la dernière pourpre, partent à l&rsquo;assaut de la couverture vert gazon. Trois tiges comme trois rejetons de la même souche. Les orties jalonnent chaque partie du roman, qui semble mu par une poussée végétale irrésistible, de la racine au drageon. Elles ponctuent chaque respiration du texte. Comme autant d&rsquo;aiguillons qui taraudent les personnages et le lecteur.</p>
<p>On est happé par ce récit mené tambour battant dès le prologue. Celui-ci met en scène la chevauchée éperdue d&rsquo;une jeune fille, Miou. Elle trimballe dans un sac la tête de l&rsquo;homme qu&rsquo;elle a décapité, Hugon le Terrible, son grand-père. Cela commence fort ! Pourquoi a-t-elle agi ainsi ? Pourquoi galope-t-elle vers le château de Bure avec son sinistre trophée ? L&rsquo;histoire qui suit permettra de comprendre ce geste de vengeance et de réparation. Ce serait dommage de divulgâcher. On ne le fera donc pas. Qu&rsquo;on sache seulement qu&rsquo;intrigues, violences, secrets de famille, scènes de torture et batailles ne manquent pas dans ce roman épique que Laurine Roux dit avoir écrit sur le tempo de la célèbre série <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Game_of_Thrones" target="_blank" rel="noopener">Game of Thrones</a>. Le temps des croisades lui a fourni un décor parfait pour aborder par le biais de la fiction certaines questions actuelles qui tournaient dans sa tête : celles de la justice, de la domination masculine, de « <em>la place utile de la violence</em> ».</p>
<p>Et puis, dans ce tourbillon de brutalité, il reste des moments de tendresse, des figures sensibles et généreuses, des havres de paix. Comme autant de lueurs dans l&rsquo;obscurité. La forêt, véritable personnage de ce conte, abondamment et superbement évoquée, est ici un lieu de ressource, d&rsquo;enchantement. Laurine Roux adresse d&rsquo;ailleurs ses remerciements « <em>aux montagnes des Hautes-Alpes, aux forêts, aux fantômes, et aux mondes imaginaires, refuges dans le chaos.</em> » Un bel hommage à la nature vivante et sauvage de sa région et à tous les possibles qu&rsquo;offre la littérature.</p>
<p>FRED ROBERT</p>
<p>Le 3 novembre 2025</p>
<p><em>Trois fois la colère </em>de Laurine Roux<br />
Éditions du Sonneur, 20 euros</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/il-etait-trois-fois">Il était trois fois</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Au cœur du sauvage</title>
		<link>https://quivive.fr/au-coeur-du-sauvage</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jun 2025 16:51:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Eowyn Ivey]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[montagne]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[ours]]></category>
		<category><![CDATA[sauvage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=1750</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Américaine Eowyn Ivey vit en Alaska avec sa famille. Elle connaît bien ce territoire farouche, qui servait déjà de décor à son premier ouvrage, L&#8217;enfant de neige, best-seller paru en 2012, finaliste du prestigieux prix Pulitzer, et désormais disponible dans la collection Totem des éditions Gallmeister. De cette histoire à la lisière du surnaturel, on [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/au-coeur-du-sauvage">Au cœur du sauvage</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Américaine Eowyn Ivey vit en Alaska avec sa famille. Elle connaît bien ce territoire farouche, qui servait déjà de décor à son premier ouvrage, <a href="https://gallmeister.fr/livres/743/ivey-eowyn-l-enfant-de-neige" target="_blank" rel="noopener"><em>L&rsquo;enfant de neige</em></a>, best-seller paru en 2012, finaliste du prestigieux prix Pulitzer, et désormais disponible dans la collection Totem des éditions Gallmeister. De cette histoire à la lisière du surnaturel, on retrouve certains échos dans <a href="https://gallmeister.fr/livres/740/ivey-eowyn-une-histoire-d-ours" target="_blank" rel="noopener"><em>Une histoire d&rsquo;ours</em></a>. Tant de légendes circulent dans le Grand Nord autour des ours et des grizzlis&#8230;</p>
<p>Difficile de résumer ce roman sensible, émouvant, tout à la fois chronique familiale, histoire d&rsquo;amour et conte fantastique. En écrire trop romprait le charme et surtout gâcherait certaines surprises de l&rsquo;intrigue. On peut tout de même tenter l&rsquo;aventure, comme le fait Birdie, l&rsquo;une des protagonistes principales. Birdie donc est une mère célibataire, affranchie et débrouillarde mais un peu paumée. Elle élève seule sa fillette Emaleen. Toutes deux vivent dans un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lodge_(h%C3%B4tellerie)" target="_blank" rel="noopener">lodge</a> au bord de la rivière Wolverine, avec vue sur les montagnes. Birdie travaille au bar de Della, mais elle ronge son frein. Elle sent que sa vraie place n&rsquo;est pas là, à servir des verres, et à en boire aussi, souvent trop. L&rsquo;arrivée d&rsquo;Arthur, un drôle de type taciturne, tellement différent des hommes qu&rsquo;elle a l&rsquo;habitude de côtoyer, va tout changer. Lui vit en ermite dans une cabane perdue dans les montagnes, de l&rsquo;autre côté de la rivière, juste à l&rsquo;endroit dont Birdie rêve durant ses pauses, là où se trouve « <em>la vraie nature sauvage</em> ».</p>
<p>Il ne faut pas longtemps à la jeune femme pour accepter d&rsquo;aller s&rsquo;installer là-bas avec Emaleen. Pour commencer, enfin, une nouvelle vie, vraiment libre, affranchie des contraintes de temps, en harmonie avec la nature, quelles que soient les difficultés matérielles qu&rsquo;il faudra affronter. Tout vaut mieux qu&rsquo;une existence routinière, sans relief. Et puis il y a cette attraction puissante pour Arthur, « <em>une sensation qu&rsquo;elle avait toujours adorée -se trouver sur cette frontière infime entre l&rsquo;excitation et la peur.</em> » Bref, d&rsquo;un coup d&rsquo;aile (grâce au petit avion de Warren, le père adoptif d&rsquo;Arthur), les voici embarquées au cœur de la nature sauvage&#8230; Elles y connaîtront des moments de bonheur intense, des drames aussi&#8230;</p>
<p>On plonge en frémissant dans ce récit d&rsquo;une grande humanité, qui sonde les rapports amoureux et aussi le lien puissant d&rsquo;une petite fille sagace avec sa mère. Quant à la nature, omniprésente, elle n&rsquo;est pas enjolivée. Et c&rsquo;est tant mieux. La sublime beauté de certains paysages, l&rsquo;éclat modeste des petites fleurs de la toundra, le jaillissement d&rsquo;un ruisseau, le saut d&rsquo;une truite ou d&rsquo;un saumon, le passage furtif d&rsquo;un caribou&#8230;, n&rsquo;effacent jamais tout à fait sa cruauté latente, son côté fauve.</p>
<p>Fred Robert<br />
3 juin 2025</p>
<p><em>Une histoire d&rsquo;ours </em>d<em>&lsquo;</em>Eowyn Ivey, traduit de l&rsquo;américain par Jacques Mailhos<br />
Éditions Gallmeister, 24,90 euros</p>
<p>L&rsquo;autrice est invitée au festival <a href="https://www.etonnants-voyageurs.com/-festival-.html" target="_blank" rel="noopener"><em>Étonnants Voyageurs</em></a>, qui se tiendra à Saint-Malo du 7 au 9 juin</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/au-coeur-du-sauvage">Au cœur du sauvage</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Guerre au bocage</title>
		<link>https://quivive.fr/guerre-au-bocage</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Mar 2025 08:29:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosystèmes]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Inès Léraud]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Van Hove]]></category>
		<category><![CDATA[remembrement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=882</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cinq ans après Les algues vertes, Inès Léraud et Pierre Van Hove sont de retour avec une nouvelle enquête dessinée : Champs de bataille, l&#8217;histoire enfouie du remembrement. Qui a entendu parler du remembrement ? Hormis les paysans concernés et quelques spécialistes, sans doute pas grand monde. C&#8217;est pourtant une guerre qui a été menée dans [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/guerre-au-bocage">Guerre au bocage</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cinq ans après <a href="https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-algues-vertes-l-histoire-interdite/album-algues-vertes-l-histoire-interdite" target="_blank" rel="noopener"><em>Les algues vertes</em></a>, Inès Léraud et Pierre Van Hove sont de retour avec une nouvelle enquête dessinée : <a href="https://www.editions-delcourt.fr/bd/album-champs-de-bataille" target="_blank" rel="noopener"><em>Champs de bataille, l&rsquo;histoire enfouie du remembrement</em></a>. Qui a entendu parler du remembrement ? Hormis les paysans concernés et quelques spécialistes, sans doute pas grand monde. C&rsquo;est pourtant une guerre qui a été menée dans certaines régions françaises, contre les petites parcelles, les fermes modestes et les paysages ancestraux, faits de haies et de bocages, de chemins creux et de rivières à méandres. Une guerre menée au nom du progrès et de la productivité. Une guerre soutenue, et souvent gagnée, par les puissants : agro-industriels, vendeurs de pesticides et de machines agricoles, élus locaux et politiques, syndicats majoritaires&#8230; au détriment des plus modestes évidemment. À ce titre, l&rsquo;album de Léraud et Van Hove porte bien son nom ; car des batailles contre les mesures de remembrement, il y en a eu, dans les champs de Bretagne, de Haute-Vienne et d&rsquo;ailleurs, même si elles ont souvent été perdues, si on a préféré les oublier.</p>
<p>C&rsquo;est à cet oubli qu&rsquo;Inès Léraud a voulu remédier. Et aux « <em>perdants du remembrement</em> » qu&rsquo;elle rend hommage en retraçant cette histoire. Celle d&rsquo;une loi durcie durant le gouvernement de Vichy, tiens donc, contre laquelle les fermiers concernés n&rsquo;avaient quasiment aucun recours, que les municipalités et les préfectures faisaient souvent appliquer par la force. C&rsquo;est ainsi que, de l&rsquo;immédiate après-guerre aux années 70, on a « <em>adapté les paysages aux tracteurs</em> », transformant irrémédiablement certaines régions, avec les conséquences que l&rsquo;on sait : agriculture intensive, érosion des sols, sécheresses, chute de la biodiversité&#8230; Sans compter les dégâts humains, considérables.</p>
<p>Cette enquête est tout ce qu&rsquo;il y a de plus sérieux. Celle qui se définit comme une « <em>enquêtrice indépendante en zone rurale</em> » l&rsquo;a menée plusieurs années durant, selon sa méthode habituelle, qui consiste à « <em>approcher le réel avec le plus de précision possible</em> », c&rsquo;est-à-dire à travailler sur le terrain, à interroger les habitants, les acteurs de l&rsquo;époque. Étayée par de nombreux témoignages, extraits de presse et reportages, elle s&rsquo;appuie également sur des textes théoriques (une bibliographie se trouve en fin d&rsquo;ouvrage), ainsi que sur les recherches historiques du doctorant Léandre Mandard. Des annexes fournies complètent cet album documentaire remarquable, tant par la minutie du travail d&rsquo;investigation que par la ligne claire du dessin.</p>
<p>Au moment où tout montre que les opposants au remembrement massif avaient la raison et le bon sens de leur côté, où l&rsquo;on promeut à nouveau talus et haies, ce plaidoyer fervent pour le respect des paysages et des hommes vient à point nommé.</p>
<p>FRED ROBERT<br />
17 mars 2025</p>
<p><em>Champs de bataille, l&rsquo;histoire enfouie du remembrement<br />
</em>Une enquête d&rsquo;Inès Léraud, dessinée par Pierre Van Hove, mise en couleur par Mathilda.<br />
Conseiller historique : Léandre Mandard<br />
Éditions La Revue Dessinée Delcourt, 23,75 €</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/guerre-au-bocage">Guerre au bocage</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une si grande soif des autres</title>
		<link>https://quivive.fr/une-si-grande-soif-des-autres</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2025 09:13:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[forêt]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=811</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 1996 paraissait aux États-Unis Into the forest, un roman percutant d&#8217;apprentissage et de survie, devenu très vite un best-seller. Il aura pourtant fallu attendre plus de vingt ans avant que l&#8217;ouvrage de Jean Hegland ne soit traduit en français et ne connaisse chez nous aussi un très grand succès. Dans une période de forte [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/une-si-grande-soif-des-autres">Une si grande soif des autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">En 1996 paraissait aux États-Unis <i>Into the forest</i>, un roman percutant d&rsquo;apprentissage et de survie, devenu très vite un best-seller. Il aura pourtant fallu attendre plus de vingt ans avant que l&rsquo;ouvrage de <a href="https://gallmeister.fr/auteurs/79/jean-hegland" target="_blank" rel="noopener">Jean Hegland</a> ne soit traduit en français et ne connaisse chez nous aussi un très grand succès. Dans une période de forte inquiétude face au dérèglement climatique, voire d&rsquo;écoanxiété, l&rsquo;histoire extraordinaire de Nell et d&rsquo;Eva, deux jeunes filles, deux sœurs, qui trouvent refuge au cœur de la forêt après l&rsquo;effondrement de la civilisation technologique, ne pouvait que trouver écho chez de nombreux lecteurs. Un premier opus à découvrir, si ce n&rsquo;est déjà fait, dans la collection de poche des excellentes éditions Gallmeister, sous le titre <a href="https://gallmeister.fr/livres/279/hegland-jean-dans-la-foret" target="_blank" rel="noopener"><em>Dans la forêt</em></a>.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">En janvier dernier, tandis que d&rsquo;énormes incendies ravageaient la Californie, paraissait le deuxième volet de cette histoire. Timing parfait, quoique sans doute involontaire. Jean Hegland revient donc avec <a href="https://gallmeister.fr/livres/703/hegland-jean-le-temps-d-apres" target="_blank" rel="noopener"><i>Le temps d&rsquo;après</i></a>. Histoire de rappeler à tous, et particulièrement aux jeunes générations, l&rsquo;impérieuse nécessité d&rsquo;une reconnexion avec la nature. Le récit, qu&rsquo;elle dédie d&rsquo;ailleurs à ses <em>« petites-filles chéries »</em>, est pris en charge par Burl, le fils d&rsquo;Eva, né dans la forêt. Âgé d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années, Burl n&rsquo;a connu du monde des hommes que ses deux « mères », quelques photos retrouvées dans des magazines, les héros légendaires dont elles lui ont narré les exploits et tous les personnages des contes qui ont peuplé leurs veillées. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Dans la forêt, il est chez lui, en véritable enfant de la nature. Tout le début du livre est une ode à cette forêt-refuge, aux êtres qui la peuplent, à ses richesses infinies ; une ode aussi à une existence en harmonie avec le monde et les saisons. Formulée dans une langue particulière (l&rsquo;autrice justifie ce choix à la fin du livre), faite de néologismes, de distorsions et de mots-valises souvent poétiques, car jamais l&rsquo;adolescent n&rsquo;a eu de véritable contact avec d&rsquo;autres humains. Cela lui manque terriblement. Si Eva et Nell se méfient des hordes sauvages qui hantent un monde devenu stérile, Burl, lui, voudrait rencontrer d&rsquo;autres gens, créer des liens nouveaux. C&rsquo;est ce qui adviendra, non sans péripéties et violences. Mais n&rsquo;en disons pas plus&#8230; </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">Ce nouveau récit peine un peu à s&rsquo;installer, à happer le lecteur, la faute sans doute à de nombreux retours dans le <em>« temps d&rsquo;avant »</em>, nécessaires pourtant à la bonne compréhension. Mais une fois qu&rsquo;il est lancé, on ne le lâche plus. La fin ouverte laisse entrevoir une suite. Espérons qu&rsquo;elle tardera moins, cette fois-ci !</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;">FRED ROBERT<br />
</span><span style="font-size: medium;">10 février 2025</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;"><i>Le temps d&rsquo;après</i>, de Jean Hegland, traduit de l&rsquo;américain par Josette Chicheportiche<b><br />
</b></span><span style="font-size: medium;">Éditions Gallmeister, janvier 2025, 23,90 €</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/une-si-grande-soif-des-autres">Une si grande soif des autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Arpenter les plis sauvages du monde</title>
		<link>https://quivive.fr/arpenter-les-plis-sauvages-du-monde</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Sep 2024 10:38:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[berger]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[montagne]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[ours]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[sauvage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=663</guid>

					<description><![CDATA[<p>Arpenter les plis sauvages du monde, voilà à quoi invite le troisième roman de Clara Arnaud, Et vous passerez comme des vents fous. Et à se gorger de la beauté fulgurante d&#8217;une montagne qui remet l&#8217;humain à sa place, pas si importante que cela. Paru à la rentrée 2023, récompensé- à juste titre &#8211; par [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/arpenter-les-plis-sauvages-du-monde">Arpenter les plis sauvages du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;">Arpenter les plis sauvages du monde, voilà à quoi invite le troisième roman de </span><span style="font-size: medium;">Clara Arnaud</span><span style="font-size: medium;">, </span><a href="https://actes-sud.fr/et-vous-passerez-comme-des-vents-fous" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-size: medium;"><i>Et vous passerez comme des vents</i></span> <span style="font-size: medium;"><i>fous</i></span></a><span style="font-size: medium;">. </span><span style="font-size: medium;">Et à se gorger de la beauté fulgurante d&rsquo;une montagne qui remet l&rsquo;humain à sa place, pas si importante que cela. Paru à la rentrée 2023, récompensé- à juste titre &#8211; par plusieurs prix, dont celui de l&rsquo;écologie 2024, l&rsquo;ouvrage a pour cadre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Couserans" target="_blank" rel="noopener">le Couserans</a>, une vallée très enclavée des Pyrénées. Une région très pentue, ensauvagée, que l&rsquo;écrivaine connaît bien. Après de nombreuses années passées à sillonner le monde (et à en rapporter récits de voyage et fictions), elle a posé ses sacs dans ce coin perdu qu&rsquo;elle arpente assidûment. Un territoire de troupeaux et de bergers. Un territoire d&rsquo;ours aussi. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la relation à l&rsquo;ours qui est au cœur du roman. En témoigne la photo placée en exergue, celle d&rsquo;un montreur d&rsquo;ours. Au </span><span style="font-size: medium;">XIX</span><sup><span style="font-size: medium;">e</span></sup><span style="font-size: medium;"> siècle</span><span style="font-size: medium;">, lorsque les vallées pyrénéennes étaient encore (sur)peuplées, un moyen de gagner sa vie était de capturer un ourson, de le dresser puis de partir sur les routes pour l&rsquo;exhiber&#8230; et parfois faire fortune. Ainsi fit Jules, montreur d&rsquo;ours dansant, qui connut la gloire en Amérique. Son histoire (réelle ? inventée ?) ouvre, scande et clôt le roman. Qui n&rsquo;a pourtant rien d&rsquo;historique. Rien non plus d&rsquo;une bucolique chronique pastorale ou d&rsquo;un héroïque récit de traque en montagne. Même s&rsquo;il y a de l&rsquo;action !</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Le temps d&rsquo;une saison d&rsquo;estive (du printemps à l&rsquo;automne), c&rsquo;est un drame très contemporain qui se joue là-haut dans les montagnes. Car depuis que l&rsquo;on y a réintroduit les ours, la tension monte dans le milieu des éleveurs. Nombreux sont ceux qui ne seraient pas fâchés de leur régler leur compte à coups de fusil, en particulier à une ourse impressionnante, la Negra, soupçonnée de semer la panique parmi les brebis, malgré la présence dissuasive des <a href="https://quivive.fr/pacification-de-la-montagne">patous</a>. Face à ces individus à la gâchette facile, le Centre national pour la biodiversité a fort à faire. Alma surtout, une jeune éthologue venue étudier le comportement des ours. Et essayer de montrer que, non, les ours ne <em>« prélèvent »</em> pas à tort et à travers, et qu&rsquo;il est possible qu&rsquo;ursidés et troupeaux se côtoient dans une relative sérénité. Gaspard, trentenaire comme Alma, s&rsquo;est reconverti en berger. Un berger à l&rsquo;ancienne, qui suit les préceptes enseignés par le vieux Jean et ne comprend pas toujours l&rsquo;évolution mercantiliste du métier. Le roman suit principalement ces deux personnages. Et à travers leurs yeux, leurs sensations, leurs émotions, c&rsquo;est un rapport particulier au vivant et à la nature qui émerge. Un accord intime (durement gagné) avec la montagne, un choix de vie sobre, une attention aiguë au moindre détail de ce monde que le dérèglement climatique impacte nettement, une capacité à se fondre (à se perdre ?) dans l&rsquo; <em>« irréductible mystère »</em> du sauvage. Tout cela porté par une intrigue tendue et une langue toute en sensualité lyrique. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Ce n&rsquo;est sans doute pas un hasard si le titre du livre est emprunté au poète arménien <a href="https://fasgianu.eklablog.com/impromptu-hovhannes-chiraz-a113119444" target="_blank" rel="noopener">Hovhannès Chiraz</a>. Clara Arnaud y offre une ode vibrante à la nature sauvage, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de préserver. Sinon, nous aussi, nous passerons comme des vents fous.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Fred Robert<br />
Septembre 2024<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em>Et vous passerez comme des vents fous </em>de Clara Arnaud<br />
Éditions Actes Sud, </span><span style="font-size: medium;">22,50 euros</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/arpenter-les-plis-sauvages-du-monde">Arpenter les plis sauvages du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>À la croisée des genres</title>
		<link>https://quivive.fr/a-la-croisee-des-genres</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jun 2024 06:56:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[animal]]></category>
		<category><![CDATA[chasse]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[ruralité]]></category>
		<category><![CDATA[sauvage]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=550</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec son deuxième roman, Aliène, la jeune Phoebe Hadjimarkos Clarke fait une entrée remarquée, et remarquable, dans le monde des lettres. Un roman saisissant où le bizarre surgit là où on ne l&#8217;attend pas. Un texte d&#8217;une grande originalité, et d&#8217;une force peu commune. Pourtant, au départ, rien que de très ordinaire. Une jeune femme [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/a-la-croisee-des-genres">À la croisée des genres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">Avec son deuxième roman, </span><span style="font-size: medium;"><i><b>Aliène</b></i></span><span style="font-size: medium;">, la jeune </span><span style="font-size: medium;"><b>Phoebe Hadjimarkos Clarke </b></span><span style="font-size: medium;">fait une entrée remarquée, et remarquable, dans le monde des lettres. Un roman saisissant où le bizarre surgit là où on ne l&rsquo;attend pas. Un texte d&rsquo;une grande originalité, et d&rsquo;une force peu commune.</span></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;"> Pourtant, au départ, rien que de très ordinaire. Une jeune femme est engagée comme « dogsitter » chez le père de son amie Mado, dans une bourgade rurale fictive, manière pour elle de gagner quelques sous et de se mettre au vert. Sauf que Fauvel -c&rsquo;est son prénom, du moins celui qu&rsquo;elle s&rsquo;est choisi- n&rsquo;est pas une jeune femme ordinaire. Touchée par une balle de LBD pendant une manifestation, elle a perdu un œil. Dès lors, ses sensations et son rapport au monde ont changé. Depuis toujours hantée par la peur, l&rsquo;impression d&rsquo;être traquée, encore plus depuis sa blessure, elle ressent avec une acuité extraordinaire la violence du monde, particulièrement lorsqu&rsquo;elle a trop fumé, ce qui arrive souvent. Or, de violence, le monde rural en est plein. On est loin des tendres pousses et des petits oiseaux. Ici, ce serait plutôt chasse, sang, viscères et boue. Et puis, la chienne qu&rsquo;elle doit garder n&rsquo;a rien d&rsquo;ordinaire non plus. Hannah est le clone d&rsquo;une autre Hannah, qui trône empaillée sur la cheminée de la maison ; mais, autant la première Hannah était douce, autant celle-ci est agressive, fugueuse et peut-être coupable de mutilations sur du bétail ; ce sont du moins les bruits qui courent dans le village&#8230; Fauvel et Hannah, deux aliènes donc, deux créatures marginales, farouches. Entre lesquelles va s&rsquo;établir un lien puissant. « Elle passe toute la nuit à rêver d&rsquo;Hannah, elle </span><span style="font-size: medium;"><i>est </i></span><span style="font-size: medium;">Hannah, elle aime ça, le sommeil est devenu un continent fantastique et confus où chaque nuit elle se plonge pour devenir une chienne extravaguant dans les forêts. » Et de cette étrange amitié viendra pour Fauvel une forme de libération.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Le récit emprunte à de nombreux genres. Roman social qui explore des questions contemporaines : le changement climatique, les problématiques des zones rurales, le rapport au sauvage, la chasse et la cause animale&#8230; Roman psychologique, qui offre une très fine analyse de l&rsquo;enfer de la peur et de la détestation de soi. Roman érotique parfois. Mais aussi pseudo enquête policière et frissons proches du thriller. SF également, car on y croise des extraterrestres. Et surtout récit fantastique, que le brouillard, omniprésent, dans la nature comme dans les somnolences embrumées de Fauvel, amplifie. Autant de pistes, dont Phoebe Hadjimarkos Clarke ne donne pas toujours la clé. A chacun sa lecture. Et si on s&rsquo;égare un peu, rien de grave.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Car c&rsquo;est surtout à un voyage dans les mots que l&rsquo;autrice convie. Une voix puissante parle ici, qui se joue des registres, mêle l&rsquo;argot le plus trash aux termes rares et aux envolées poétiques, selon une ponctuation inédite. Une langue impressionnante de matérialité, un rendu aigu des perceptions physiques, des sensations. Bref, une plongée agréablement inquiétante dans un univers très particulier. Et très prometteur.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">FRED ROBERT<br />
Juin 2024<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em>Aliène</em><br />
Phoebe Hadjimarkos Clarke<br />
<a href="http://www.editions-du-sous-sol.com/" target="_blank" rel="noopener">éditions du sous-sol</a>, 19,50 euros</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">L&rsquo;autrice était invitée fin mai au festival <a href="https://ohlesbeauxjours.fr" target="_blank" rel="noopener"><em>Oh les beaux jours</em></a> à Marseille. Elle a reçu en juin le <a href="https://www.radiofrance.com/presse/france-inter-phoebe-hadjimarkos-clarke-pour-son-roman-aliene-laureate-du-50eme-prix-du-livre" target="_blank" rel="noopener">Prix du Livre Inter 2024</a>.</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/a-la-croisee-des-genres">À la croisée des genres</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Je voudrais penser comme un fleuve</title>
		<link>https://quivive.fr/je-voudrais-penser-comme-un-fleuve</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fred Robert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 May 2024 11:43:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[fleuve]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[Loire]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[vivant]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://quivive.fr/?p=282</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sur cette jolie phrase se referme le dernier ouvrage d&#8217;Etienne Davodeau, Loire. Un album tout en finesse, en nostalgie, en poésie, qui se déploie comme le lit du grand fleuve et offre de magnifiques échappées visuelles. Une histoire où Loire devient un personnage comme les autres, plus que les autres peut-être. Ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/je-voudrais-penser-comme-un-fleuve">Je voudrais penser comme un fleuve</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;">Sur cette jolie phrase se referme le dernier ouvrage d&rsquo;Etienne Davodeau, <em><a href="https://www.futuropolis.fr/9782754835572/loire.html" target="_blank" rel="noopener">Loire</a></em>. Un album tout en finesse, en nostalgie, en poésie, qui se déploie comme le lit du grand fleuve et offre de magnifiques échappées visuelles. Une histoire où Loire devient un personnage comme les autres, plus que les autres peut-être. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas un hasard si l&rsquo;article a disparu devant son nom.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> C&rsquo;est à la librairie marseillaise <a href="https://www.histoiredeloeil.com/" target="_blank" rel="noopener">Histoire de l’Œil </a>que le bédéiste est venu présenter cet album paru en octobre dernier, et plus largement évoquer son travail. Un travail au long cours, puisqu&rsquo;il compte désormais une bonne trentaine d&rsquo;albums. S&rsquo;il s&rsquo;adonne volontiers au documentaire, Davodeau aime aussi à se frotter à la fiction. <em>Loire</em> est donc une fiction, avec un scénario et des personnages imaginés, ancrée pourtant dans des lieux réels (que l&rsquo;auteur connaît bien, lui qui vit près de Nantes) et posant des questions actuelles, telles que celles dont on a débattu au parlement de Loire et que son camarade Camille de Toledo a mises en récit dans <a href="https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Le_fleuve_qui_voulait_%C3%A9crire-9791020910066-1-1-0-1.html" target="_blank" rel="noopener"><em>Le fleuve qui voulait écrire</em></a> (Éditions Les liens qui libèrent, 2021). Au travers d&rsquo;une histoire de retrouvailles amicales, c&rsquo;est à une réflexion sur le statut juridique des êtres non humains, la préservation du vivant et la nécessité d&rsquo;abandonner <em>« un modèle qui n&rsquo;est plus tenable aujourd&rsquo;hui »</em> qu&rsquo;invite l&rsquo;album. <em>« Le plus non fiction de mes livres de fiction »</em>, concède Davodeau avec malice. Il ne peut pas faire autrement, l&rsquo;engagement, il l&rsquo;a dans le sang (voir <a href="https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-les-mauvaises-gens/album-les-mauvaises-gens" target="_blank" rel="noopener"><em>Les Mauvaises Gens</em></a>, aux éditions Delcourt). Pourtant, quand on lui demande s&rsquo;il est militant, il réfute, rappelant qu&rsquo;il n&rsquo;est que <em>« le mec qui raconte »</em>, que la BD est sa façon à lui de lutter. Pour un monde plus vivant, plus vivable. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> Disert sans en faire trop, drôle et plein d&rsquo;humanité, Etienne Davodeau a conquis le public nombreux qui était venu le rencontrer. Mais lorsqu&rsquo;il affirme que <em>« le dessin est malmené par la BD, car il est au service du récit »</em>, alors là, objection. Du texte, il y en a, c&rsquo;est sûr ; mais que d&rsquo;envoûtantes images aussi ! Un livre qui donne des envies d&rsquo;escapade en bord de Loire&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">FRED ROBERT<br />
Mai 2024<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><a href="https://www.etiennedavodeau.com/" target="_blank" rel="noopener">Etienne Davodeau</a> était invité à la librairie Histoire de l&rsquo;</span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Œ</span></span><span style="font-size: medium;">il vendredi 3 mai.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em>Loire</em>, son dernier album, est paru aux éditions Futuropolis.</span></p>
<p>L’article <a href="https://quivive.fr/je-voudrais-penser-comme-un-fleuve">Je voudrais penser comme un fleuve</a> est apparu en premier sur <a href="https://quivive.fr">Qui Vive</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
